[M] [Critique] Blue Eyes of the Broken Doll

 
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flint
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MessagePosté le: Ven Avr 18, 2008 9:37 am    Sujet du message: [M] [Critique] Blue Eyes of the Broken Doll Répondre en citant



Blue Eyes of the Broken Doll – 1973
(Los ojos azules de la muneca rota)

Origine : Espagne
Genre : Giallo

Réalisé par Carlos Aured
Avec Paul Naschy (Jacinto Molina), Diana Lorys, Eva Leon, Maria Perschy, Ines Morales, Eduardo Calvo, Antonio Pica, Pilar Bardem

Autres titres : House of Doom/House of Psychotic Women


Alain Dupreil (Paul Naschy) est sorti récemment de prison, après avoir purgé une peine de dix ans pour viol, et manqué de peu d’étrangler sa victime. De retour à la vie civile, il a dû changer d’identité, s’appelant désormais Gilles, et mène une vie de nomade. Un exil que lui impose sa condition d’ex-taulard, sans tenir compte des cauchemars récurrents dans lesquels il revit la scène qui a modifié à jamais son existence.





Après avoir fait de l’auto-stop, Gilles fait halte dans une bourgade située dans le nord de la France. Il fait la connaissance de Claude (Diana Lorys) qui lui propose un job d’homme à tout faire dans la maison qu’elle occupe avec ses deux sœurs. L’une s’appelle Nicole (Eva Leon), c’est la cadette et elle a en permanence le feu aux fesses. L’autre, c’est Ivette (Maria Perschy), clouée dans un fauteuil roulant suite à un traumatisme causé par l’homme qu’elle aimait, et qui l’a plaqué un beau jour. Claude souffre aussi d’un handicap : un bras et une main brûlés à cause d’un accident dont elle se refuse à parler, et qui l’oblige à porter une prothèse. Dans cette vaste demeure, Gilles va donc partager la vie de ces trois femmes présentant chacune des troubles : paranoïa, complexe d’infériorité et nymphomanie. Un trio qui se transforme dès le lendemain en quatuor, avec l’arrivée d’une nouvelle infirmière, Michelle (Ines Morales), remplaçant au pied levé une collègue qui avait été choisie par le médecin des sœurs Roulais, le docteur Laboud (Eduardo Calvo). Michelle, également, semble vouloir cacher un malaise ; ce qui ne l’empêche pas de prendre ses nouvelles fonctions du mieux possible, malgré l’inquiétude d’Ivette, certaine que la nouvelle infirmière va vouloir l’empoisonner.
Dans cette ambiance particulière, Gilles semble s’adapter, et s’accommode fort bien du rentre-dedans que lui fait Nicole. Cependant, il est très attiré par Claude, mais cette dernière est persuadée que sa prothèse lui interdit toute forme de bonheur.
Le climat ne va pas tarder à empirer, lorsqu’une succession de meurtres s’abat dans les environs. Les victimes sont toutes de jeunes femmes blondes aux yeux bleus, qui, après avoir été tuées, ont été énucléées.





Carlos Aured nous a quittés en février dernier, avec une filmographie relativement faible en qualité et en quantité. « Blue Eyes of the Broken Doll » compte parmi ses réussites, même si ce n’est pas un chef-d’œuvre, tout comme « L’Empreinte de Dracula » et « Horror rises from the Tomb », réalisés la même année, et avec toujours Paul Naschy en tête de la distribution.
Au crédit du réalisateur, on peut lui reconnaître un talent certain pour créer une ambiance de huis-clos, comme c’est le cas ici, avec pour cadre cette immense demeure aux allures parfois sinistres et qui fut exploitée en plusieurs occasions par les cinéastes espagnols de l’époque (notamment dans « Escalofrio », de Carlos Puerto). Pour le reste, Aured s’inspire naturellement de ses confrères italiens, dont Dario Argento, à qui il emprunte la comptine enfantine annonçant que le tueur va frapper. Dans « Blue Eyes of the Broken Doll », il s’agit de « Frère Jacques », d’abord chanté par la première victime, et qui va ensuite revenir de manière récurrente jusqu’à la fin du film, remanié pour former un air dissonant et inquiétant à souhait. La structure narrative du film est intéressante, Carlos Aured prenant le temps de bien s’attarder sur la psychologie des personnages principaux, et de faire augmenter la tension au sein de cette maison isolée. Le premier meurtre n’intervient qu’au milieu du film, et c’est également à peu près dans cette partie du métrage que l’on peut deviner assez facilement qui est l’assassin. Néanmoins, l’habileté du réalisateur est telle qu’il parvient néanmoins à nous surprendre dans la séquence finale. Le dernier quart d’heure réserve d’ailleurs d’autres surprises, dont une qui n’était pas monnaie courante dans bon nombre des productions de l’époque.





