Décimales du Futur, Les
Titre original: The Final Programme
Genre: Fantastique
Année: 1973
Pays d'origine: Angleterre
Réalisateur: Robert Fuest
Casting:
John Finch, Jenny Runacre, Sterling Hayden, Harry Andrews, Hugh Griffith, Julie Ege, Patrick Magee...
Aka: The Last Days of Man on Earth
 

Jerry Cornelius, espion dandy, assiste à l'enterrement de son père en plein désert de Laponie. L'homme était un brillant scientifique qui effectuait des travaux en secret pour le gouvernement. Après la cérémonie, un émissaire / médecin des services secrets britanniques informe Cornelius de l'existence d'un microfilm dissimulé probablement dans le domaine familial. Retrouver ce microfilm s'avère primordial pour l'avenir de l'humanité. Jerry retourne donc chez lui, à savoir une propriété perdue en plein milieu des marécages, où vit son frère Franck (qu'il hait) et sa soeur Catherine (pour qui il voue une passion presque incestueuse). John, le majordome, fait office de régisseur. Lorque Jerry arrive à destination, il apprend par la bouche du domestique que son frère se livre à d'étranges expériences sur Catherine, cette dernière passant l'essentiel de son temps à dormir depuis sept semaines. Jerry va tenter de sauver sa soeur, et par la même occasion d'éliminer Franck une fois pour toutes, avant d'envisager de faire sauter la maison au napalm (une manière comme une autre de faire table rase du passé).
Mais avant de s'occuper de son frère, Jerry est contacté par une certaine Miss Brunner, accompagnée de trois scientifiques. Celle-ci cherche à récupérer le microfilm, capital dans la poursuite de travaux, un programme complexe qui concerne l'immortalité. Cornelius accepte donc l'aide de Miss Brunner, d'autant plus que Franck, non content d'avoir séquestré Catherine, a piégé la maison par le biais d'un faisceau lumineux provoquant une pseudo-épilepsie.
Jerry et ses alliés réussissent à investir l'édifice ; et après un duel au pistolet à fléchettes acharné qui se termine tragiquement par la mort de Catherine, Franck se débarrasse de Jerry, laissé pour mort, et s'enfuit en emportant le microfilm. Mais Miss Brunner ne va pas lâcher le morceau aussi facilement. Persuadée que Franck va tâcher de revendre le microfilm, elle ne tarde pas à retrouver la piste de celui-ci, en compagnie de Baxter, scientifique corrompu qui a travaillé autrefois avec Cornelius père. La lutte fratricide reprend de plus belle, ainsi que celle pour récupérer le précieux document.

 

 

Etrange film que ces "Décimales du Futur". Adapté d'un roman de Michael Moorcock écrit en 1968, il raconte les aventures d'un personnage baroque, sorte de James Bond pop évoluant dans un décor très sixties à une époque située aux alentours de l'an 2000. Quatre romans existent sur le personnage, mais seul "The Final Programme" a été adapté au cinéma. N'ayant pas lu le roman, je ne peux établir de comparaison. S'il est annonciateur, quelque part, de la new-wave anglaise et même du néo-gothisme (Jerry Cornelius a les ongles peints en noir), le film laisse au final une impression mitigée.
Pourtant dû au talentueux Robert Fuest, qui a réalisé deux ans plus tôt "L'Abominable Docteur Phibes", chef d'oeuvre du baroque doté d'un humour noir décapant, et d'une suite un ton en dessous ("Le Retour de l'abominable Dr. Phibes"), "Les Décimales du Futur" manque cruellement d'un scénario cohérent et structuré, comme si le réalisateur avait privilégié la forme (les décors, les situations, l'humour des dialogues) au détriment du fonds (l'histoire).
Dommage, parce que le film dégage un côté absurde, décalé pas désagréable du tout, rappelant l'esprit des séries télé britanniques de l'époque : "Docteur Who" ou encore "The Avengers". D'ailleurs, ce n'est pas étonnant, dans la mesure où Robert Fuest réalisa plusieurs épisodes de "Chapeau Melon...", trois en 1976 (période Joanna Lumley), mais surtout sept en 1968-69 (période Tara King), la saison dans laquelle les épisodes commençaient à partir en vrilles dans une ambiance psychédélique et des situations non-sensiques propres à nos voisins anglais. Car le sujet du film est pour le moins délirant. Conçu sur le thème modernisé du Nouveau Messie, il s'agit cette fois de le fabriquer scientifiquement, avec l'aide d'un ordinateur complexe assisté des cerveaux maintenus en vie de scientifiques quant à eux décédés. Le but étant de transférer l'ensemble de ces connaissances à un être double, ou plutôt hermaphrodite, auto-fertilisateur, et auto-régénérateur. C'est ce projet qui constitue le "programme final".

 

 

Au niveau des acteurs, le rôle de Jerry Cornelius est incarné par John Finch, vu dans deux films de la Hammer : "The Vampire Lovers" et "The Horror of Frankenstein" et acteur principal du "Frenzy" d'Alfred Hitchcock (1972). A ses côtés, quelques grands noms du cinéma comme Sterling Hayden ou Patrick Magee, dans des seconds rôles, ainsi que Hugh Griffith, déjà présent dans les deux "Docteur Phibes". Le jeu désinvolte d'une bonne partie du casting, si elle n'est pas regrettable, crée néanmoins une sorte de déséquilibre dans la mesure où l'on a tendance, nous, à s'ennuyer en suivant les pérégrinations de l'espion dandy. Un peu comme si les acteurs et les spectateurs n'étaient pas sur la même longueur d'ondes. Embêtant, et frustrant... Reste à imaginer comment Jodorowsky aurait concrétisé pareil sujet...

 

 

Note : 6/10

 

Flint
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