Meteor
Genre: Action , Catastrophe
Année: 1979
Pays d'origine: États-Unis
Réalisateur: Ronald Neame
Casting:
Sean Connery, Natalie Wood, Karl Malden, Brian Keith, Martin Landau, Trevor Howard, Henry Fonda...
Aka: Météore / Meteoro
 

Un énorme fragment d'astéroïde, détourné de son orbite par une comète, se dirige vers la Terre à une vitesse de 50 000 km/h. Un savant, Paul Bradley (Sean Connery), son associé Harry Sherwood (Karl Malden) ainsi qu'un savant russe - le Dr Alexei Dubov (Brian Keith) - et son interprète Tatiana Nikolaevna Donskaya (Natalie Wood) luttent contre les bureaucrates des gouvernements des États-Unis et de l'U.R.S.S. pour mettre en œuvre leur plan d'action : réaligner les satellites de lancement de fusées nucléaires en direction du météore, qui pourrait empêcher la destruction complète de la Terre.

En 1968, un astéroïde baptisé Icare frôle notre bonne vieille Terre de quelques 600 000 kilomètre de distance. Ce bon vieil Icare venant nous dire bonjour tous les dix-neuf ans, des étudiants du MIT (Massachusetts Institute of Technology) imaginent un moyen de dévier l'astéroïde grâce à une ou plusieurs explosions nucléaires à proximité de celui-ci ; le projet est baptisé tout simplement Icare. Ayant lu un article sur le sujet, des producteurs pensent détenir une bonne idée de scénario, le but étant de signer un film de science-fiction le plus réaliste possible. Des ces prémices, le film devait rester indépendant des grand studios, c'est donc AIP, le studio de Samuel Z. Arkoff, qui hérite du projet.

 

 

Sous ses faux airs de superproduction, Meteor cache en fait une pure production indépendante dont le but était clairement de concurrencer les grands studios. Mais l'AIP, plutôt coutumière des petits budgets, n'est pas habituée à dépenser de grosses sommes sur un seul projet Elle décide de bidouiller un montage financier en vendant les droits de distribution à diverses compagnies. Ainsi, au cours du festival de Cannes 1976, les producteurs Sandy Howard et Gabriel Katzka réussirent à rassembler auprès de divers distributeurs la somme de onze millions de dollars ; le budget du film s'élèvera finalement à 16 millions. Ils réussissent même à embringuer le chinois Run Run Shaw qui, à l'époque, essayait de percer sans succès le marché américain (Inseminoid, "MegaForce"...)

A l'époque, Sean Connery était dans sa période "flop" post James Bond. En effet, entre 1971 ("Les Diamants sont éternels") et 1983 ("Jamais plus jamais"), l'acteur va collectionner une série impressionnante de bides. Certes, il va faire des choix audacieux sur des productions expérimentales ou plus risquées ("Zardoz", "The Offence", "The Next Man", "Time Bandits"...), mais même en cachetonnant sur des superproductions pour se renflouer ("Un Pont trop loin", "Outland", "Le Lion et le vent"), le succès semble le bouder. Le pauvre Sean devra se résigner à reprendre une dernière fois son personnage de James Bond dans "Jamais plus jamais" pour lever la malédiction qui semblait le frapper. Il enchaînera ensuite une série gagnante de films ("Highlander", "Les Incorruptibles", "Le Nom de la Rose"...) qui relanceront avec succès la dernière partie de sa carrière. A ses côtés, une rescapée de l'âge d'or hollywoodien : l'enfant star Natalie Wood L'actrice débute très tôt dans le métier des l'après-guerre ; elle jouera dans le mythique "La Prisonnière du désert" de John Ford mais aussi dans "La Fureur de vivre", "La Fièvre dans le sang", "West Side Story". En 1981, la malheureuse nous quittera dans de tristes circonstances qui restent encore aujourd'hui assez nébuleuses. A part Sean, Natalie Wood et les "invités" Trevord Howard et Henry Fonda, le reste du casting est plus connu pour sa participation dans diverses séries, alors que paradoxalement ils ont tourné dans des productions mémorables. Martin Landau ("Mission impossible", "Cosmos 1999") tournera aussi pour Hitchcock dans "La Mort aux trousses"), Karl Malden ("Les Rues de San Francisco") tournera aussi avec Marlon Brando et Elia Kazan, Brian Keith ("Mon Oncle Ben") jouera également dans "Yakuza".
Pour l'anecdote, la skieuse qui se fait emporter dans l'avalanche n'est autre que la cultissime Sybil Danning, qui n'a pas de chance en cette année 1979 puisqu'elle s'embarquera aussi dans le Concorde de "Airport 79".

