Day the World ended
Genre: Science fiction
Année: 1956
Pays d'origine: Etats-Unis
Réalisateur: Roger Corman
Casting:
Richard Denning, Lori Nelson, Adele Jergens, Mike Connors, Paul Birch, Raymond Hatton...
 

Le film commence là où le Dr. Strangelove de Kubrick s'arrête. La bombe explose. La suite n'a plus rien du film de Kubrick. Du reste, on ne nous dit rien sur le contexte politique des évènements, ni même de ce qui a précédé. Corman s'intéresse uniquement à l'aspect science-fictionnel de son film. Bref après explosion de la bombe, on suit les aventures d'un groupe de survivants réunis dans une maison immunisée des radiations par sa situation géographique, paumée au milieu de canyons, avec le vent comme allié. Mais bien sûr, il va y avoir conflit au sein même du groupe de survivants, et il deviendra de plus en plus évident que des monstres atomiques rôdent dans le coin.

 

 

Film profondément ancré dans les 50's, avec les cortèges d'éléments témoignant des dangers de l'atome. Sans compter les personnages stéréotypés. D'abord le propriétaire de la maison, un vieux scientifique. Sa fille, une belle blonde. Puis les arrivants : un salaud et sa copine qu'il humilie sans arrêt. Un vieil alcoolique qui ne comprend rien, et qui passe son temps à distiller de l'alcool et à causer à sa mule. Et enfin un jeune premier costaud, un scientifique, qui sera le héros du film, et qui va arriver à la maison avec Radek, un blessé qui a déjà commencé à muter.
Les positions sont claires dès le départ, et il va sans dire que le salaud va semer le bordel, essayer de draguer la jeune première, laquelle va être défendue par le jeune premier, dans les bras duquel elle va tomber, tandis que son père lui dit en substance que c'est pas tout ça, mais qu'il faudrait baiser pour régénérer l'espèce. Le salaud, après s'être fait plusieurs fois battre par le jeune premier, va devenir très violent avec tout le monde, tandis que la jeune première sera en plus persuadée qu'un monstre est à sa poursuite. Et en effet, c'est bien le cas. D'ailleurs, ce monstre (très, mais alors très moche : c'est une icône des Craignos Monsters de Jean-Pierre Putters) va finir par la kidnapper.
Un schéma de base on ne peut plus stéréotypé. Passant pas mal de temps sur les spéculations scientifiques (dessins de singes mutants vus lors d'un essai atomique à l'appui) ainsi que sur les relations convenues entre les personnages, Corman va amener le "spectaculaire" à la fin de son film, dans un climax devinable avant même de commencer à regarder le film. Cela dit, auparavant, il aura pris le soin de construire petit à petit les preuves de la présence du monstre atomique. Il se permet même de temps en temps de mettre en scène des éléments assez méchants, violents ou tordus, pour un film des 50's. Quant à la bonne morale, évidemment il n'est une surprise pour personne de savoir qu'elle sera préservée, avec un happy-end tout aussi prévisible que ce qui a précédé.

 

 

Bref un film qui possède en gros tous les éléments usés jusqu'à la corde des films de cette époque. Mais pourtant, cela fonctionne toujours autant. Le côté naïf (les explications scientifiques et les rebondissements scénaristiques capillotractés) sans être ridicule ni parodique contribue essentiellement à replonger le spectateur dans une époque tellement révolue que malgré ses redondances cinématographiques régulières, elle devient... exotique. Du kitsch, en somme.
Bien sûr, il convient dès le départ d'aimer ce genre de cinéma, sous peine de ne retenir que le grotesque. Mais pour toute personne un tant soit peu sensible aux inspirations de cinéastes plus récents portés sur ce genre de science-fiction, tels que Joe Dante ou John Carpenter, de tels films ne peuvent être complètement mauvais. Leurs défauts contribuent à leur donner un genre particulier, ce qui est le cas dans ce Day the World ended, qui contient en outre quelques (rares) éléments qui lui sont propres. Sans compter que le côté "survivants isolés dans une maison assiégée" préfigure quelque peu une certaine Nuit des Morts-Vivants qui fera son effet une décennie plus tard...

 

 

Note : 6/10

 

Walter Paisley

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