The Omega Man 99 % irradié


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Posté le: Dim Avr 27, 2014 2:47 pm Sujet du message: [M] [Critique] Pandémie |
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Pandémie
Genre : Catastrophe
Année : 2013
Pays d'origine : Corée du Sud
Réalisateur : Kim Sung-su
Casting : Hyuk Jang (Ji-goo Kang), Soo Ae (In-hae Kim), Park Min-ha (Kim Mi-reu), Yoo Hae-jin (Bae Kyeong-eob), Cha In-Pyo (le Président)…
Aka : 감기 / The Flu / Cold / Pandémie / Gamgi
Scénario : Kim Sung-su & Lee Yeong-jong
Musique : Kim Tae-seong
Image : Lee Mo-gae
Accroche : Atchoum est mort !
Résumé :
Près d’une grande métropole, des passeurs de clandestins découvrent, entassés dans un container, des dizaines de corps putréfiés victimes d’un mal mystérieux. Un des passeurs est contaminé et en moins de 24 heures, des cas similaires sont signalés dans la ville. Le virus se propage à grande vitesse avant que le gouvernement ne puisse réagir. La ville sombre dans le chaos total et face à l'urgence, le gouvernement impose une mise en quarantaine afin d'éviter la propagation.
Flu abréviation d’influenza (grippe) -
Depuis « Shiri », film d’action datant de 1999 et distribué un peu partout dans le monde, le cinéma coréen n’hésite plus à s’engager sur la voie décomplexée du blockbuster. Depuis plusieurs années, les productions locales côtoient les grosses machines étrangères (américaines) au sommet du box office. Des films comme « Frères de sang », « The Host », « The Last Day », « The Tower » ont non seulement triomphé au box office coréen mais ils ont trouvé sans mal des distributeurs étrangers. Si certaines productions comme « Le Transperceneige » font preuve d’originalité, d’autres n’hésitent plus à s’inspirer de succès étrangers (« The Tower » est un remake de « La Tour infernale »).
C’est le cas de « The Flu », produit dans le sillage du pitoyable «Contagion » de Steven Soderbergh ; mais le film de Kim Sung-su s’inspire aussi d’autres productions comme « Je suis une légende » (le sang comme vaccin), « 28 semaines plus tard » (la purge au lance-flammes), « Doomsday » (le container rempli de cadavres), et tous les films du même genre.
Kim Sung-su s’est fait connaître en 2001 avec « La Princesse du désert », un superbe film d’aventures. Il s’attaque cette fois à un autre genre de film d’aventures : le film catastrophe. Popularisé dans les années septante, le film catastrophe est sûrement un des genres les plus stéréotypés du cinéma. Si vous ajoutez le fait que les Asiatiques ont généralement tendance à jouer la surenchère (dramatique et visuelle), on pourrait craindre le pire. Pourtant, côté interprétation, comparé à « The Last Day » c’est Byzance.
Par contre, côté inspiration, on a un arrière-goût de déjà vu. Normal, puisque le script s’amuse au jeu du copier/coller avec pas mal de productions antérieures. Mais surtout, le réalisateur n’hésite pas à proposer carrément une version urbaine du film de Wolfang Petersen, « Alerte/Outbreak », au point que chaque scène-clé du film est reprise et gonflée aux amphétamines. Le village devient donc une ville, le camp où sont parqués les malades est beaucoup plus grand, la grange où sont entreposés les corps devient un stade de football transformé en crématorium (scène qui vaut son pesant de pop-corn). On a droit au même survol des hélicoptères (plus gros en Corée !), aux gens qui toussent avec gros plans des postillons, aux militaires obtus, mais aussi aux invraisemblances assez croquignolesques (la mise en quarantaine de la ville expédiée en quelques plans). Le duo Dustin Hoffman/Cuba Gooding Jr, qui courait dans tous les sens pour retrouver le patient zéro (un singe), est remplacé par le trio formé par un sauveteur, un médecin et sa fille. D’ailleurs, la recherche du patient zéro devient ici accessoire, il sera retrouvé par hasard car c’est la petite fille qui devient la pièce centrale du récit, pour finir par représenter le dernier espoir de guérison (putain... le symbole !).
