[M] [Critique] Nue pour l'assassin - 1975

 
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Pierre
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MessagePosté le: Ven Fév 10, 2012 11:55 pm    Sujet du message: [M] [Critique] Nue pour l'assassin - 1975 Répondre en citant

Je n'ai pas trouvé de sujet sur ce film (peut-être ai-je mal cherché), du coup je me lance. Toutes mes excuses si ce n'est pas très propre. J'attends vos remarques pour rendre la critique plus conforme aux usages du lieu.




Nue pour l'assassin

Titre original : Nude per l'assassino

Pays d'origine : Italie

Genre : Giallo vulgos décomplexé

Année : 1975

Réalisé par Andrea Bianchi

Casting : Edwige Fenech, Nino Castelnuovo, Femi Benussi, Solvi Stubing, Franco Diogene...


Scénario : Massimo Felissati
Musique : Berto Pisano

Autre titre : Strip Nude for Your Killer

Si le racolage du micheton est aujourd’hui un crime puni par la loi, le racolage du spectateur a toujours été (et continue) d’être vivement encouragé par l’industrie cinématographique. Elle nous dit : vous voulez du cul, du sang, du suspense, de la violence, oui ? Alors ce film est pour vous ! Les proxénètes qui ont mis les gialli sur le trottoir ne nous disent pas autre chose. C’est qu’ils sont dotés d’une pénétrante connaissance de l’âme humaine, notamment de son caractère faible et vil. Cependant, pour filer une nouvelle métaphore, du dosage savant des ingrédients de ce grisant cocktail, dépendra la qualité finale du breuvage et, si tout ce qui sort du shaker n’est pas toujours buvable peu importe, pourvu qu’on ait l’ivresse ! Avec Nue pour l’assassin, Andrea Bianchi nous livre-là un giallo de bonne facture, mais où il a méchamment forcé sur la vulgarité, l’aspergeant généreusement de sexe et d’une cuillerée de sauce gore.

Milan, milieu des années soixante-dix. Un avortement clandestin tourne en eau de boudin : la fille meurt. Peu après, le médecin qui a pratiqué l’opération est tué par un individu vêtu et casqué de noir. Changement de décor : Carlo, le bellâtre de service, photographe de mode (Nino Castelnuovo), lève Lucia (Femi Benussi) une superbe créature, pendant sa séance hebdomadaire de glandage à la piscine. Lui faisant miroiter une carrière de modèle (« Harper Bazar, Vogue, Elle… Je travaille pour eux » lui assure-t-il avec aplomb), il l’amène donc au studio où il pointe. Son nouveau béguin a illico le don d’irriter sévèrement sa collègue Magda (incarnée par la douce et sensuelle Edwige Fenech) qui, on se demande bien pourquoi, en pince secrètement pour lui. Cependant, il se pourrait bien que l’assassin rôde autour du studio, et ne tarde pas à refaire parler de lui…



Si les raisons qui nous poussent à voir un film ne sont pas dénuées d’arrière-pensées plus ou moins coupables, celles qui nous font finalement l’apprécier n’en sont pas moins difficiles à cerner. Pourquoi tel film fonctionne et pas tel autre ? Sans doute parce qu’il se conforme à une certaine idée d’un genre qu’on apprécie (ici le giallo) et par une capacité à saisir quelque chose de l’air du temps (les fantastiques années soixante-dix). Aussi avons-nous ici un giallo qui s’annonce fidèle aux canons du genre dès sa scène d’ouverture : une ballade nocturne en bagnole filmée en caméra subjective, slalomant sous les lueurs photogéniques des néons d’une métropole inquiétante, en proie au consumérisme et au vice.



La suite confirme cette impression de pureté quasi académique : on a bien l’assassin ganté de noir de la page un du cahier des charges, dont la venue est invariablement annoncée par un gimmick sonore et qui opère avec la régularité d’un coucou suisse, nous trucidant à l’arme blanche son lot de victimes hurlantes. Pour ce qui est du contexte, on est en terrain connu, évoluant dans le milieu branché de la photo de mode où les filles sont jolies et peu farouches, les intérieurs chics, et le whisky qu’on vous verse sort d’une inévitable bouteille de J&B.



