Pigs, les monstres sanglants
Titre original: Daddy's deadly darling
Genre: Horreur , Agressions animales , Psycho-Killer
Année: 1972
Pays d'origine: Etats-Unis
Réalisateur: Marc Lawrence
Casting:
Marc Lawrence, Toni Lawrence, Paul Hickey, Katharine Ross...
 

L'homme est-il un porc ?
La réflexion, hautement symbolique, digne d'une cuvée passée ou future du bac de philo, est lâchée.
En tout cas, un certain Marc Lawrence, metteur en scène (et accessoirement grand acteur aux multiples facettes) semble avoir une théorie bien personnelle relative à la question.
Selon lui, l'être humain, passé de vie à trépas, serait réincarné en cochon après sa mort. Derrière les grognements de ces fiers mammifères crotteux se camoufleraient en fait les gémissements d'un homme.
Mais commençons par le commencement.
Au commencement, il y eut Lynn.
Adolescente, elle subit les attouchements de son père.
Adulte, elle le poignarde alors qu'il tente une fois de plus d'abuser d'elle.
Névrosée, déboussolée, elle est emprisonnée dans un institut psychiatrique mais elle parvient à détourner la vigilance de ses gardiens puis s'enfuit au volant d'une voiture volée.
La jeune femme perdue cherche un refuge. C'est ainsi qu'elle débarque dans le restaurant de Zambrini, quinquagénaire dérangé, pour qui elle travaille comme serveuse, en échange d'une chambre à louer.

 

 

Son truc à lui, c'est de nourrir ses cochons de basse-cour avec les cadavres de personnes trop encombrantes en liberté autour de son établissement. Inutile de préciser que la rencontre entre ces deux-là relève du cataclysme sur pieds.
Leur rapport va très rapidement virer au fusionnel. Zambrini reconnait en Lynn la fille qu'il n'a jamais eu. Bien vite informé du passé douloureux de sa charmante hôte, il s'empresse de la prendre sous son aile, comprenant ses actes les plus fous, notamment lorsque Lynn feint d'avoir des conversations téléphoniques avec son père, un moyen pour elle de refuser sa mort, ou bien en lui pardonnant toutes ses erreurs, même lorsque celles-ci virent au tragique.
Violentée par des clients un peu trop entreprenants, elle les assassine sauvagement et espère prendre ainsi une revanche sur le fantôme de son père.
En état de choc, Zambrini la réconforte. Pour lui, ces meurtres ne représentent finalement rien d'inquiétant puisqu'une fois données en pâture à ces frères porcins, les victimes des sautes d'humeur de Lynn rejoindront sa porcherie sous forme de cochon.
Cette idée de mettre en scène des cochons cannibales spectres d'ex-humains s'avère au final plutôt mal exploitée dans le film puisque Marc Lawrence, réalisateur et par ailleurs interprète de Zambrini le dingue, préfère s'attarder sur la psychologie de Lynn (Toni Lawrence, fille de Marc) et la relation qu'elle entretient avec lui.
Les agissements des porcs passent donc en second plan.
Là où Lawrence excelle, c'est lorsqu'il gratifie son public de séquences hallucinatoires, accompagnant les meurtres de Lynn. La caméra virevolte, tournoie au plus près de son visage, la trame musicale se déglingue progressivement.
Le trip LSD n'est pas loin.

 

 

Il est également regrettable de constater une régression au niveau du rythme. Les cinq minutes du générique de début, nerveuses, accumulent peut-être plus de situations que dans tout le reste du métrage.
A travers une dizaine de scénettes, le passé mouvementé de Lynn n'a déjà plus de secret pour le spectateur. Des attouchements de son père jusqu'à sa fuite de l'asile, tout cela sur la ballade rock "Somebody is waiting for you", fleurant bon les années 70. Pigs reste toutefois une exploitation horrifique à découvrir, malgré quelques imperfections ici et là.

 

Throma
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