Secte des Cannibales, La
Titre original: Mangiati vivi
Genre: Erotique , Horreur , Cannibalisme
Année: 1980
Pays d'origine: Italie
Réalisateur: Umberto Lenzi
Casting:
Robert Kerman, Janet Agren, Ivan Rassimov, Paola Senatore, Mel Ferrer, Me Me Lai...
Aka: Doomed to Die / Eaten Alive / Eaten Alive by the Cannibals / Emerald Jungle / Mangiati vivi dai cannibali
 

Une jeune femme part en Nouvelle-Guinée afin d'y rechercher sa soeur mystérieusement disparue. Avec l'aide d'un aventurier elle va la retrouver en pleine jungle, dans une étrange secte !
Grâce au dvd c'est tout un pan du cinéma d'exploitation italien qui est réhabilité, certains réalisateurs retrouvent une deuxième jeunesse comme le montrent les coffrets consacrés à Emilio P. Miraglia ou Luciano Ercoli, d'autres comme Lucio Fulci sont presque devenus des demi-dieux (d'ailleurs certains n'hésitent pas à sacrifier toutes les nuits de pleine lune de jeunes vierges dans l'espoir de ressusciter leur dieu païen !). Umberto Lenzi n'échappe pas à ce revival, profitant de l'occasion il décide de réaliser un lifting radical sur sa carrière (le polar c'est moi). En effet au fil du temps et de ses interviews Umberto semble vouloir occulter une partie de sa filmographie (à partir de 79, sa période la plus marrante). Pourtant il fut une époque où il aimait rappeler qu'il était historiquement le père du film de cannibale italien. En effet "Au Pays de l'Exorcisme" date de 1972, des années avant le mythique "Cannibal Holocaust" et "Le Dernier Monde Cannibale". Même s'il en est le géniteur, c'est un genre dans lequel il n'a pourtant guère brillé, contrairement aux polars, mais auquel il reviendra plusieurs fois.

 

 

Parmi les oeuvres que le brave Lenzi voudrait oublier, il y a ce petit film d'aventure tourné en 1980 (avant l'infect "Cannibal ferox") qui semble plus inspiré par "La Montagne du Dieu Cannibale" de son compatriote Martino que par les films de Deodato. On peut d'ailleurs constater de nombreuses similitudes avec le film de Martino, la plus flagrante étant le fait que les deux héroïnes se retrouvent peinturlurées de la tête aux pieds, Ursula en rouge et Janet en or (double référence classe !). Les cannibales n'ont cette fois qu'un rôle purement décoratif, histoire d'épicer un peu le script et surtout pouvoir "booster" les ventes du produit à l'étranger, dans la foulée des cannibal movies alors en vogue ! Pour mettre toutes les chances de son côté Lenzi recrute un casting spécial "cannibale" avec des acteurs / actrices ayant déjà oeuvré dans le genre, comme Ivan Rassimov ("Le dernier Monde Cannibale"), Me Me Lai (idem) ou Robert Kerman ("Cannibal Holocaust" et plus tard "Cannibal ferox"). En "guest star" on retrouve Mel Ferrer ("L'Antéchrist") qui joue les utilités en interprétant un anthropologue dont la présence à l'écran est à peu près équivalente en durée à ses apparitions dans la bande annonce.

 

 

Autour d'un fait divers qui défraya l'actualité (le suicide en masse des membres de la secte du Temple du peuple en Guyana), Lenzi brode une pseudo intrigue dans laquelle une riche héritière décide de retrouver sa soeur Diana enrôlée dans une mystérieuse "Secte de la purification" avant qu'elle ne dilapide la fortune familiale. Avec l'aide d'un guide cynique et désabusé (comme il se doit), elle part donc dans la jungle hostile à la recherche de sa frangine. Nos deux baroudeurs de choc ne vont pas tarder à se retrouver face à divers dangers inhérents à un environnement sauvage, notamment quelques cannibales en vadrouille (même dans la jungle on est plus en sécurité !), ce qui va provoquer chez la jeune femme une surprenante montée de libido. En effet cette dernière, apaisée au coin d'un bon feu de camp, lancera inopinément un "Faisons l'amour c'est peut-être la dernière fois", face à un aventurier perplexe et qui n'en demandait pas tant. Enfin après moult péripéties les voilà arrivés au camp du fameux révérend Jonas, un prédicateur très porté sur les godemichés et qui tient sous son pouvoir un groupe de fidèles grâce à un étrange breuvage et quelques hommes de main.
Ce film est un étalage réjouissant de raccourcis hasardeux, de zooms intempestifs, de mauvais goût, de racolage et de misogynie sauvage (on viole beaucoup dans la jungle !). Lenzi n'hésite devant rien pour arriver à ses fins et surtout pas le ridicule, comme ce cannibale mastiquant une oreille en gros plan ou Ivan Rassimov arborant une magnifique robe rouge. Le sommet étant atteint lorsque le "héros" s'échappe du camp de Jonas pour se trimbaler en pleine jungle, en se déplaçant aussi discrètement qu'un troupeau d'éléphants. Il ne se fait pourtant jamais capturer par les cannibales, plus fort ; il arrive même à s'infiltrer dans leur repère. Purement gratuite (le pauvre revient illico au camp de Jonas) la scène semble uniquement là pour combler un vide dans le script et nous asséner une séquence de cannibalisme (sacré Lenzi !).

 

 

Mélangeant allègrement sexe et violence au gré de son humeur, on peut ainsi assister à la décapitation d'un autochtone, au massacre d'un couple d'indigènes, au viol de l'héroïne par Ivan Rassimov armé d'un énorme dildo. Sans parler du viol de la soeur de cette dernière "prise" par derrière par l'infâme bras droit de Jonas sous l'oeil concupiscent d'une bande de cannibales qui vont s'empresser de la dévorer. Nous assistons alors au calvaire de la pauvre dévorée par petits morceaux avant d’être dépecée comme un vulgaire sanglier pour le grand banquet final, le tout filmé avec luxe de détails et gros plans.
Pour les amateurs de la belle Janet Agren, le film est une véritable bénédiction, en effet ce vieux roublard de Lenzi se livre à un vrai festival de zooms. Nous pouvons donc admirer à loisir l'avantageuse anatomie (un coup de zoom sur les yeux verts, un coup sur les petits seins...) de cette charmante suédoise, qui comme beaucoup de ses compatriotes a squatté de nombreux films italiens d'exploitation dans les année 70-80.
Après la vision de ce film on comprend mieux pourquoi Lenzi voudrait l'oblitérer de sa filmographie. En effet le doute n'est plus possible "L'Avion de l'apocalypse" n'était pas un accident de parcours, Lenzi est aussi capable de se vautrer dans le gros Z qui tache comme un simple Mattei. Il parvient cependant à livrer un film sans temps morts, crapuleux mais rigolo.

 

 

The Omega Man
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