Clinique de l'horreur, La
Titre original: Hellhole
Genre: Thriller , Women In Prison
Année: 1985
Pays d'origine: Etats-Unis
Réalisateur: Pierre De Moro
Casting:
Ray Sharkey, Judy Landers, Mary Woronov, Richard Cox, Edy Williams, Marjoe Gortner, Robert Z'Dar, Terry Moore...
 

Susan vit avec sa mère dans une maison. Un soir, un type s'introduit dans la demeure, à la recherche de documents. La fille, prenant sa douche à l'étage, n'entend pas la lutte opposant sa mère et l'intrus dans la cuisine. Et lorsque Susan descend enfin, elle assiste impuissante à la strangulation de sa génitrice par l'homme, vêtu de cuir noir des pieds à la tête. La jeune femme prend alors la fuite, se réfugie dans un immeuble en construction. Poursuivie par l'assassin, elle bascule dans le vide et fait une chute apparemment mortelle.

Mais Susan a survécu, et, souffrant d'amnésie, elle a été conduite dans une clinique spéciale dans laquelle on soigne exclusivement des femmes souffrant de troubles mentaux. L'établissement est tenu d'une main de fer par le Docteur Fletcher, une femme autoritaire qui se livre à des expériences secrètes dans un bâtiment apparemment condamné. Des travaux sur le cerveau humain, pour lesquels elle a besoin de cobayes, choisis parmi les patients les plus agités de la clinique. Pendant ce temps, le tueur s'introduit dans les lieux, craignant que le témoin gênant puisse retrouver la mémoire. Susan va ainsi être confrontée à un double danger. Pourra-t-elle s'en sortir ?

 


"La clinique de l'horreur" fait partie de ces bonnes surprises, dont on n'attendait pas grand-chose à la base, et qui s'avère en fin de compte particulièrement réjouissante. En effet, on a au départ un réalisateur parfaitement inconnu, responsable quelques années plus tôt de deux films obscurs par chez nous mais de facture classique, dont une comédie familiale ("Savannah Smiles") avec Peter Graves et Pat Morita. Qu'attendre alors de ce "Hellhole", d'autant plus que l'actrice principale, Judy Landers (soeur cadette d'Audrey, connue pour sa longue participation à "Dallas"), est à l'image de sa frangine un produit formaté pour les séries TV, dont "La Croisière s'amuse". Mais si le film commence comme un thriller sans surprise, avec un meurtre par strangulation, et la fuite de l'héroïne annonçant son accident et donc son amnésie, il va très vite déraper pour se transformer en pur film d'exploitation. Et le cadre alors presque unique de la clinique va servir de support à un sous-genre fort apprécié d'une partie d'entre nous : le WIP !

Oui, de la prison à un hôpital, il n'y a qu'un pas aisément facile à franchir. On remplace la matonne en chef par une directrice sadique aux penchants évidemment lesbiens, on lui attribue quelques gardiens bien musclés ayant le coup de matraque facile, et on parsème le tout d'une flopée de malades plus ou moins déséquilibrées mentalement, toutes de sexe féminin, d'âge variable, mais avec une forte majorité de jeunes patientes, néanmoins, et au physique plutôt avantageux. Tous les ingrédients du bon film de "femmes en prison" vont ainsi égrainer les 1H30 syndicales : douche collective, crêpage de chignons dans les douches en question, lesbiennes sniffant de la coke, de la colle etc… avant de se papouiller en bonne et due forme, bain de boue émoustillant ou encore séance de jacuzzi dans les quartiers privés de la directrice. Et puis, donc, le fameux "hellhole", situé sous une sorte de "salle des machines" d'un bâtiment annexe, comprenant des cellules obscures où sont enfermées les victimes des expériences du Dr Fletcher, ainsi que le laboratoire où sont pratiquées les dites expériences.