Par contre, la reconstitution du nord de la France est parfaitement farfelue, depuis le nom des villages (Algiers) jusqu’à la géographie des lieux. On notera avec amusement les efforts pour nous donner l’impression que l’on est véritablement en France, lorsque Claude lit « Le Défi Américain » de Jean-Jacques Servan Schreiber ; et dans le café du coin, où l’on peut apercevoir quelques couvertures de magazines bien de chez nous, parmi lesquels un « Salut les Copains » avec Stone et Charden en couverture. Mais, pour folklorique que soit le cadre de l’action, il n’en reste pas moins sympathique. Les décors naturels espagnols sont magnifiques, et apportent un contrepoint idéal par rapport à l’atmosphère de claustrophobie se dégageant de la demeure.
Et puis, Paul Naschy est une fois de plus très bien entouré dans ce giallo, avec des actrices familières qu’il aura rencontré en d’autres occasions : Maria Perschy (« Le Bossu de la Morgue », « Exorcism »), Eva Leon (« Inquisition », « El Caminante ») et Ines Morales (« L’Empreinte de Dracula »). Seule Diana Lorys n’aura pas tourné plusieurs fois avec l’ex-haltérophile. Mais on a pu la voir derrière la caméra de Jess Franco (« L’Horrible Docteur Orloff », « Les Cauchemars naissent la Nuit ») et d’Amando de Ossorio (« Malenka »). A noter que Pilar Bardem, qui joue la patronne du bar, est la mère de Javier Bardem.
On retiendra, dans « Blue Eyes of the Broken Doll », les compositions remarquables d’Eva Leon en rousse incendiaire, dont les poses damneraient un saint, et l’interprétation tout en finesse de Diana Lorys, dans ce rôle de femme en souffrance, qui a envie d’aimer, mais dont la frustration engendrée par son accident reste la plus forte.
Sans être foncièrement original, « Blue Eyes of the Broken Doll » est un thriller de bonne facture, avec une pointe d’érotisme, et quelques meurtres graphiques bienvenus même si tardifs. Plus deux surprises plutôt inattendues, qui permettent de rester sur une bonne impression.

note : 7,5/10
accroche : Frère Jacques t’envoie au ciel


















Dernière édition par flint le Mer Mai 14, 2008 8:10 am; édité 1 fois
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Bastien
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MessagePosté le: Ven Avr 18, 2008 11:33 am    Sujet du message: De l'archi inédit comme critique ! Répondre en citant

Bravo pour avoir mis la main sur un film invisible et introuvable dans notre pays !

Ta critique est solide et elle donne envoie d'en connaitre plus.
L'iconographie demeure en outre excellente, du solide travail.
Je me méfie quand même des films de Paul Naschy car je n'aime aucun de ses films (mais lui m'est sympathique !). Son giallo était pataud et ne m'a pas convaincu (red killer).

Mais encore bravo !
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flint
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MessagePosté le: Ven Avr 18, 2008 11:52 am    Sujet du message: Re: De l'archi inédit comme critique ! Répondre en citant

Bastien a écrit:
Bravo pour avoir mis la main sur un film invisible et introuvable dans notre pays !




Tu peux quand même trouver ton bonheur, niveau imports, auprès de Sin'Art (association à but non lucratif demandant d'être abonné pour pouvoir commander) :

http://www.sinart.asso.fr/index.php?recherche=Charles%20Aured

"Blue Eyes of the Broken Doll" vient juste de sortir chez BCI/Deimos, qui a à son catalogue bon nombre de Paul Naschy (pataud, certes, mais foncièrement sympathique ).


A propos de la fameuse maison du film :


"Blue Eyes of the Broken Doll"



"Escalofrio"

Cette demeure, que je n'ai pas situé géographiquement, a servi dans plusieurs productions ibériques. "Escalofrio" est un exemple parmi d'autres.


Sinon, une petite capture du café du coin :



Eh oui, Stone et Charden en couv' de "Salut les Copains", plus Mireille Mathieu fêtant ses 25 ans ! ico_mrgreen
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Valor
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MessagePosté le: Ven Avr 18, 2008 12:07 pm    Sujet du message: Répondre en citant

Bienvenue chez les Ch'tis !

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mallox
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MessagePosté le: Ven Avr 18, 2008 12:29 pm    Sujet du message: Répondre en citant

Oui, ça a été une bonne surprise pour moi aussi. Les variations sur le thème du "Frère jaques" fonctionnent bien, et la composition toute en testosterone de Nachy est efficace. Le personnage m'a souvent fait penser à Joe Dallesandro dans Vacanze per un massacro de Di Leo tourné quelques années plus tard et avec lequel le film n'entretient que pourtant peu de rapports.
Les twists finals sont agréables bien qu'un d'entre eux soient vraiment tiré par les yeux, notamment ce plan final avec les vers. les actrices sont convaincantes et bien jolies. Petit hic, à la demi-heure, je trouve qu'on s'y ennuie un peu, mais ça repart pas trop longtemps après. Pas difficile de trouver l'assassin, quoique même lorsqu'on a la solution, il reste dur de l'avaler. Mais bon le film demeure à peu près toujours à flot et les variations de "frère jacques" comme le reste de la compo de Juan Carlos Calderon (La Rebelión de las muertas) sont bien inspirés.
Je me doutais que tu photographierais bien le présentoir dans le bar/librairie, balancé il est vrai en gros plan par Aured, des fois qu'on ne saurait pas qu'on est en France. (Et chez des Ch'tis qui parlent le bon Catalan ou l'Anglais selon la langue choisie dans le menu ).

Edit : Bonjour au Ch'ti Valor. Nos posts se sont croisés.
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Kidam
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MessagePosté le: Sam Avr 19, 2008 9:26 am    Sujet du message: Répondre en citant

Quel est ce match de rugby qui fait le gros titre du journal l'équipe de l'époque? (Perpignan?) Bon et bien c'est globalement tentant tout ça. Des Catalans du Nord, je demande à voir. Le reste aussi.
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flint
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MessagePosté le: Sam Avr 19, 2008 5:28 pm    Sujet du message: Répondre en citant

La maison n'est en tous cas pas dans le nord de la France, mais elle se trouvait (elle aurait été détruite) à une trentaine de kilomètres de Madrid.


"Human Beasts"

Renseignement récolté sur le livret accompagnant le DVD.
(et critique du film d'ici peu)
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