Barbe Bleue
Titre original: Bluebeard
Genre: Comédie , Thriller
Année: 1972
Pays d'origine: France / Allemagne / Italie
Réalisateur: Edward Dmytryk
Casting:
Richard Burton, Joey Heatherton, Karin Schubert, Virna Lisi, Sybil Danning, Nathalie Delon, Marilu Tolo, Raquel Welch, Agostina Belli...
Aka: Barbablu (Italie) / Blaubart (Allemagne)
 

Vétéran de la première guerre mondiale, où il s'est illustré en tant qu'as de l'aviation, le Baron Von Sepper est un noble autrichien fortuné désireux de se marier. Cachant ses cicatrices sous une barbe gris-bleu, Von Sepper a conservé de solides relations au sein de l'armée, et il est d'ailleurs un sympathisant du mouvement nazi en pleine expansion. Entre deux âges, Von Sepper n'en est pas moins un homme séduisant, et qui plaît aux femmes. Mais l'homme a un gros problème : il souffre d'impuissance. Un mal qu'il ne peut divulguer, sous peine d'être la risée de tous. Après un premier mariage qui n'a pu être consommé, Von Sepper a connu, au fil des années, d'autres jolies femmes qu'il n'a pas été en mesure d'honorer. Lorsque Anne, ravissante artiste américaine, débarque dans sa vie, la jeune femme ignore que six autres, avant elle, ont connu un funeste destin. Profitant d'un voyage de Von Sepper à l'étranger, Anne entreprend de fouiller le château ancestral. Elle trouve une clé menant à une pièce secrète : une chambre froide transformée en musée des horreurs. A l'intérieur se trouvent les corps congelés des précédentes épouses du Baron.

 

 

Cette version contemporaine du mythe de Barbe Bleue réunit un casting féminin incroyable autour de Richard Burton, très bon dans son rôle. Des actrices ayant oeuvré dans le cinéma de genre, pour certaines, comme Karin Schubert, Sybil Danning et Marilu Tolo, et qui "côtoient" des stars comme Raquel Welch, Virna Lisi, sans oublier Agostina Belli. Mais en fait, aucune d'entre elles ne se rencontrent durant le film (exceptées Nathalie Delon et Sybil Danning pour une scène saphique finissant tragiquement). Le scénario se suit un peu comme une succession de sketches, dans lesquels on assiste à l'entrée de chaque femme dans la vie de Von Sepper, jusqu'au moment de leur exécution. L'histoire est racontée sous forme de flashbacks, si bien qu'à l'exception de Joey Heatherton, les autres actrices n'ont qu'une présence secondaire à l'écran. Si l'on peut regretter de ne voir que trop brièvement certaine de ces actrices, le plus déroutant, finalement, vient de la façon dont ce "Barbe Bleue" est traité. A l'origine un conte pour enfants, l'histoire est ici un film pour adultes, dans lequel on passe successivement de l'humour (noir) au thriller, avec aussi une petite dose d'horreur (très légère) et une pointe d'érotisme. L'habileté, dans cette adaptation moderne du conte de Perrault, c'est de ne pas avoir fait de Barbe Bleue un simple tueur en séries froid et inhumain. Et c'est là la force (et le talent) de Richard Burton d'avoir été en mesure de camper un personnage non manichéen, à la fois abject et sensible, violent et sentimental, pris dans le tourbillon de la folie, hanté par le souvenir d'une mère que l'on sent castratrice par sa seule présence (sous forme de tableaux) dans chaque recoin du château. Un homme qui souffre forcément de sa maladie, et qui le pousse au meurtre, car quoi de plus terrible pour un homme porté vers le sexe que de se voir impuissant. Mais les femmes qui vont croiser sa route ne sont pas des modèles de vertu non plus.

 



Tour à tour, Von Sepper va séduire une chanteuse lyrique farfelue, une mythomane, une nonne nymphomane, une féministe révolutionnaire, alcoolique et sado-maso, et enfin une petite pimbêche particulièrement méprisante. De quoi presque donner de bonnes raisons à Barbe Bleue d'occire toutes ces beautés. Mais derrière la maladie, l'homme est aussi un sympathisant nazi et la croix gammée qu'il porte avec ses décorations militaires empêche le personnage d'être sympathique, et contribue à renforcer son image de "bad guy". D'ailleurs, comme beaucoup de méchants dans les séries B, Barbe Bleue joue de l'orgue dans une pièce de son château, son fidèle rapace posé sur une épaule. Le film a été réalisé par Edward Dmytryk, un cinéaste qui a exclusivement oeuvré dans le cinéma traditionnel, à qui l'on doit des classiques comme "Ouragan sur le Caine", "La Lance Brisée" ou "L'Homme aux Colts d'Or". Cela explique peut-être que cette incursion dans un genre qui ne lui était pas familier ait engendré un film un peu hybride, hésitant entre plusieurs styles. Quatre ans auparavant, en 1968, Dmytryk avait d'ailleurs réalisé un western tout aussi contrasté, "Shalako". Malgré tout, ce "Barbe Bleue", bien qu'étant un produit "bâtard", se regarde sans déplaisir, et il est de surcroît accompagné d'une partition musicale d'Ennio Morricone (sympathique, mais pas transcendante). Une co-production internationale qui réunit des vedettes de tous horizons, des actrices déployant tantôt leurs charmes, tantôt leur talent. Et un Richard Burton ravi, sans aucun doute, d'être si bien entouré.

 

 

Note : 6,5/10

 

Flint

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