Quant au fil de l’intrigue, il est remonté par un couple d’enquêteurs amateurs aux mœurs plutôt libres, et la résolution du suspense usera d’un truc éprouvé rappelant autant l’excellent Mais qu’avez-vous fait à Solange que le mauvais Tueur à l’orchidée. Sinon, le montage est dynamique ; visuellement, c’est plutôt bien fait mais sans recherche esthétique à la Martino, et la musique alterne une sorte de soupe funk de discothèque pas folichonne avec de la musique d’ascenseur. Mais alors direz-vous, quel intérêt à tout ça ?

On est en 1975, la censure à la traîne de l’évolution des mœurs s’est enfin libéralisée, et quand on jette un œil dans le rétro, les audaces de Madame Wardh paraissent déjà bien frileuses au regard de ce que nous propose cet opus. En effet, le film n’hésite ni dans la surenchère de chairs dénudées, ni dans la bidoche sanguinolente, et en s’ouvrant sur une séance d’obstétrique malsaine à souhait, le ton est donné.



Changeant bizarrement de registre mais toujours dans le graveleux, le film verse par moment dans un grotesque inattendu. Ainsi, cette séquence où un obèse impuissant, affligé d’une épouse lesbienne pas commode venant d’essuyer un fiasco mémorable, s’en remet aux bons services de sa poupée gonflable (l’assassin, intraitable, ne lui laissera pas le temps). Grâce au talent du comédien (Franco Diogene), la scène est à la fois cocasse et pathétique. De même, le duo formé par Carlo et Magda relève davantage de la comédie que de la romance glamour, s’envoyant des répliques au ras des pâquerettes pas piquées des vers.

Mais la surprise du film, c’est ce morceau d’anthologie revenant à Femi Benussi qui, n’en déplaise aux aficionados, éclipse ici totalement la belle Edwige durant la première demi-heure. Une scène mémorable : silhouette gracieuse, elle déambule dans un harmonieux balancement des hanches au bord de la piscine dans un bikini sexy, perchée sur des sabots à talons hauts, avec l’agilité consommée d’une starlette, aimantant sur ses courbes divines une vague ébahie de regards lubriques. Dans un long travelling, la pin-up, poursuivie par l’assidu Carlo (affublé d’un slip de bain à carreaux très bath), paparazzi priapique qui la mitraille allègrement, résiste avec indifférence aux assauts de l’importun, et son visage de poupée étonnée (en chair et en os celle-là) est admirablement photographié (on parle du chef op’, pas de Carlo), soulignant son ondulation auburn, et le rayonnement de ses yeux gris-vert dans la lumière de l’après-midi finissant.



Voilà au moins qui suffirait à la vision d’un tel film. Et le grand tort du scénario sera de faire disparaître trop tôt son plus bel ornement.



Se retrouvant seule la nuit dans une villa après une croquignolesque ébauche de scène sado-maso saphique, Femi en costume d’Eve, terrorisée, traquée, finit trucidée (à cet égard, la révélation du mobile de l’assassin fera ressortir in fine le caractère purement gratuit de ce sanglant homicide), recentrant légitimement l’intérêt du spectateur mâle sur Edwige Fenech.



Oui, parce qu’il y a Edwige, qui paraît ici comme une fleur éclose sur un tas de fumier. Avec ses cheveux coupés courts (on aimera… ou pas), elle s’affiche moins sophistiquée et moins éthérée qu’à l’accoutumée. Dépouillée de son aura mystérieuse, c’est une jeune fille prosaïque, sans problèmes, discourant au saut du lit sur le caractère approprié ou non d’ajouter du lait dans le café… Sa prestation, quoique sympathique, ne laissera pas un souvenir impérissable.

Paradoxalement, l’intérêt revient davantage à son comparse Carlo, grâce à la composition savoureuse et décomplexée de Nino Castelnuovo, ex-jeune premier chantant des "Parapluies de Cherbourg", devenu ici un macho empâté au rictus berlusconien.



