Avalanche
Genre: Action , Catastrophe
Année: 1978
Pays d'origine: États-Unis
Réalisateur: Corey Allen
Casting:
Rock Hudson, Robert Forster, Mia Farrow, Jeanette Nolan, Barry Primus...
Aka: Avalancha / Lavina / Valanga / Lawina
 

L'homme d'affaires David Shelby réunit un parterre d'invités à l'inauguration d'une station de sports d'hiver. Le photographe Nick Thorne, opposé au projet, rappelle à Shelby les risques d'avalanches provoqués par la coupe d'arbres peu avant que sa prédiction ne se réalise. Le crash d'un avion dans une montagne entraîne une coulée de neige qui ne laisse qu'une poignée de rescapés parmi les vacanciers, pris au piège dans les décombres.

 

 

Les années septante sont presque finies et ce bon vieux renard de Roger Corman se dit qu'il ferait bien de profiter un peu de la mode du film catastrophe. Mais pour cela, il lui faut un budget un peu plus conséquent que les clopinettes qu'il investit normalement (c'est-à-dire une fourchette entre 300 000 et 400 000 $). Il prend donc son bâton de pèlerin et va vendre son projet aux chaînes de télévision qui lui avancent quelques dollars. Évidemment, le producteur doit proposer au moins un nom connu au générique, il embauche alors Rock Hudson (après avoir envisagé William Holden). Et il engage aussi Mia Farrow et Robert Forster pour lui tenir compagnie. De plus, le filou a obtenu la permission de filmer dans la grande station de ski de Durango, au Colorado. Le projet est donc finalisé et Corman, qui devait à l'origine diriger le film, finit par désigner l'un de ses nouveaux poulains à la réalisation : un certain Corey Allen. Ce dernier a débuté comme acteur au côté de James Dean en 1954 dans "La Fureur de vivre". Devenu réalisateur, il signa notamment quelques saisons de séries télé devenues cultes comme "Rick Hunter", "Star Trek", "Magnum", "Dallas", "Hooker" ou encore "Mannix"... Le réalisateur venait d'être débauché à la télévision par Corman pour réaliser "Un Cocktail explosif (Thunder and Lightning)".

 

 

Le film suit la formule générale du genre, c'est-à-dire rassembler les futures victimes dans un même lieu, ignorant la menace qui les entourent. Rock Hudson joue David Shelby, un entrepreneur arrogant qui a investi ses économies pour construire un paradis de vacances pour riches dans les montagnes Rocheuses. Il dédaigne les écologistes locaux qui l'ont averti que la destruction des arbres sur sa propriété avait supprimé une barrière naturelle aux inévitables avalanches qui se produiront. Les cinquante premières minutes sont consacrées à la présentation des personnages et à l'ébauche de sous-intrigues à tendance "soap-opera", ayant comme but de faire passer certains personnages de lits en lits. Cela pourrait être assommant mais, alors que l'on se fiche royalement de l'intrigue idiote et des personnages stupides (mention spéciale au skieur vedette), le film nous propose un tas de moments ridicules et ringards qui rendent la chose assez marrante.

Bien sûr Corman n'a pas pu s'empêcher de sabrer dans le budget initial pourtant léger (on parle de moins de sept millions de dollars), et il est bien conscient que ces coupes budgétaires constantes ne vont pas améliorer le projet. A l'instar d'Irwin Allen, il décide alors de scinder son film en deux, le réalisateur en titre (Corey Allen) se chargera des scènes d'expositions et des "stars", alors que toutes les séquences d'avalanches seront dirigées (et montées) par Lewis Teage ("Cujo"). Ce dernier a en effet l'inventivité requise pour rendre celles-ci tout à fait admirables, grâce à une astucieuse combinaison de séquences d'archives, de modèles réduits, de superpositions et de gros blocs de styromousse. Comme d'habitude, Corman réussit a fournir un maximum avec très peu de moyens, contrairement à d'autres productions ratées du même genre qui réalisent très peu de choses avec beaucoup de moyens (Meteor, "L'Inévitable Catastrophe").

