Aujourd'hui ma peau... demain la tienne
Titre original: Tre che sconvolsero il West
Genre: Comédie , Western spaghetti
Année: 1968
Pays d'origine: Espagne / Italie
Réalisateur: Enzo G. Castellari
Casting:
Antonio Sabato, John Saxon, Frank Wolff, Agata Flori...
Aka: Vado, vedo e sparo / I came, I saw, I shot / Llego, veo, disparo
 

Trois truands que tout oppose vont devoir tenter de travailler ensemble pour récupérer un butin qui ne cesse de les fuire. Mais puisqu'ils ne peuvent se supporter, leur tâche se révélera ardue : l'avidité personnelle, les coups bas et l'intrusion dans l'affaire de plusieurs autres personnes plus ou moins mal intentionnées vont les empêcher systématiquement de mettre définitivement la main sur leur magot...

 

 

En 1968, le western spaghetti est encore à son sommet, même si la comédie commence lentement à s'immiscer dans un genre où jusqu'ici régnait le sérieux âpre et sec, traditionnellement symbolisé par les films de Sergio Leone. "Aujourd'hui ma peau... demain la tienne" constitue l'un de ces westerns comiques qui feront les beaux jours du genre dans les années suivantes. Chose qui marquera le déclin du genre, mais qui pourtant n'est pas en soit forcément un gage de médiocrité.
Ainsi, le film de Enzo Castellari est une vraie réussite. Mû par un esprit parodique assez prononcé, le réalisateur choisit de mettre en vedettes trois personnages complètement différents : Edwin Kean (Frank Wolff), un ancien acteur, solide gaillard reconverti dans le banditisme. Moses Lang (Antonio Sabato), un jeune truand rigolard et gaffeur. Et Clay Watson (John Saxon), un gentleman arnaqueur et magicien. Tout ce petit monde va donc se foutre sur la gueule tout au long du film, pas forcément à coup de baffes comme dans les films du duo Hill et Spencer, mais à coup de tout ce qui leur passe sous la main. Et c'est à ce niveau-là que se trouve la qualité première du film : un rythme très soutenu dû à des course-poursuites incessantes dans des décors forcément toujours différents. Que cela soit dans un hangar, dans un mariage mexicain ou dans un fleuve (liste non exhaustive), les trois héros ne cesseront de se quereller activement en exploitant les éléments du décors.
Et parfois, tout de même, leurs flingues, lorsque des tiers se prennent d'envie de s'interposer, à l'instar du tonton Garrito, oncle de la fiancée du personnage de Antonio Sabato, lui aussi bandit de formation. Des alliances de circonstance vont se créer et se dissoudre dans la bagarre, ponctuant un film qui du coup se retrouve sans grands temps morts, et plutôt drôle. Difficile de ne pas se réjouir devant des combats aussi burlesques, généralement illustrés par une musique de fiesta mexicaine prompte à la bonne humeur. Et, l'air de rien, derrière toutes ces gaudrioles, certains combats sont extrêmement bien réalisés, principalement ceux du personnage de John Saxon (par ailleurs peut-être le plus sympathique du lot), très souple et limite gymnaste.
Difficile également de ne pas prendre plaisir à constater l'étalage de plans foireux concoctés par les protagonistes. Chacun y va de son propre talent : la capacité à jouer la comédie pour un Edwin Kean qui aime décidément très fort se faire passer pour un pasteur et ironiser ainsi sur la religion, les tours de passe-passe pour Clay Watson, et la couardise pour Moses Lang, qui mêlera sa copine Rosario ainsi donc que son tonton Garrito et ses mexicains à cette histoire. Des personnages secondaires auxquels s'ajoute un couple de vieux (une grosse matronne et son frêle mari un peu voyeur, sorte de gag récurrent) bien sûr moins présents à l'écran mais pourtant tout aussi fantasques que les personnages principaux.
Plus le film avance, plus les tentatives pour s'emparer de l'argent sont ambitieuses, et donc encore plus propices au rire. Une certaine dose de folie gagne le film, et parvient sans grand mal à faire oublier quelques séquences un peu trop poussives : principalement des grimaces ou réparties pas franchement drôles, voire quelques exagérations un peu déplacées... Tout ceci jusqu'à un final où les personnages atteindront les sommets de la bêtise, dénouement logique d'un film très homogène.

 

 

Assurément, le film de Castellari, s'il se veut assez parodique (le trio pouvant faire écho à celui de Le Bon, la brute et le truand), s'il se plaît à accentuer outrageusement les qualités des héros traditionnels de western (il faut dire que les acteurs se sont tous révélés excellents à ce jeu là), constitue un excellent représentant du western comique, à la fois basé sur l'action et sur la décomplexion. Evidemment rien de culte là-dedans, juste une comédie légère assurant tout de même à ses spectateurs un très bon moment à passer.

 

Note : 7/10

 

Walter Paisley

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