 

 

C'est le réalisateur de "L'Aventure du Poséidon", Ronald Neame, qui fut engagé pour diriger le film, mais il faut bien avouer que "L'Aventure du Poséidon" doit une grande partie de son efficacité à son producteur Irwin Allen. Car, alors que Neame dirigeait les acteurs, Allen s'occupait des effets spéciaux et des scènes d'action, un détail que semblent avoir oublié les producteurs de Meteor. Et en effet, ce qui s'annonçait en fin de compte comme un divertissement un peu bourrin s'est transformé en un incroyable gâchis. Une fois le casting réuni et les décors élaborés, notamment le centre de contrôle souterrain construit dans la piscine du célèbre studio MGM où autrefois barbotait Esther Williams , les producteurs s'aperçurent qu'il manquait encore tous les effets spéciaux à réaliser... et c'est là que la bât blessait légèrement. Le département des effets spéciaux a été remplacé plus d'une fois. Frank Van der Veer ("Star Trek", la série originale) a d'abord été embauché pour des effets photographiques, mais pratiquement tout son travail a été abandonné après une année de production. Une équipe d'effets visuels, dirigée par William Cruse (Avalanche) et Margot Anderson a été embauchée, mais elle a été finalement congédiée (en étant néanmoins créditée au générique).

 

 

Recommandé par Roger Corman, Gene Warren, fondateur d'Excelsior Animated Motion Pictures, et Rob Blalack ont étés recrutés deux mois avant la date de sortie en octobre 1979 (sans être crédités) pour minimiser les dégâts. L'un des techniciens avouera avoir réutilisé des images de Avalanche (1978) pour gagner du temps. Ce n'est d'ailleurs pas le seul artifice utilisé par l'équipe des effets spéciaux, qui n'hésite pas à profiter des astuces d'autre productions. Ainsi, pour simuler la destruction de New York, l'équipe utilisera un filtre de couleur sur de simples images d'archives (certains remarqueront l'utilisation des mêmes images que pour "La Cité en feu") ; seule l'explosion des tours jumelles semble être une création originale ! Les maquettes de la station spatiales ont sûrement été achetées chez un marchand de jouets...
Le problème est qu'elles sont filmées de beaucoup trop prêt et avec beaucoup trop de lumière. Le résultat ressemble à des morceaux de plastique ! Pour certains plans du météore le réalisateur, horrifié par le résultat que lui propose son équipe d'effets spéciaux, a simplement filmé en macro un morceau de lave !

 

 

Petit canard boiteux, Meteor capitalise sur sa réputation de "looser", le film ne tenant jamais ses promesses visuelles, s'engouffrant avec aplomb dans tous les pièges du genre, avec de longues plages de dialogues pseudo-scientifiques, une histoire d'amour incongrue, un second rôle cabotinant à chaque prise (Martin Landau, excellent !) et un invité de luxe (Henry Fonda, et le pauvre Trevor Howard qui n'a peut-être jamais rencontré le reste du casting). On peut néanmoins sauver la partition musicale de Laurence Rosenthal, qui utilise le fameux blaster beam, un instrument à cordes construit en aluminium. On dirait une poutre en acier sur laquelle on aurait ajouté des cordes de guitare. Les amateurs se souviennent de son utilisation par Jerry Goldsmith sur la bande originale du premier "Star Trek" pour le cinéma. D'autres productions utiliseront cet instrument particulier, notamment The Prophecy de John Frankenheimer ou "The Black Hole".
Finalement, l'analyse de ce bon vieux Sean vaut toutes les critiques du monde : "On nous avait promis un météore spectaculaire, et on a eu droit à un tas d'ordure !" Sans être aussi sévère, Meteor est un beau fiasco qui reste cependant attachant dans son obstination à vouloir faire aussi bien que les "grands", mais avec des effets n'ayant pas évolué depuis Méliès ! Quand la grenouille veut se faire aussi grosse que le bœuf, cela donne Meteor !

 

 

The Omega Man

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