Pour maintenir le suspense, la petite, qui ne tient pas en place, passera son temps à se perdre et se faire chaque fois récupérer par le pauvre sauveteur devant pallier à une mère médecin qui n’arrête pas d’abandonner sa fille ; et lorsqu'enfin elle la retrouve et constate qu’elle est contaminée, elle semble oublier toute déontologie et s’évertue à la cacher en exposant les autres à la contamination. Le scénario n’hésite pas à allonger la sauce en faisant apparaître un « bad guy » qui voudrait bien les anticorps de la petite !
Heureusement, le film, qui dispose de moyens importants et d’une logistique adéquate, nous propose quelques scènes spectaculaires à défaut d’être originales. Et après une première demi-heure qui peut paraître laborieuse (présentation des personnages), le film se met doucement sur les rails en alternant les scènes chocs (le container avec les rats qui s’échappent, l’arrivée des contaminés dans les hôpitaux, l’émeute dans le supermarché…) avec les mésaventures de Kang Ji-goo le sauveteur, et de Kim In-hae la femme médecin et mère célibataire, pour culminer dans la dernière partie, où l’on peut voir une scène d’émeute et d’apocalypse (le stade) qui fait froid dans le dos, alors que la folie et le désespoir gagnent la population enfermée dans des camps. La découverte du charnier mettra le feu aux poudres ; dans un sursaut de désespoir, la population fait face aux militaires prêts à tirer. Le final, par sa naïveté, en fera sûrement sourire plus d’un. Pourtant, dans l’ensemble, c’est presque un pari gagné pour le réalisateur qui, au delà des « emprunts » flagrants, réalise un film efficace.
PS : A ne pas confondre avec « Pandemic », film japonais sorti en 2009 et au sujet identique.
Fiche dvd -
Pandémie – Wild Side Vidéo
Région : Zone 2 PAL
Editeur : Wild Side Vidéo
Pays : France
Sortie au cinéma : 14 août 2013 2013 (Corée du Sud)
Sortie dvd et blu-ray : 9 avril 2014
Durée : 117 minutes
Image : 2.35 - 16/9ème compatible 4/3
Audio : Français (DTS 5.1 et 2.0), Coréen (DD 5.1)
Sous-titres : français
Bonus :
- Making-of (21 min)
- Scènes coupées commentées par le réalisateur (9 min. 30)
- Bande-annonce
- Liens internet
Commentaire : Le film étant récent, l’édition proposée est d’excellente facture, avec une belle image contrastée et une piste DTS en français ; la version originale est aussi disponible, même si pour une fois la version française est plutôt soignée.
Les bonus proposent les inévitables scènes coupées et le « making of » promotionnel, où les acteurs reviennent sur le tournage, le minimum syndical pour une production de ce type. Les scènes coupées sont pourtant intéressantes à plus d'un titre ; si les scène de dialogues sont comme d’habitude d'un intérêt négligeable, deux scènes paraissent avoir été supprimées car elles présentaient certains personnages sous un aspect moins reluisant. Si le passage du médecin et de sa fille refusant d'aider un contaminé ne fait que renforcer l' attitude égocentrique du médecin, cette scène à été clairement supprimée pour rendre le personnage plus sympathique, et non comme le dit le réalisateur pour une raison de durée. Autre séquence passée inexplicablement à la trappe, celle du « méchant » qui essaye de s'échapper, une erreur car elle accentue le côté résolu du personnage et le rend encore plus dangereux !
Le gros problème du cinéma asiatique, c’est qu’il est peu assimilé par le public lambda des multiplexes et de la télévision, même les effets de mode le cantonnent dans un cercle assez réduit d’amateurs. Ainsi, dans les années 80-90, le polar HK était devenu une référence. Pourtant, les films étaient souvent relégués à des éditions VHS soit bâclées pour atteindre un plus large public, soit plus élitistes et très chères (la collection HK). En réalité, si tout le monde en parlait peu mais en avait réellement visionné, tout le monde connaissait les noms de Jackie Chan, Jet Lee et John Woo ; mais combien aujourd’hui peuvent encore citer un ou deux de leurs films chinois ! Les excuses sont souvent les mêmes : versions françaises approximatives, trop surjouées, histoire qui ne tient pas la route, culture du comique différente, version originale trop abrupte… Aujourd’hui, la Corée a surpassé Hong Kong, mais les films venant du pays du matin calme se heurtent toujours aux mêmes problèmes ; et malheureusement, malgré ses qualités, ce n’est pas « Pandémie » qui va arranger les choses.
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