Libidine
Genre: Erotique , Fantastique
Année: 1972
Pays d'origine: Italie
Réalisateur: Raniero Di Giovambattista
Casting:
Cinzia De Carolis, Marina Frajese, Ajita Wilson, Luigi Casellato, Franco Parisi, Mauro Vestri....
Aka: Lust
 

Le Professeur Gianni Vaser est un scientifique spécialisé dans le comportement animal, et plus précisément les reptiles. Ses recherches se portent depuis un bon moment sur le métabolisme des serpents, et un python vient précisément d'être livré à la Villa Serena qu'il occupe en compagnie de sa nouvelle femme, Carla, et de son assistant, Tom. La demeure compte également deux domestiques : Fred, l'homme à tout faire (chauffeur, serveur, et maître-queue, cette dernière étiquette ne s'appliquant d'ailleurs pas qu'à la cuisine) ; et Mary, la bonne, qui s'occupe des tâches ménagères et accessoirement de Madame. Il faut dire que Carla est plutôt insatiable en ce qui concerne le sexe, et son appétit paraît infini dans ce domaine. Et comme son mari passe la majeure partie de son temps dans le laboratoire, elle se console à tour de rôle avec les deux employés de la villa.
C'est alors que débarque Anna, la fille du professeur Vaser, venant tout juste de sortir du pensionnat religieux où elle était scolarisée. Anna est une fille sensible qui ne se console pas de la mort de sa mère, et qui aimerait pouvoir se rapprocher de son père. Mais ce dernier est trop occupé par son travail, contrairement à Carla, dont la perversité ne connaît pas de limites, et qui va tenter d'éveiller sa belle-fille aux plaisirs des sens.
Coincée entre un père froid et sévère, et une belle-mère alcoolique et nymphomane, sans oublier Fred qui commence à se montrer libidineux et à tourner autour d'elle, la pauvre Anna se console avec l'affection qu'elle porte pour les animaux. C'est ainsi qu'elle remarque le python après avoir pénétré par effraction dans le laboratoire de son père. Le serpent a subi des manipulations génétiques et il semble qu'un lien télépathique se soit tissé entre le reptile et la jeune fille. Cette complicité ne va pas tarder en se transformer en une passion contre nature, dans laquelle l'amour et la mort vont jouer un rôle déterminant.

 

 

Le cinéma de genre italien des années 70 n'a pas fini de nous étonner, tant il a été diversifié et prolifique. Et même s'il s'est montré souvent inconstant, on ne peut pas lui reprocher de ne pas avoir eu peur d'oser, de provoquer, et de repousser un peu plus loin au fil des ans les limites du mauvais goût. "Libidine" rentre assurément dans cette catégorie de films "extrêmes", avec cette histoire de serpent s'insinuant dans l'intimité d'une jeune fille en pleine crise de puberté. Et l'animal s'immisce d'ailleurs dans tous les sens du terme, au propre comme au figuré, ce qui vaut au film une scène finale flirtant dangereusement avec la zoophilie. Au passage, on notera aussi le choix de l'actrice Cinzia De Carolis qui, bien qu'étant majeure au moment du tournage, ne paraît pourtant guère avoir plus de 14 ou 15 ans, ce qui ne fait qu'accentuer le sentiment de malaise et le parfum de scandale planant sur cette oeuvre. Un film par ailleurs méconnu dans la mesure où il n'a pas, me semble-t-il, franchi les frontières transalpines.
Réalisé par un homme peu connu du paysage cinématographique, Raniero Di Giovambattista, il s'agit là du premier film de ce metteur en scène qui poursuivra avec quelques pornos de troisième zone. Mais Di Giovambattista s'est surtout fait connaître en tant que scénariste, notamment pour "Flavia la Défroquée".

 

 

Le casting de "Libidine" est réduit essentiellement à une demi-douzaine de protagonistes. Si Luigi Casellato présente une carte de visite forte honorable avec des films comme "Solamente Nero" ou "La Victime Désignée", ce sont néanmoins les femmes qui ont la part belle. Et dans une oeuvre à dominante érotique, on ne sera donc pas étonné de retrouver Marina Frajese / Hedman ("Satan's Baby Doll", "Images in a Convent") en compagnie d'Ajita Wilson ("Les Evadées du Camp d'Amour", "Le Secret de la Panthère Noire"). Les deux femmes se retrouveront en 1986 dans un porno sans grand intérêt : "Bocca Bianca, Bocca Nera". Aux côtés de ces deux femelles qui sont en permanence à la recherche de plaisirs sexuels (d'où le titre du film), une surprenante Cinzia De Carolis vient s'intercaler.
Nous l'avions quitté petite fille dans "Le Chat à neuf queues", puis "La Nuit des diables", et la voilà qui revient à la charge dans un registre ô combien différent, en démontrant qu'un serpent peut servir de "sex toy" avec une rare efficacité. Bien que l'actrice ait été certainement doublée lors du passage le plus controversé, il n'en demeure pas moins qu'elle se livre à une très longue scène d'amour avec l'animal, dans le plus simple appareil. Les neuf queues du chat sont désormais bien loin, et seule celle du python semble désormais présenter un intérêt à ses yeux (et à d'autres parties de son anatomie, évidemment).
On retiendra également dans "Libidine" un repas de famille où la belle-mère retrousse discrètement la jupe de sa belle-fille, tout en faisant un signe au majordome afin que ce dernier se rince l'oeil en regardant sous la table le "charmant tableau", tandis que la jeune Anna n'ose rien dire à cause de la peur suscitée par la présence de son père. Un passage pour le moins graveleux, entre des scènes érotiques parfois explicites (Marina Frajese n'étant pas avare de sa personne), et des meurtres plutôt risibles orchestrés par le serpent tueur.

 

 

Pendant que le père trime, le domestique a la trique et les femmes trinquent. Et le spectateur sort quant à lui surpris de ce "trip", car "Libidine", même s'il est loin d'être un bon film, ne fait pas partie des "expériences" que l'on oublie facilement. Rajoutons une musique assez routinière de Stelvio Cipriani, et l'on obtient au final une oeuvre éminemment "trash" comme seule l'Italie a pu en offrir en son temps.

 

Note : 6/10

 

Flint
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