Mais que lui trouvent-elles donc ? C’est un gougnafier patenté (ainsi, sa remarque désobligeante à Lucia dont il voudrait supprimer la convexité praxitelienne de son hypogastre), violent avec les femmes (il faut voir cette étrange scène où, en proie à la colère, il étrangle littéralement Edwige Fenech) et se complaisant dans des rapports sexuels plus ou moins forcés. Ouvertement vulgaire, ce personnage tranche radicalement avec les fadasses et présentables Georges Hilton ou Luc Merenda et se met au diapason du propos du réalisateur. Le cynisme assumé et l’ambiguïté morale du héros nous sont confirmés dans une ultime scène au lit, drôlement culottée, qui restera… dans les annales, et que ni la convenance, ni le souci de ne pas dévoiler un élément clé de l’intrigue ne nous permettent de raconter ici. Et sur cette trouvaille, rideau, générique de fin ! Fallait oser, tout de même.

En conclusion, Nue pour l’assassin exploite un filon déjà bien épuisé, proposant une énième variation sur un genre ultra-codé. En exploitant au maximum les opportunités offertes par le climat de liberté de son époque, il s’avère un film hybride, paradoxalement racoleur et sympathique. À réserver toutefois à un public connaisseur, indulgent et amateur de jolies actrices.

6,5/10
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flint
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MessagePosté le: Sam Fév 11, 2012 8:25 am    Sujet du message: Répondre en citant

Bravo Pierre pour cette première critique fort réussie et qui résume très bien l'esprit de ce giallo "déviant". Tu ne t'étais pas trompé, "Nue pour l'assassin" n'avait pas encore de chronique. Personnellement, c'est plus le temps que l'envie qui m'avait manqué, car j'aime bien ce film malgré ses défauts. D'accord pour le fait, aussi, que Femi Benussi y est bien plus bandante qu'Edwige Fenech, ce qui n'est pas un mince exploit. Les deux scènes de Femi, au bord de la piscine, et dans l'appartement avant sa mise à mort, sont anthologiques.
"Nue pour l'assassin", de par l'époque où il a été tourné, et son côté "putassier" assumé (pas étonnant de la part de Bianchi), annonce les futurs gialli qui iront encore plus loin dans le "crade", comme "La sorella di Ursula" (1978), "Giallo a Venezia" (1979) et "Play Motel" (1979).

Voilà, excepté le fait que j'ai bloqué sur la "convexité praxitélienne de son hypogastre" :sourire: , la lecture fut très agréable. Je rajoute deux affiches pour habiller la prochaine mise en ligne. :clin:



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sigtuna
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MessagePosté le: Sam Fév 11, 2012 9:30 am    Sujet du message: Répondre en citant

flint a écrit:
"Nue pour l'assassin", de par l'époque où il a été tourné, et son côté "putassier"

Putassier c'est exactement ce que j'en pense, un giallo bâtard mâtiné de sexy comedy (grand numéro de Diogene en obsédé sexuel impuissant qui sauve en grande partie un film pas terrible terrible) qui annonce clairement le déclin d'un genre.

Sinon bonne première critique Pierre, même si trop insistant sur Femi Bennussi (qui certes nous offre une full frontal nudity, mais qui a quand même un rôle mineur et dont la beauté entamait elle aussi son déclin).
Au niveau de la structure je mettrai le résumé du début du film au début de la critique, et certain passage sont peut être un peu trop généraliste.
Sinon la balade en voiture pendant le générique et la bouteille de J&B ça m’évoque plutôt le Poliziesco. :clin:
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mallox
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MessagePosté le: Sam Fév 11, 2012 10:34 am    Sujet du message: Répondre en citant

Pas que polizeisco ni que le cinoche transalpin pour je J&B, ça pullule dans tout cinoche des années 70, début 80 :



