[M] [Critique] Morte sospetta di una minorenne - 1975

 
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The Omega Man
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MessagePosté le: Dim Mar 08, 2020 11:01 am    Sujet du message: [C1] [Critique] Morte sospetta di una minorenne - 1975 Répondre en citant

Morte sospetta di una minorenne
Suspected Death of a Minor
The Suspicious Death of a Minor
Too Young to Die

Origine : Italie
Année : 1975
Genre : Poliziesco / Giallo

Réalisation : Sergio Martino
Avec : Claudio Cassinelli, Mel Ferrer, Lia Tanzi, Gianfranco Barra





Assistant réalisateur : Michele Massimo Tarantini
Scénario : Sergio Martino et Ernesto Gastaldi
Image : Giancarlo Ferrando
Musique : Luciano Michelini
Accroche : Le flic de Milan

Distribution :
Claudio Cassinelli (Paolo Germi); Mel Ferrer (le directeur); Lia Tanzi (Carmela); Gianfranco Barra (Teti); Patrizia Castaldi (Marisa); Adolfo Caruso (Giannino); Jenny Tamburi (Gloria Pesce); Carlo Alighiero (le chef du bureau de la S.M.C.D.); Franco Alpestre (il Menga, Raimodo Menghini); Fiammetta Baralla ( la propriétaire)

Résumé :
À Milan, une jeune fille nommée Marisa est assassinée. Le commissaire Germi, qui l’avait accidentellement rencontrée peu de temps avant sa mort, enquête sur l'affaire. Deux autres jeunes filles seront tuées avant que l’inspecteur ne découvre la vérité.

Voici un hybride assez intriguant mixant deux genres typiquement italiens, le poliziotteschi et le giallo.
Le giallo et ses codes en vigueur démarrent réellement en 1964 avec « Six Femmes pour l’assassins », véritable cahier des charges ou Mario Bava introduit tous les éléments emblématiques du genre : une enquête policière assaisonnée de scènes choquantes (et stylisées) de meurtres, ceux-ci étant commis par un tueur mystérieux psychopathe ganté de noir. Vient s’ajouter d’autres ingrédients comme une bonne dose d’érotisme, une imagerie léchée et fétichiste. L’ensemble est accompagné d’une musique obsédante et enivrante à forte tendance lounge & groovy. Une recette immuable que chaque réalisateur pourra adapter à loisir et selon ses appétences.
Le poliziottesco, (ou poliziotteschi ou poliziesco ou, plus largement, Eurocrime) est quant à lui apparu à la des années 60, début des années 70. Le genre était une sorte d’extension urbaine du western spaghetti et seuls changeaient l’environnement et le contexte politique. Sa thématique repose sur des enquêtes policières ou l’action - en première ligne les poursuites en voiture et les fusillades - et la violence prédominent. Cependant ces fictions véhiculent aussi l’époque et ses troubles sociaux, ceux de la désillusion généralisée régnant alors en Italie. Les gangsters (ou terroristes, selon les bobines) sont la plupart du temps des inadaptés qui n’ont plus aucune notion de bien ou de mal. Quant au système judiciaire et politique, il est corrompu jusqu'au plus haut niveau.
En général et sur ces bases, un policier tente seul de faire bouger les choses en ne s'éloignant jamais de son éthique mais n’hésite cependant jamais à abuser de son pouvoir, de son flingue, bref, à braver la méthode d’un point de vu réglementaire et déontologique.

Quand on aborde le poliziottesco, on pense surtout aux réalisateurs tels que Fernando Di Leo, Enzo G. Castellari, Umberto Lenzi et Stelvio Massi, ainsi et surtout aux deux acteurs emblématiques du genre : Maurizio Merli et Tomas Milian. Mais on oublie trop souvent de citer le prolifique scénariste Ernesto Gastaldi. À son sujet, précisons que ce dernier a participé à la grande épopée du western spaghetti en collaborant à quelques classiques du genre (Le Dernier jour de la colère, Texas, ...). Il a aussi fait et fera encore des incursions dans le giallo ou il obtient une petite notoriété avec des titres comme « L'Adorable corps de Deborah », « Si douces si perverses », « La Queue du scorpion », « Je suis vivant ! », « L'Étrange vice de Madame Wardh », « Toutes les couleurs du vice », « L'Homme sans mémoire » (auquel on peut rajouter « Libido » qu’il a lui-même réalisé en 1965).

