Géant à la Cour de Kublai Khan, Le
Titre original: Maciste alla corte del Gran Khan
Genre: Exotisme , Peplum
Année: 1961
Pays d'origine: Italie / France
Réalisateur: Riccardo Freda
Casting:
Gordon Scott, Yoko Tani, Hélène Chanel, Dante DiPaolo...
 

Petite virée dans la Chine du XIIIème siècle pour notre bon vieux Riccardo Freda, vénérable réalisateur italien s'étant surtout illustré dans le genre péplum, et à l'époque déjà âgé d'une cinquantaine d'années. Bref le voici qui met en scène Gordon Scott, ex-Tarzan musculeux, ici opposé à une horde de mongols étant parvenu à faire main basse sur l'Empire de Chine à la suite d'une grossière erreur politique de l'Empereur. Celui-ci, pour se débarrasser de l'envahisseur Tartare, fit en effet appel à Kublai Khan, chef des mongols. Qu'est-ce qu'il n'avait pas fait là ! Khan, en libérateur, réussit discrètement à se débarrasser de l'Empereur et à faire taire les deux enfants de celui-ci, alors en bas âge. Dix ans plus tard, les mongols sont encore là, et dirigent le pays d'une poigne de fer. Pis encore : Khan prévoit de se débarrasser une fois pour toute des deux enfants impériaux, prétendants logiques au trône. Mais heureusement, Gordon Scott traîne par la, et avec l'aide de Tchou, chef rebelle (oui oui, ne vous inquiétez pas, les doubleurs ont réussi à placer un "Tchou Tchou"), il luttera contre les infâmes plans du non moins infâme Kublai Khan.

 


Ou Gengis Khan, selon les versions. Cela importe finalement peu, et du reste, même le personnage de Gordon Scott reste inconnu. Certains titres disent qu'il s'agit de Maciste, d'autres de Samson, d'autres encore de Goliath. Le titre original semble dire qu'il s'agit de Maciste, mais la version française du film, dans le doute, reste assez vague et désigne le fortiche bonhomme en slip rouge par un assez vague "Géant". Quoi qu'il en soit, c'est donc la figure centrale d'un film qui regorge de personnages : entre Kublai Khan, sa belle fiancée, les enfants de l'Empereur, Tchou le chef des rebelles, les ministres bouddhistes, il y a de quoi faire, et Freda ne lésine en effet pas sur les intrigues de palais. Ca complote, ça prépare des coups de force, des coups en douce, des trahisons : déjà à cette époque, la vie politique n'est pas facile à comprendre. Freda s'en accommode comme il peut, tant bien que mal, et doit parfois avoir recours au sacrifice de certains personnages importants, ainsi qu'à de grossiers raccourcis scénaristiques plutôt choquants.
Je pense notamment à une scène d'évasion de la Princesse, jusqu'ici capturée, et qui s'enfuit en compagnie de Maciste, avec à leurs trousses toute une armée mongole qui s'opposera dans les montagnes aux forces rebelles dans une bataille laissant pas mal de monde sur le carreau. Et tout ça pour quoi ? Pour que finalement ladite Princesse décide de retourner au château, dans lequel la stratégie sera plus facile à élaborer. Certes, au niveau crédibilité, c'est discutable, mais enfin cela aura permis au film d'aligner un autre joli moment d'aventures et de combats, au sein d'un film qui se révèle plutôt généreux en la matière.

 

 

Si les combats sont plutôt classiques et guère inoubliables, en revanche on en dira pas autant des exactions perpétrées par Kublai Khan, un vilain sadique qui prend plaisir à faire décapiter dix villageois pour un soldat tué, et qui trouve toujours de bonnes idées d'exécution. En guise d'exemple, citons ce fameux char pourvu de lames censé trancher la tête des pauvres bougres enterrés dans le sol. C'eut pu être drôle si Maciste n'était pas intervenu, faisant preuve de toute sa force en arrêtant le char lancé à pleine vitesse par une demie-douzaine de chevaux.


Des scènes de bravoure comme ça de la part du héros, il y en a à la pelle : Maciste sonne la "Cloche de la Liberté", grosse cloche supposée inébranlable invitant les villageois à la révolte, ou encore Maciste parvenant à tuer un tigre à mains nues (oui, certes, le tigre est déjà empaillé, et alors ?), Maciste réussissant à ouvrir un chemin dans une grotte ensevelie depuis un siècle... Nous avons donc là un vrai personnage mythologique, qui en outre annonce de façon remarquable les futurs héros des westerns spaghettis à venir : on ne sait d'où il vient (de l'autre bout du monde, nous dit-il, mais c'est vague, ça), on ne sait qui il est, mais en tout cas, il est une arme de poids dans la lutte contre l'oppresseur. Remplacez sa force par un flingue, faites de Kublai Khan un hors-la-loi ayant pris le pouvoir sur un village par le biais de la contrainte, et nous sommes en plein western. Sans oublier non plus les chevauchées à travers le désert...
Le Géant à la Cour de Kublai Khan remplit aisément son cahier des charges, et son rythme assez frénétique, faisant la part belle à l'action sous toutes ses formes (batailles groupées, duels à main nues, complots à suspense, lutte contre des éléments naturels) permet aisément au spectateur de pardonner les incohérences parfois flagrantes d'un scénario qui annonce dors et déjà l'émergence du cinéma bis italien.

 

 

Note : 6/10

Walter Paisley
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