Sinon, grosse fumisterie pour ma part dans laquelle la soit disante vulgarité "décomplexée" (pour moi la vulgarité est toujours décomplexée, mais bon Pierre, t'inquiète, je pinaille :clin:) tient avant tout d'un manque de point de vue total et du pur racolage faute de savoir faire autre chose et surtout par manque de talent et de personnalité.
C'est tout de même triste qu'un thriller n'ait aucun moment de tension et qu'on doive se rabattre sur un étalage, sans queue ( :sourire: ) ni tête, d'érotisme cru balancé au final de façon rébarbative. Ajouté à cela un humour de bas étage pour un film dont au bout d'un moment, on n'attend même plus les meurtres tant il s'égare dans un no man's land que même son réalisateur ne maîtrise pas. Et comme si Bianchi n'en n'avait que cure de ce qu'il tournait, y aucun policier présent (on croit rêver ! :sourire: ), le coupable, ben, c'est un peu au p'tit bonheur la chance que les scénaristes semblent l'avoir choisi. Pour moi, c'est pas un film d'un mec qui aime ce qu'il fait. Autant j'apprécie les artisans avec tous les défauts qu'ils peuvent avoir, autant je trouve que celui-ci est l'oeuvre d'un type qui se désintéresse de ce qu'il tourne.

Pas pour redire la même chose que j'avais mise dans la télé du soir, surtout que les micros, perches, etc. sont légions au cinéma, et pas que dans le cinoche fauché, loin de là, mais voir, à plusieurs reprises toute l'équipe du film défiler dans un miroir, atteste selon moi de gens pressés de plier leur matos et de rentrer chez eux. Et moi, ben, si je sens pas qu'un film a été fait avec un tant soit peu d'amour ou d'intérêt, ben, je l'aime pas... je vois pas pourquoi je m'y intéresserais davantage que celui qui l'a tourné, faut pas déconner. frank_PDT_10



Ceci étant, je respecte ton avis et je trouve ta critique vraiment pas mal du tout, et perso, je trouve les paragraphes sur Femi Benussi et Edwige Fenech plutôt pertinents. Je trouve aussi, malgré que, comme le dit si bien Sigtuna, elle ait un rôle mineur, ben, au final, c'est elle que je retiens du film. Et je dirais même que ce film ne vaut au final que pour elle (et accessoirement Castelnuevo qui se tire de ce merdier honorablement).

Bref, merci Pierre pour ce très sympathique papier. :clin:
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Throma
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MessagePosté le: Sam Fév 11, 2012 2:08 pm    Sujet du message: Répondre en citant

Un premier papier prometteur sinon pareil que mallox. Film ridicule et bien médiocre pourtant c'est pas faute de lui avoir redonné sa chance au moins 3 fois.
Constat sans appel : dans tous les cas, avance rapide et natalie baye.
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Pierre
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MessagePosté le: Lun Fév 13, 2012 9:45 pm    Sujet du message: Répondre en citant

Merci (avec retard) pour vos commentaires encourageants et bienveillants !

C’est vrai Nue pour l’assassin n’est franchement pas un chef d’œuvre mais, débarquant aujourd’hui sur un forum qui a exploré depuis quelques années quasi systématiquement les plus grands films du cinéma bis, il était normal qu’il ne me reste que les rogatons. J’ai fait avec ce qui restait à se mettre sous la dent et n’importe comment, ça me démangeait de me frotter à la rédaction d’une critique de film, chose que je n’avais jamais fait jusqu’à présent (et je dois reconnaître que c’est pas facile). Je tire mon chapeau au passage à tous ceux qui ont contribué à créer cette base de référence sur quantité de films souvent sous-estimés, méprisés ou ignorés.

D’une manière générale il me semble que le visionnage de productions de basse qualité est toujours nécessaire, au moins pour sa culture du sujet mais aussi parce que ça nous donne une échelle de valeur et c’est ainsi, par comparaison, que certains autres films nous paraissent si bons. Et je crois que c’est particulier au cinéma de genre que de pouvoir trouver du plaisir dans la vision de films qui ne sont objectivement pas bons au regard des critères du cinéma "standard" ou plus encore, du film d’auteur. Là, quand ça plante il n’y a la plupart du temps rien à sauver, plus rien à dire : pour tout un tas de raisons (incompétence, excès d’ambition…) le type est passé à côté de son sujet (c’est un jugement général, je n’ai pas d’exemple sous la main). Ici c’est différent : le cinéma de genre invite à l’indulgence et les qualités formelles qui permettent habituellement de reconnaître un bon film ne sont pas toujours essentielles.

