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Écrit par Mallox   

Dog Mode est un court-métrage réalisé par Alec Aparicio & Baptiste Marais, lesquels s'attèlent déjà, au moment où ces modestes lignes de scribouillard sont écrites, à un nouveau court : un drame fantastique.

 

N'hésitez pas, si l'occasion se présente, d'aller visiter ce Dog Mode ! En attendant, en voici un petit compte-rendu...



Dog Mode - 2018

Origine : France
Genre : Crime et châtiment

Réalisé par Alec Aparicio & Baptiste Marais
Avec Sébastien Bordes, Olivier Rostain, Mehdi Romera, Aurélien Porcher, Alexandre Bidard, Thibault Descloitres, Audrey Rouat, Vincent Ihuel, Cédric Dumont, Julie Oncina...

Maquillage : Glam Geek MUA

 


 

Voici une petite production Coma K.O. où d'entrée de jeu on pénètre dans une pure chambre de célibataire : en témoigne les deux revues de femmes à poil laissées sur le lit, une clope écrasée à même le sol, avant que la caméra se tourne vers ce qui semble être notre héros annoncé, un dormeur qui n'a pas vocation à se raser. D'ailleurs, pourquoi le ferait-il ? Le type se lève enfin, s'étire... on croit sentir, outre l'odeur du tabac froid, celle du sperme et de la sueur.

Le reste est placé sous le signe du "Crime et châtiment" et il est question de deux lascars qui enlèvent des femmes, les séquestrent et en font des objets de violence. Des sortes de locations à tout faire. Le plus souvent pour des bandes peu recommandables. Le problème, finalement, c'est lorsqu'un des deux s'attache à l'une d'elle et s'enfuie avec. Dès lors, si l'argent a déjà été versé, sans compter le contrat passé, même tacite, il risque d'être demandé plus que des comptes.

 

 

Dog Mode est donc une toute petite production, bénéficiant par conséquent d'un budget on ne peut plus modeste. Il ne pâtit pourtant pas tant que cela de son manque en amont et l'on y trouve une véritable volonté de peaufiner. À ce sujet, les décors en extérieurs sont vraiment utilisés à bon escient et, outre l'aspect retranché loin de la ville de nos deux personnages (y aller semble être un événement !), le soin apporté pour les capter témoigne même d'un véritable intérêt, voire d'amour, pour la virginité des paysages. Gratuit, pas gratuit ? Hasard ou coïncidence, c'est pourtant le contrepied de cette tragédie qu'elle tend à illustrer dans Dog Mode.

En parlant de peaufinage, les maquillages signé Glam Geek MUA sont réussis, le générique de début, dû à Bruno Campoy (Kanibal Osmoz), également, quant à la direction artistique, malgré les limites de la production, elle se tient. Le paradoxe -qui n'en est pas un- est l'évolution des protagonistes dans un univers à la fois sain (la ruralité vue comme un refuge, une planque, le dernier bastion d'un monde en déliquescence) et la présence régulière dans des concerts underground lugubres, de groupes de deathcore ou de death metal, à tendance parfois indus (STATORDEVA/SUBCONSCIENT/ANTO/Br-202), lesquels finissent de sceller les exactions elles-mêmes underground des antihéros et de ce Dog Mode réalisé par un chien (fou) à deux têtes (Alec Aparicio & Baptiste Marais). Un "underground" renforcé alors par une photographie en noir & blanc.

 


 

Afin de rester autant que possible honnête et sincère, les petits bémols se trouvent dans quelques affèteries de cadrages. Ainsi deux ou trois contre-plongées paraissent dispensables car elles détonnent avec l'aspect alternant le "sur le vif", la sècheresse temporelle (Dog Mode segmente ses scènes par l'insert du jour et de l'heure), mais aussi avec l’outrance récurrentes des couleurs en intérieurs (bienvenues quant à elles).

Mais ce qui étonne le plus dans ce "Crime et châtiment", c'est, outre d'aborder de front (242) des sujets du moment (la violence faite aux femmes, ces ustensiles si utiles pour un sujet à la mode clébards), de révéler un acteur étonnant. Le personnage principal, Sébastien Bordes possède un charisme certain, ce qui, certes, n'en fait pas forcément un acteur de talent mais... mais celui-ci se montre si naturel et crédible qu'il contribue fortement à faire emporter le morceau pour un projet qui s'annonçait casse-gueule. Sa prestation, finalement d'une belle sobriété, fait beaucoup pour l'adhésion du spectateur lambda que je suis et qui n'avait aucune idée avant vision dans quoi il mettait les pieds.

Si Dog Mode ne met pas véritablement K.O. ni ne plonge dans le coma (encore heureux parce que, là, on aurait droit d’envoyer un chien de notre chienne à la prod !), force est de constater qu'il ne laisse pas indifférent.

 


 

 

* Sur facebook : https://www.facebook.com/MaraisBaptiste/



# Quelques captures supplémentaires :