Cabaret des Filles Perverses, Le
Titre original: Das Frauenhaus
Genre: Erotique
Année: 1977
Pays d'origine: Suisse
Réalisateur: Jess Franco (sous le pseudo Clifford Brown)
Casting:
Martine Fléty, Pamela Stanford, Betty Laure, Olivier Mathot, Eric Falk, Guy Delorme, Dagmar Bürger, Esther Moser, Sarah Strasberg, Henri Guégan...
Aka: Blue Rita - dvd VIP (Ascot Elite)
 

Le "Blue Rita" est un cabaret renommé situé à Paris, près des quais de la Seine. Réputé pour ses danseuses nues et ses spectacles érotiques, l'endroit sert aussi de maison de passes. Mais surtout, ce lieu est dirigé par une organisation matriarcale qui enlève des agents secrets et des politiciens influents, les séquestre, et tente de leur soutirer des informations et de l'argent.
La patronne de cette organisation proche de la secte est donc Rita, une belle et jeune femme qui est devenue frigide après avoir été torturée (on lui a brûlé le sexe au fer rouge). Depuis, elle voue une haine envers les hommes, et des produits lui sont régulièrement administrés dans le vagin pour régénérer les cellules, afin qu'elle retrouve le plaisir sexuel. Rita est entourée de collaboratrices dévouées, parmi lesquelles Gina. Ces "amazones" des temps modernes sont en cheville avec des services secrets et même des syndicats du crime, qui les payent afin d'obtenir des renseignements de la part des hommes enlevés et séquestrés au "Blue Rita".
La méthode est simple. Les "pigeons" sont attirés jusqu'au cabaret. Généralement, ils sont très vite attirés par l'une des filles de la boîte. On propose alors une passe dans une pièce aménagée pour la circonstance. Après une folle nuit d'amour, la fille se casse, du gaz sort du plafond, la victime s'endort. L'homme est ensuite enfermé, nu et enchaîné, dans une cage où il est très vite barbouillé d'un liquide verdâtre sur le corps. Ce produit est en réalité un puissant aphrodisiaque qui décuple les pulsions sexuelles. Evidemment, les hommes confinés dans une petite cage perdent très vite leurs moyens, d'autant plus que leurs ravissantes "ravisseuses" se baladent à poil à longueur de temps, exception faite des superbes "platform boots" argentées tendance "Sheila B-Devotion" qu'elles ne quittent jamais.
Bref, le "Blue Rita" est une entreprise parfaitement huilée, très bien organisée, et rien ne semble vouloir enrayer cette "belle mécanique". Jusqu'au jour où Rita apprend qu'un traître s'est infiltré au cabaret...

 

 

Assurément, "Blue Rita" a été tourné sous l'angle de la comédie, par un Jess Franco ici en grande forme, particulièrement inspiré derrière la caméra, avec un scénario abracadabrant, excessif et complètement jubilatoire. Nous sommes en 1977, et à l'époque le réalisateur collabore à plein temps avec Erwin C. Dietrich, riche producteur suisse-allemand pour qui il aura tourné dix-huit films entre 1975 et 1978, dont plusieurs W.I.P., ainsi que "Jack L'Eventreur", avec Klaus Kinski.
Dans "Blue Rita", on apprécie notamment le fait qu'il n'y ait pas de temps mort, les décors sont "kitsch", l'ambiance psychédélique, la musique orientée jazzy très agréable. Le casting féminin passe la majeure partie du film en tenue d'Eve, et ce dans la plus totale décontraction. Le repaire est farci de gadgets ringards, et l'on croise aussi bien des agents d'Interpol que des espions des pays de l'Est. Franco délire complètement, faisant d'Olivier Mathot (lui aussi à poil la majeure partie du temps) le membre d'une organisation secrète appelée "Imagerie Religieuse du Vatican". Tout cela pour finir enfermé dans un bordel parisien... Jess Franco n'oublie pas son côté iconoclaste.
Pas de Lina Romay au casting (cela fait du bien, car on l'a tellement vu par ailleurs qu'on a fini par être saturé). Mais on retrouve le duo Guy Delorme - Pamela Stanford qui figurait dans le très chiant "Lorna l'Exorciste". Là, par contre, on ne s'ennuie pas une seconde, et le réalisateur alterne avec bonheur les scènes d'extérieurs et en studio, les lumières crues (décors blancs) et colorées (architecture psychédélique).

 

 

Ce "Blue Rita" fait donc partie des tous meilleurs Jess Franco période Erwin Dietrich, et même la très sévère revue "Image et Son" n'avait pas (pour une fois) descendu le réalisateur à la sortie du film en France. Jacques Zimmer parlait d'un film "très rétro, qui nous ramène, avec ses espions en provenance de l'Est, son fétichisme du cuir noir, le surréalisme des dialogues, le hiératisme des modèles nus, le caractère totalement abscons du scénario quelque quinze années en arrière" (soit au début des années 1960, pour remettre dans le contexte).

Et c'est vrai que Franco nous ramène ici en pleine vague des films d'espionnage, sur un ton débridé, dans un cadre hautement érotique, ici tout à fait ludique. Pour preuve, dernier clin d'oeil du metteur en scène, lorsque le patron d'Interpol offre des vacances méritées aux Caraïbes à son agent féminin (je ne dirai pas qui...) après le succès de la mission, précisant qu'elle retrouvera sur place le meilleur agent d'Interpol, un certain... Bond James. Quel déconneur, ce Jess Franco !

 

 

Note : 7,5/10

Flint
 
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