Luciano Martino (producteur et frère de Sergio) et Ernesto Gastaldi se connaissent depuis les années cinquante. C’est en toute logique que ce dernier lui donne carte blanche pour écrire le scénario d'un poliziottesco, « Police parallèle en action », après lequel il enchaîne avec « la rançon de la peur » tout en continuant à travailler sur d'autres genres comme les westerns du moment (Le Grand Duel, Mon nom est Personne), un film de course automobile (Troppo Rischio per un uomo solo) ou un pur drame (Anna quel Particolare Piacere). Gastaldi poursuivra par ailleurs sa longue collaboration avec les Martino jusqu’aux « Crime au cimetière étrusque », « Alligator », « 2019 après la chute de New York », « Atomic Cyborg », « Casablanca Express » etc.
Sergio Martino commence comme beaucoup de ces confrères par exercer divers postes. Scénariste, directeur photo, réalisateur de seconde équipe ou bien encore production manager.
Ses premières réalisations sont des « Mondo » sans grand intérêt suivi d’un western spaghetti : « Arizona se déchaîne ». Heureusement Sergio change de cap et s’engage dans la voie du giallo, avec Edwige Fenech. S’ensuivent « L'étrange vice de Mme Wardh (1971), « La Queue du scorpion « (1971) « Toutes les couleurs du Vice » (ou « L’Alliance invisible », 1972), et « Ton vice est une chambre close dont moi seul ai la clé » qui connaissent un certain succès, avant que le réalisateur clôture cette série par le désormais cultisme « Torso ». Juste après il retrouve Edwige Fenech pour une sexy comédie, « Mademoiselle Cuisse Longue », puis enchaîne avec une série de polars dont « Rue de la violence » (Milano trema: la polizia vuole giustizia), « Morte sospetta di una minorenne » dont il s’agit ici, « L'Accusé » (La polizia accusa: il servizio segreto uccide), « Le Parfum du diable » (La città gioca d'azzardo) ». Après un chapelet de films d’aventures dont « La Montagne du dieu cannibale », « Le Grand Alligator » et « Le Continent des hommes-poissons », il retrouve brièvement le genre giallo en 1982 avec « Crime au cimetière étrusque » (à la base une série télé, exploitée ensuite en version écourtée pour le cinéma et, surtout, le marché de la vidéo). Durant les années 80 il alternera comédies (souvent érotique comme « Les Zizis baladeurs ») et diverses productions de sous-genre, suivant les modes du moment. Naîtrons ainsi «2019 après la chute de New York » ou « Atomic Cyborg ». À ce jour (nous sommes en 2020, New York n’est pas encore tombé), Martino travaille principalement pour la télévision !

Dans le microcosme du cinéma de genre italien l’acteur Claudio Cassinelli (1938-1985) tient une place particulière. Son entente avec le réalisateur Sergio Martino (six films) fut inaltérable tandis que les circonstances tragiques de sa mort (un accident d’hélicoptère sur le tournage de « Atomic Cyborg ») ont achevé d’en faire un acteur trop tôt disparu et, de ce fait, largement regretté.
En début de carrière, après un passage à la télévision, il apparaît dans « Flavia la défroquée ». Il enchaîne ensuite quelques polars et poliziesco comme « La Lame infernale », « La Police a les mains liées », « Milano violenta », « La mort en sursis », « Diamanti sporchi di sangue » ainsi que celui qui nous préoccupe. Il poursuit son parcours tourne pour Martino (La Montagne du dieu cannibale, Le Grand Alligator et Le Continent des hommes-poissons) et apparaît même dans un blockbuster international : « Avalanche Express » de Mark Robson. On a pu aussi le voir aussi dans « Le Lion du désert », » Crime au cimetière étrusque », « Grog », « Hercule », « Les Aventures d'Hercule », « 2072, les mercenaires du futur » et « Murderock ».
Lia Tanzi est quant à elle une actrice polyvalente qui se fit connaître grâce aux comédies grand public et aux comédies érotiques. Elle a également tourné pas moins de cinq poliziottesco : « Salfare la Faccia », « Milano trema: la polizia vuole giustizia », « Fatevi vivi la polizia non interverrà », « Speed Croos » et « Morte sospetta di una minorenne ».
Mel Ferrer (1917-2008) fut un acteur très prisé dans les années cinquante (« Corrida de la peur (1951 », « Scaramouche (1952) », « Les chevaliers de la Table Ronde (1954) », …), mais pour beaucoup il reste avant tout le mari d’Audrey Hepburn, une union qui dura de 1954 à 1968 et eut des répercussions sur la carrière de l’acteur. En effet Mel suivit sa femme en Suisse et y resta après leur divorce pour ne pas s’éloigner de son fils. La carrière de Mel prit dès lors une autre tournure et, comme beaucoup, l’Italie (qui se trouve à quelques encablures de la suisse) lui ouvrit les bras.
C’est donc à cette époque qu’il privilégie les productions tournées en Europe. Citons, en vrac, « Les Mains d'Orlac » (1961), « Le Jour le plus Long » (1961), « La Chute de l’empire Romain » (1968), « Brannigan » (1975), « Mille milliards de dollars (1981) et, en matière de films (de sous-genres) italiens, «L'Antéchrist », « La ragazza dal pigiama giallo », « Alligator », « L’Avion de l’Apocalypse », « La Secte des Cannibales », « Stridulum », …
Après le décès d’Audrey Hepburn, Mel Ferrer arrête le cinéma, quitte la Suisse, puis s’installe dans son ranch prés de Santa Barbara.