 


Fletcher est incarnée par la formidable Mary Woronov, ancienne gloire du cinéma d'exploitation, et dont le talent est proportionnel à la taille : 1,83 m et un regard inquiétant que l'on a pu admirer dans des oeuvres aussi diverses que "Silent night, bloody night", "Death Race 2000" ou encore "Super Angel", dans lequel elle composait un duo de charme et de choc avec la non moins troublante Marilyn Chambers. Mais "La clinique de l'horreur" réserve bien d'autres surprises au niveau du casting, pour qui aime le cinéma de genre. Marjoe Gortner, l'inoubliable Arkon de "Starcrash", compose un médecin complice de Fletcher; Robert Z'Dar, qui restera l'inoubliable Matt Cordell issu de la série des "Maniac", est ici un gardien tortionnaire; et la pulpeuse Edy Williams, ex égérie de Russ Meyer (dont elle fut la femme) et qui tourna dans "Beyond the Valley of the Dolls", fait partie des patientes de l'établissement. Impliquée dans quasiment toutes les scènes "chaudes" du film, le spectateur ne risque pas de louper la poitrine de cette actrice qui affola plus d'un mâle en son temps. Signalons aussi un sympathique caméo de Dyanne Thorne, pour une fois de l'autre côté de la barrière, puisque la célèbre Ilsa intègre cette fois les rangs des internées.

Mais s'il en est un qui vole la vedette à tout ce beau monde, c'est le fameux Silk (le tueur au foulard). Bad guy à la vie comme à l'écran, Ray Sharkey connut une existence très agitée. Condamné pour trafic de drogue, lui-même cocaïnomane, héroïnomane, l'acteur mourut du SIDA à 41 ans. Dans "La clinique de l'horreur", il fait un véritable festival, à tous points de vue : une coiffure improbable (au début du film), une tenue cuir sortie tout droit d'un club gay tendance Village Popaul, un talent naturel pour tuer ses victimes tout en poussant la chansonnette, quelques répliques croustillantes, et un air incroyablement détaché en toutes circonstances. Pour un peu, on en vient à douter que Judy Landers est le véritable personnage central du film. D'ailleurs, étant donné qu'elle n'est compromise dans aucune des scènes trash ou sexy qui émaillent le film, on se rend compte finalement que sa présence à l'écran n'est pas si flagrante que cela. Ce qui n'est pas plus mal car, malgré son joli minois (et une belle plastique, d'ailleurs elle fera la couverture de Playboy en 1983 avec sa soeur), on peut reconnaître que ses talents d'actrice sont plutôt limités.

 


Et c'est d'ailleurs l'un des atouts de ce film, en apparence thriller conventionnel tel que la télévision en produisit à la pelle, et en réalité oeuvre déviante au scénario accumulant les incohérences à notre plus grande joie. Il règne dans cette clinique un chaos indescriptible, on y rentre comme dans un moulin, sans que cela choque qui que ce soit. Silk l'assassin se fait passer pour un aide-soignant, ses motivations (la fameuse recherche de documents) restent nébuleuses jusqu'à la fin; les expériences de Fletcher transforment les malades (quand ils ne meurent pas) en zombies; et la drogue circule en toute liberté dans l'établissement, sans oublier la présence d'un équipement de thalassothérapie (les bains de boue) assez fantaisiste dans un asile psychiatrique. L'un des scénaristes, caché sous le pseudonyme risible de Vincent Mongol, n'est autre qu'Aaron Butler, qui avait travaillé deux ans auparavant sur le "Chained Heat" de Paul Nicholas. Du coup, on comprend mieux la tournure que prend le film; et des rumeurs (difficiles à vérifier) prétendent aussi que le film aurait été achevé par Tom De Simone, le réalisateur de "Hell Night" et "Reform School Girls". Enfin, au rang des anecdotes, on peut ajouter que le rôle du Docteur Fletcher était initialement dévolu à Britt Ekland.

Avec ce mélange détonnant de "sexploitation" allié au thème du savant fou, "La clinique de l'horreur" est donc un spectacle distrayant dont on peut regretter qu'il soit toujours inédit en DVD, pas seulement en France, mais dans le monde entier. Distribué chez nous en VHS chez Delta, puis commercialisé en laserdisc aux Etats-Unis, voilà encore un film qui mériterait un peu plus de reconnaissance, et qui ne dépareillerait pas, loin s'en faut, à côté d'un "Chained Heat" ou d'un "Red Heat".

 


Note : 7,5/10

 
Flint
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