Gungala, la vierge de la jungle
Titre original: Gungala la vergine della giungla
Genre: Aventures , Exotisme
Année: 1967
Pays d'origine: Italie
Réalisateur: Romano Ferrara (crédité comme Mike Williams)
Casting:
Kitty Swan, Linda Veras, Poldo Bendandi, Conrad Loth, Archie Savage...
Aka: Virgin of the Jungle
 

Dans la jungle équatoriale africaine (si l'on en croit le scénario) deux aventuriers européens dérobent un énorme diamant sur une idole tribale sacrée. Une fois leur forfait commis, l'un des deux aventuriers abat son complice et s'enfuit avec la précieuse gemme en le laissant pour mort. Une dizaine d'années plus tard Wolf, le voleur floué, est bien vivant et toujours en Afrique où, établi comme guide, il recherche toujours le diamant. Il apprend d'un sorcier indigène et alcoolique que le bijou aurait fait sa réapparition au cou d'une jeune sauvageonne blanche, surnommée Gungala, qui vit dans ce même coin de jungle encore inexploré où il l'avait volé (les bijoux, pas Gungala) une décennie plus tôt. Wolf se fait alors engager comme guide dans une expédition de prospection d'uranium qu'il détourne afin de retrouver le diamant...

 

 

Mais qu'est-il advenu du complice de Wolf ? Comment le diamant s'est-il retrouvé sur la poitrine de Gungala ? Le superbe bronzage cuivré d'icelle est-il naturel ? La teinture d'un doré éclatant du couple d'explorateurs minéralogistes est-elle nocive pour les cheveux ? Gungala restera-t-elle encore vierge à la fin du film ? Que de questions dont vous n'aurez, chers lecteurs, la réponse (ou pas) qu'en regardant ce métrage. Métrage qui se trouve être le premier film de "jungle girl" "made in Cinecittà" (le terme est ici bien choisi puisque le tournage s'est fait presque entièrement en studio), et dont le succès enfantera, sur une période de temps très courte (trois ans en fait, entre 1967et 1969), une demi-douzaine de bobines mettant en vedette des sauvageonnes très dénudées (auxquelles il faut ajouter, si on élargit à tout le bis européen, au moins autant de tarzaneries avec comme co-vedette féminine une jungle girl topless, sans compter les tribus d'amazones exotiques des cinémas germanique et ibérique) dont une suite directe : Gungala, la panthère nue ("Gungala la pantera nuda").

 

 

Mais revenons au présent film, Gungala, la vierge de la jungle, dont l'intérêt réside plus dans la vierge du titre que dans une jungle assez médiocrement reconstituée dans la banlieue romaine. On est ici à l'extrême limite du film érotique ; certes, c'est le principe des "jungle girl movies" d'avoir un scénario prétexte à nous faire admirer la plastique d'une jolie fille sous le plus de coutures possibles en bernant la censure pudibonde de l'époque, mais ici (plus encore que dans sa courte mais abondante postérité, ou dans ses deux ancêtres et demi tudesques que furent les "Liane" de Marion Michael) on a le maitre étalon du genre. Je devrais d'ailleurs écrire "la maitresse jument poulinière du genre", en hommage à la féminité triomphante de Kitty Swan. Alors, entendons-nous bien, plus d'un demi-siècle (de libération des mœurs) après son tournage, ce n'est pas tant le fait de voir une jolie fille courir à "oilpé" (même si cette séquence culte réjouira l’esthète qui sommeille dans chacun de nous, quoi que peut-être un peu moins quand le chacun est une chacune) ou exposer ses jambes cuivrées et fuselées qui font l'intérêt du film que l'enrobage faussement naïf et délicieusement kitsch de ses séquences "sexy".

 

 

Comme ce n'est pas très clair, je prendrai pour exemple l'autre séquence culte du film. Gungala, dont la principale occupation, quand elle ne caresse pas des animaux en fourrure (de la panthère longibande asiatique au puma américain), est d'observer en cachette le couple de blonds explorateurs dans leur intimité (hors champs), Gungala donc, lassée de son statut de voyeur, profite du fait que l’élément mâle du couple se retrouve esseulé pour se jeter sur lui et lui faire un numéro de charme version grand fauve (alternant fausse agression et fausse retraite entrecoupées de feulements enamourés), avant de s'enfuir prématurément quand elle aperçoit la "femelle" revenir. S'ensuit ce dialogue d'anthologie entre les deux explorateurs - Lui : "J'ignore ce qu'elle me voulait, dommage que tu sois arrivé trop tôt" - Elle, fielleusement : "En tout cas elle ne semblait pas avoir de mauvaises intentions".
Bon, cela dit, si ce film est généreux en exotisme kitsch et en gentil érotisme, il est par contre totalement dépourvu de la moindre scène d'action. À moins de compter le duel de sorciers (dont la morale est : l'alcool bu sans modération sauve des vies) à coup de proto zumba comme tel.

 

 

Un mot quand même sur l'interprète principale avant d'achever cette modeste notule. Dans le rôle-titre, la sculpturale Kitty Swan possède une plastique parfaite et un sex-appeal indéniable malgré une certaine mollesse dans les traits du visage (histoire de chicaner). Née Kirsten Svanholm à Copenhague vingt-quatre ans plus tôt, Kitty Swan, malgré ses yeux bleus et son passeport danois, n'est pas très typée scandinave. Dans le bonus de Gungala, la panthère nue, Ruggero Deodato nous en fournit l'explication : une vahiné polynésienne dans ses ancêtres proches. Notons d'ailleurs que les "jungles girls made in Cinecittà" sont souvent incarnées par des actrices exotiques : Esmeralda Barros, mulâtre brésilienne dans Éva, la venere selvaggia, la sino-vietnamienne Mei Chen (française par mariage) dans Luana la figlia delle foresta vergine. Et quand c'est une actrice italienne (ou assimilée) qui joue le rôle-titre, soit elle est grimée en indigène de Bornéo (la sicilo-maltese Edwige Fenech dans Samoa, regina della giungla), soit elle partage la vedette et les scènes dénudées avec une actrice noire (l'Istrienne Femi Benussi dans "Tarzana, sesso selvaggio" avec donc la jamaïcaine Beryl Cunningham). La carrière de Kitty Swan s'arrêtera brutalement moins de cinq ans après ce film, lors du tournage d'une "tarzanerie" espagnole où elle sera grièvement brulée (et définitivement défigurée) avec sa co-vedette masculine, le Croate Stjepan Sipek, futur réalisateur de "Blood Freak" sous le pseudonyme de Steve Hawkes.

 

 

Sigtuna




En rapport avec le film :

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