Ce que j’essaie de dire c’est que dans tous les cas, on a affaire à des produits de consommation répondant aux exigences d’un système économique imposant des contraintes budgétaires, contraintes dans le choix des sujets, imposant un formatage tendant à la restriction de la marge de manœuvre créatrice. C’est pour ça que je parlais d’un plaisir coupable pour l’amateur. Normalement on ne devrait pas aimer ces films autant qu’on les aime, il faut voir comme les auteurs interrogés aujourd’hui sont étonnés de l’intérêt qu’on leur prête et des qualités qu’on leur trouve. Et s’il y a eu des esthètes et d’incontestables réussites artistiques, ce n’était pas l’intention initiale, mais un "bel accident". Par exemple dans le giallo il n’y a aucune nécessité ni narrative ni artistique à ce que les actrices soient filmées prenant leur douches, c’était juste un moyen hypocrite de placer de la fesse en flattant le voyeurisme du spectateur, et pourtant c’est un poncif que pour ma part, je regretterais de ne pas retrouver : au début dans Miss Wardh les motifs psychédéliques des carreaux de la salle de bain créés une ambiance vraiment bizarre et fascinante. Mais c'est peut-être pas fait exprès.

En fait, chacun en voyant un film de genre a en tête un film-type, idéal, qu’il s’est formé en fonction de sa sensibilité propre et de tous les films qu’il a vu dans ce genre. On mesure ainsi chaque nouveau film en fonction de cette image mentale (qui n’est d’ailleurs pas figée, qui s’enrichit au fil du temps). Et même si c’est manifestement filmé par-dessus la jambe par un tâcheron, j’ai malgré tout aimé voir Nue pour l’assassin. Pour moi le fait de retrouver intacts dans un film les lieux communs du genre et de voir comment ils sont traités (en l’occurrence ici mal traités), fait partie indéniablement du plaisir (mais je dois être pervers !). Les films giallo sont par essence putassiers, en mélangeant ce qui plaisait le plus au public de l’époque dans les autres genres mais, alors qu’ils avaient au début un côté sulfureux, ils ont perdu peu à peu leur sens avec la fin de la censure (quand je parlais de "vulgarité décomplexée", c’était pour dire que tout prétexte même fallacieux, avait ici disparu), et chaque élément est rentré logiquement au bercail. Nue pour l’assassin est absurde dans sa débauche de nudités mais c’est pour ça que je le trouve amusant, parce que c’est tout de même un giallo. C’est d’ailleurs intéressant que les frissons de l’angoisse, l’un des derniers, et à juste titre plus réputés du genre, soit sorti la même année, et qu’il n’exploite quant à lui pas du tout le filon du sexe (je veux dire par-là des femmes nues à l’écran), ce qui est tout à son honneur.

Sinon, vous avez raison, je me suis sans doute emballé sur Femi Benussi, c’est une autre manifestation de ces plaisirs parallèles à l’analyse purement objective du film, mais que l’amateur ne peut snober sous peine passer pour indifférent.

(désolé, j'espère n'avoir pas été trop verbeux. J'essaierai d'être plus concis la prochaine fois !)
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Camif
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MessagePosté le: Mar Fév 14, 2012 7:11 pm    Sujet du message: Répondre en citant

Belle critique effectivement. J'aime bien ce "giallo" en ce qui me concerne. Normal, vu que j'aime le vulgaire et le putassier. Comme le dit Flint, ne serait-ce que pour les séquences avec Femi Benussi, ce film doit avoir droit de cité. D'ailleurs le surnom de Femi lorsqu'elle était petite, c'était Nine. :porc:
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MessagePosté le: Ven Fév 17, 2012 8:12 pm    Sujet du message: Répondre en citant

Bravo et merci pour cette très bonne critique... et bienvenue ! :sourire:
Vivement la prochaine !
Pas de souci pour les "rogatons" : il reste plein de films qui n'ont jamais été traités ici ! Tiens : Cannibal Holocaust, par exemple ! :faim:
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