Pour cet opus bâtard de Sergio Martino, Claudio Cassinelli endosse la veste du détective Paolo Germi, inspecteur hors normes cachant, sous ses faux airs d’intello à lunettes, un flic déluré qui « infiltre » la populace, les voleurs, les prostituées et les mendiants. Autant dire qu’on reste éloigné des policiers à la mâchoire serrée et au regard d’acier interprétés notamment le moustachu Maurizio Merli. Pour les fans de vigilante, pas de panique, car les mêmes thèmes abordés sont bels et bien présents : l'impuissance des autorités, la nécessité de recourir à des moyens plus musclés, la magistrature gangrenée par la politique.
Comme dit en début de papier, pour le scénario, Martino fait donc de nouveau appel à Ernesto Gastaldi avec qui il a déjà collaboré, notamment sur les films déjà cités, eux aussi. Gastaldi suit la route balisée par ses prédécesseurs (dont lui-même), mais étoffe son intrigue et ses dialogues tout en réduisant le nombre de scènes de violence de nudité ; il insère même quelques moment de légèreté, avec, par exemple, les personnages de Gianfranco Barra (plus intéressé par les résultats du loto foot que par l’enquête) ou d’Adolfo Caruso (le bras droit comique et officieux de Cassinelli), sans parler du gag récurrent des lunettes (que je ne dévoilerai pas en ces lignes). Le scénariste tente une sorte de « mashup » cinématographique avant l’heure, faisant zigzaguer la chose entre le giallo, le poliziotteschi et la comédie, anticipant même à sa manière le courant comique que prendra le néo-polar avec « Flics en Jeans » (Squadra antiscippo) dans lequel Tomas Millian interprète un policier singulier et farfelu. Un parti-pris osé qui joua à l’époque en défaveur du film, les amateurs de poliziottesco purs et durs trouvant la chose pas suffisamment démonstrative et violente. Idem pour les amateurs de gialli qui reprochèrent sa frilosité en matière de meurtres. De fait, ce la contribua à ce que les distributeurs étrangers boudent le film !
L’intrigue est courante au sein des gialli et des poliziotteschi, elle implique en général des hommes plus âgés, riches, faisant preuve d’un insatiable appétit pour les (très) jeunes filles. De ceux qui évidemment pensent que leur argent et leur pouvoir leur donnent le droit et le pouvoir, en gros de faire ce qu'ils veulent. Mais quand cela se gâte, il y a toujours un « nettoyeur », lequel n’hésite pas à faire disparaître les témoins. Dans « Morte sospetta di una minorenne », les apparitions du tueur donnent au film ses moments les plus forts, surtout qu’elles le plus souvent accompagnées d’une partition largement inspirée par celle de(s) Goblin pour « Les Frissons de l’angoisse ».
Le film de Sergio Martino, sans être une réussite totale, contient malgré tout assez de bonnes idées, de celles parfois surprenantes (deux jeunes y explosent sur leur mobylette) et qui retiennent l’attention. « Morte sospetta di una minorenne » fut plus tard d’ailleurs largement pillé, notamment par James Glickenhaus qui reprendra la fusillade sur les montagnes russes, mais aussi et surtout par Burt Reynolds et « L’antigang » (Sharky’s Machine ») qui entretient de nombreuses similitudes avec le script de Gastaldi. Toujours est-il qu’il s’agit sans nul doute d’un film à découvrir, ne serait-ce pour l’interprétation sans faille de Claudio Cassinelli…


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MessagePosté le: Sam Mar 28, 2020 10:37 am    Sujet du message: Répondre en citant

Découvert très tardivement (l'an passé en fait), je n'avais pas réussi à accrocher plus que ça, trouvant la chose un peu tiedasse (à te lire, un peu comme perçu par certains à l'époque de sa sortie).

Sinon :

The Omega Man a écrit:
Mais on oublie trop souvent de citer le prolifique scénariste Ernesto Gastaldi. À son sujet, précisons que ce dernier a participé à la grande épopée du western spaghetti en collaborant à quelques classiques du genre (Le Dernier jour de la colère, Texas, ...). Il a aussi fait et fera encore des incursions dans le giallo ou il obtient une petite notoriété avec des titres comme « L'Adorable corps de Deborah », « Si douces si perverses », « La Queue du scorpion », « Je suis vivant ! », « L'Étrange vice de Madame Wardh », « Toutes les couleurs du vice », « L'Homme sans mémoire » (auquel on peut rajouter « Libido » qu’il a lui-même réalisé en 1965).


Je me suis permis de rajouter "(auquel on peut rajouter Libido qu’il a lui-même réalisé en 1965)" - ça te va ?
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MessagePosté le: Sam Mar 28, 2020 10:54 am    Sujet du message: Répondre en citant

enaccord8 pas de problème !
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