Maison Tellier, La
Genre: Erotique , Historique
Année: 1981
Pays d'origine: France / Espagne
Réalisateur: Pierre Chevalier
Casting:
Arlette Didier, Olivier Mathot, Sylvia Solar, Antonio Mayans, Nadine Pascal, Murielle Montossé...
 

Fin du XIXème siècle. A la Maison Tellier, les notables aisés prennent du bon temps avec les "filles" de la gérante de l'établissement, sobrement surnommée Madame (Arlette Didier). Mais un jour que les habitués des lieux s'y rendent, ils trouvent maison close (constatez le sagace calembour hoho hoho), la maîtresse et ses poules ayant plié bagage pour fêter la communion d'une nièce à la campagne. Forts peinés, ces messieurs se retrouvent chez l'un et évoquent des souvenirs en attendant la réouverture de ce paradis terrestre, temple de la chair du temps jadis.

D'après Guy de Maupassant. Et bin, d'après le Guy, Pierre Chevalier est une buse, sentiment que je ne partagerais pas entièrement (son "Pigalle, carrefour des illusions" m'avait bien amusé à défaut de me satisfaire) même si cette libre adaptation de la nouvelle de Maupassant du même nom parait difficilement défendable. Ornementé de la bannière mythique (?) Eurociné, "La Maison Tellier" est un foutu navet, bidon de A à surtout Z, mais qui ne bidonne pas pour autant. Tout juste le spectateur à l'oeil entraîné aux absurdités anachroniques se gaussera-t-il de ce panneau signalétique triangulaire furtivement filmé en haut d'un poteau. De toute façon, pas un seul instant, la reconstitution d'un Paris du siècle passé ne convainc, et ce n'est pas l'emploi d'une locomotive à vapeur et d'une calèche préhistorique, en plus des costumes d'époque qui atténuera le désastre.


Devant cette manie désagréable qu'a Chevalier de cadrer-serrer à l'extrême ses acteurs lorsqu'il les promène dans les deux mêmes rues plus ou moins d'origine, plus personne n'est dupe à la longue. L'absence de budget n'excuse pas tout, Pierrot. Alors, on se rattrape comme on peut, en insistant bien lourdement sur des discussions dans un français des plus distingués, avec les conjugaisons pompières qui vont bien avec ("que vous visitâtes", "que l'on considérate" "que l'on "boufftachâte" etc.), ça et puis les chansons grivoises d'autrefois qui percent les tympans, accouplées aux gloussements incessants des filles détestables de Madame.
Mais il y a encore pire que le travail d'historien sonnant faux : l'incohérence du déroulement du récit, non-linéaire au possible. La logique voudrait que, sitôt les cinq, six fidèles de la "Maison Tellier" réunis entre eux au début du film dans un salon pour partager leurs aventures cocasses et intimes, l'intrigue se concentre sur leur petite personne et prenne la forme d'une suite de tableaux les mettant en scène. Et bien, pas du tout. Après que l'un des convives ait évoqué une première histoire, minable, sans chute, sans rien (sa rencontre dans un cimetière qui pourrait être celui de Pantin avec une jeune veuve éplorée (Françoise Blanchard, future "Morte-Vivante" chez Rollin) dont il profitera de la tristesse pour la consoler à sa manière), le film enchaîne brusquement sur le troupeau de gourdasses et leur matronne en vacances pour ne plus les lâcher jusqu'au mot FIN.


On nous inflige alors les parties de jambes en l'air entre Joseph (Antonio Mayans) le niqueur né de frère de Madame et les filles tandis que cette dernière fait part à sa belle-soeur de ses inepties sentimentales, du désir de rentrer au bercail pour retrouver le gracieux Monsieur Basque (l'incontournable Olivier Mathot) qui la convoitise depuis tant d'années. Bordel, mais oui, qu'elle rentre et qu'on en finisse une bonne fois (entendre par là, éjecter sa cassette du magnéto et la laisser moisir dans son boîtier). C'est bien ainsi que tout s'achève, encore faut-il patienter 95 minutes. Et comme si ça ne suffisait pas, ajoutons que l'érotisme, pourtant marque de fabrique indélébile de la firme de la famille Lesoeur, ne se résume qu'à deux, trois galipettes dans la paille, et un faible quota de culs et de nibards, l'illustre Muriel Montossé incluse. Pour Eurocinéphiles enragés seulement donc.

 

Throma
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