She
Genre: Post-apocalypse , Heroic Fantasy
Année: 1982
Pays d'origine: Italie / Israël / Etats-Unis
Réalisateur: Avi Nesher
Casting:
Sandahl Bergman, Quin Quessler, David Goss, Harrison Müller, Gordon Mitchell, David Brandon...
 

Nous sommes en l'An 23 après l'Anéantissement, nous indique-t-on d'entrée de jeu (l'anéantissement de quoi ? Nul ne le sait). Malgré la confusion ambiante qui semble dominer dès les premières images, les personnages paraissent évoluer dans un futur post-apocalyptique à forte consonnante italienne (même si nous avons affaire à une production internationale, non, je ne suis pas moqueur).
Les deux héros s'appellent Dick et Tom ; le premier est petit, brun et bavard, l'autre est blond, grand et taciturne. Le sympathique duo fait tranquillement ses courses au marché local lorsque, au moment où nos héros paraissent hésiter entre acheter un shampooing ou un paquet de corn-flakes, le village (un vulgaire campement, devrais-je dire) est soudainement attaqué par une horde de cavaliers, sur fonds de hard-rock joué sur Bontempi. Ces méchants cavaliers sont des Norks, dirigés par Hector, un vieux sénile au regard torve (Gordon Mitchell au crépuscule de sa carrière). Les Norks sont un peu l'équivalent de l'Empire dans Star Wars, sauf qu'au lieu d'obéir à un Empereur, ils vénèrent une Déesse nommée She. Niveau look, on est carrément aux antipodes d'une superproduction. Les Norks, eux, ont récupéré leurs fringues dans un Stock-Faillites et leurs armes chez King-Jouet. Bien que nombreux (au moins dix), Dick et Tom ne se laissent pas intimider. Après avoir neutralisé un footballeur américain armé d'un parapluie et un légionnaire romain maniant le harpon, les Norks battent en retraite.

 


Notre duo poursuit quant à lui son chemin, et c'est tout naturellement que nous les retrouvons dans un autre village... au marché (normal, ils n'avaient pas eu le temps de faire leurs courses). Là, ils se font draguer par une prostituée qui leur demande d'où ils viennent. "De l'autre côté", répondent-ils. Et à cette nouvelle question (la prostituée est curieuse dans la région), quels Dieux vénèrent-ils, ils ne se démontent pas non plus : "On n'a pas de Dieux, on fait des affaires."
Mauvaise réponse, car la prostituée est en réalité une disciple de She, la seule Divinité autorisée par la Convention de Genève. De ce fait, Tom et Dick (au regard proche de Moby) se retrouvent drogués à leur insu (tel Richard Virenque) et conduits au temple de She. Là se trouvent donc les adorateurs de la Déesse. Ils passent la majeure partie du temps à dire She en secouant la tête. Un peu plus loin, quelques mâles body-buildés vêtus de pagnes-kangourou se débattent (car vous l'avez compris, le culte de She est basé sur une société matriarcale), mollement violentés par des Amazones en provenance du Moulin Rouge.
Enfin... She fait son apparition (Sandahl Bergman qui joue ici comme une savate). Et là, coup de théatre, She tombe instantanément amoureuse de Tom. Mais suite à toute une série d'événements, Dick et Tom parviennent à quitter le temple et poursuivre leur route. Une route semée d'embûches, d'autant plus que Tom a appris que sa soeur avait été enlevée par les Norks. Le duo part donc à sa recherche, très vite aidé par un autre duo : She en personne, accompagnée de Shandra, sa fidèle garde du corps. Ensemble, ils vont affronter de terribles dangers...

 


A l'origine, She est un roman de Henri Rider Haggard (il écrira d'ailleurs plusieurs suites). Cet écrivain a longtemps vécu en Afrique, et She se passe d'ailleurs sur ce continent, tout comme le célèbre Allan Quatermain, un autre de ses succès. Les adaptations de ces deux classiques de la littérature au cinéma ont dû le faire retourner dans sa tombe. Les deux Quatermain avec Richard Chamberlain et Sharon Stone sont déjà "gratinés", mais She dépasse tout ce que l'on peut imaginer.
Réalisé par Avi Nesher, responsable pourtant d'une sympathique série B en 1991 : Timebomb, She est un concentré de "N'importe Quoi" rarement vu à l'écran. On retrouve, parmi les interprètes principaux, quelques visages familiers comme Sandahl Bergman, très loin ici de son personnage de Valeria dans "Conan". A ses côtés : Harrison Müller, un spécialiste du genre, qui devait être lui parfaitement à son aise lorsque l'on consulte sa filmographie : "2020 Texas gladiator", Final Executor : la Chasse aux Morts Vivants, Le Trône de Feu, etc... Et puis, il y a Gordon Mitchell, la légende vivante, vieillissant mais toujours prêt à rempiler pour des films insensés ; et enfin David Brandon, le Caligula de Joe D'Amato.
Dans She, on trouve tout, comme aux Galeries Lafayette. Au menu : un savant fou, des gladiateurs croisant des scaphandriers, un monstre de Frankenstein surgissant d'une caisse (avec un tee-shirt estampillé "Maman"), une oracle qui lance des prophéties à la Paco Rabanne, des momies mutantes armées de tronçonneuses et affublées de ray-ban, des éphèbes vampires, un gourou aux faux airs de Gérard Majax, un sosie de Carlos en tutu rose, un médecin dément coiffé d'une perruque Robespierre et d'un casque de chantier, et, enfin, un personnage capable de se cloner lui-même chaque fois qu'il perd un membre.

 


Mélange de deux sous-genres du cinéma-bis italien : l'heroïc-fantasy et le post-apocalyptique, She devient à lui tout seul un "sous-sous genre", parfaitement ridicule mais incroyablement drôle. Des personnages grotesques, des situations impensables, des costumes à faire pâlir Village People, des dialogues au-delà du réel, tout concorde à faire de She un monument d'absurdité, tellement "autre" qu'il parvient à hypnotiser le spectateur. She est une oeuvre qui mérite sans conteste de rentrer dans le Top 10 des nanars. Son côté intemporel fait qu'il n'a pas pris une seule ride. L'occasion pour les plus masos d'entre nous de se le repasser de temps à autres, un jour de déprime.

Note : 5/10

 

Flint
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