 

 

Rock Hudson, en grand professionnel, est impeccable ; il faut rappeler que son rôle de promoteur véreux est à l'opposé des personnages qui firent sa gloire. Car l'acteur fut de 1950 à 1960 la coqueluche du public féminin, grâce à des personnages sympathiques, émouvants et séduisants. Malgré ce côté léger et séducteur, Rock Hudson réussit également à satisfaire son public masculin grâce à des films comme "El Perdido", "Les Géants de l'Ouest","Tobrouk", "Destination : Zebra, station polaire". Mais la carrière cinéma de l'acteur s'arrêtera à l'aube des années 80. Il tournera encore "Le miroir se brisa" et "L'Ambassadeur : Chantage en Israël" avant de se tourner vers la télévision avec des succès comme "Les Chroniques Martiennes (The Martian Chronicles)" ou "La Troisième Guerre mondiale (World War III)". Son dernier rôle sera l'amant de Linda Evans dans "Dynastie". Mais l'état de santé de l'acteur n'a de cesse de se dégrader. Condamné à dissimuler sa vie privée (il est homosexuel), il n'avait jamais reconnu sa maladie. Mais après un malaise à Paris, il publie un communiqué dans lequel il avoue avoir contracté le sida. Le 2 octobre 1985, il décède dans sa propriété de Los Angeles.
Mia Farrow est une excellente actrice, elle nous l'a d'ailleurs prouvé en nous faisant devenir tous parano avec "Rosemary Baby" ; mais il faut bien l'avouer, elle à le sex-appeal d'un poteau électrique. Du coup, elle n'est pas très crédible dans le triangle amoureux du film ! Mais en grande professionnelle, et devant la médiocrité de son personnage qui disparaît lors de la fameuse avalanche, l'actrice demande au réalisateur de participer au moins à une scène d'action. Le réalisateur ajoute donc la séquence finale de l'ambulance qui s'écrase au fond d'un ravin, alors que l'actrice est suspendue dans le vide par le garde-corps du pont... belle conscience professionnelle.

 

 

Décrié lors de sa sortie, notamment pour l'indigence de ses effets spéciaux, le film reste pourtant une référence dans le genre. Par contre, la romance entre Mia Farrow et Rock Hudson est complètement hors de propos, mais aussi improbable. Seul ce bon vieux Robert Forster ("Le Trou noir", Vigilante) tire son épingle du jeu, le bougre démontre qu'il est capable de jouer n'importe quoi (comme un terroriste arabe dans "Delta Force") dans n'importe quelle condition ("Supernova"). Avec le temps, le film de Corman passe très bien sur petit écran (filmé au format 1:78, il a été dès le départ réalisé dans cette perspective) et, en bon professionnel de télévision, Corey Allen ne tire pas trop son film en longueur (94 minutes réglementaires) et respecte son cahier des charges pour un passage à la télévision, soit laisser assez de temps pour la publicité et offrir quelques séquences mémorables, comme la patineuse qui réussit enfin son programme mais se voit engloutie par le torrent de neige, la poursuite entre le skieur et l'avalanche ou l'ambulance sautant dans le vide...

 

 

Avalanche se classe donc entre la série B et le téléfilm de luxe, c'est aussi un film emblématique et charnière pour Corman, alors que les grands studios commencent à produire des films pour le public des drive-in ("Cours après moi Shérif") et à grignoter des parts de marché réservées jusque là aux indépendants, alors que ces derniers s'inspirent des succès des majors. Ainsi, Corman produit Avalanche, Piranhas, "Les Mercenaires de l'espace" et Mutant en réponse au succès de "La Tour infernale", "Les Dents de la mer", "La Guerre des étoiles" et "Alien". Mais cette politique entraîne aussi une augmentation des budgets, que Corman réussit à compenser par des ventes lucratives à la télévision (et bientôt la vidéo). Le principal dommage collatéral de cette politique est une auto-censure sur le sexe et la violence, si bien qu'en 1983, lassé de l'inflation de ses budgets, Corman vend sa compagnie "New World" à un conglomérat d'avocats et crée illico un nouveau studio appelé "New Concorde", qui produira Watchers, "Carnosaur", "Munchies", "Vampirella" et "Stripped to Kill".

 

 

The Omega Man

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