Catwoman - A Rome
Genre: Comics , Super-héros
Année: 2006
Pays d'origine: Etats-Unis
Editeur: Panini Comics
Titre VO: Catwoman When in Rome
Scénario:
Jeph Loeb
Dessin:
Tim Sale
Couleurs:
Dave Stewart
Traduction:
Nicole Duclos
 

Si Catwoman apparaît régulièrement dans les comic-books centrés avant tout sur Batman et ce depuis les touts débuts, les albums publiés en France qui lui sont entièrement consacrés sont, à ma connaissance, quasi inexistants. Même quand elle y joue un rôle important (comme dans Tu ne tueras point), son personnage est toujours rattaché au Dark Knight, dans leurs éternels jeux du chat et de la (chauve)-souris. Ce qui est finalement un comble pour une femme aussi farouchement indépendante que Selina Kyle. Il y a des coups de griffes (ou de fouet) qui se perdent !

Le tandem Tim Sale / Jeph Loeb (qui, si j'en crois les amateurs de Batman, avaient déjà sortis un bon album (Batman - Un long Halloween et une non moins remarquable série (Batman - Dark Victory) ont réparés cette injustice avec ce one-shot intitulé Catwoman - A Rome. Ce qui est déjà méritoire en soi. Mais cet album se révèle de surcroît excellent et a combler mes attentes.

Pour commencer, les auteurs nous présentent une Selina Kyle qui rassemblent tous les attributs qui nous sont familiers : une héroïne ô combien sexy (à faire passer Michelle Pfeiffer et Hale Berry pour des musaraignes frigides), indépendante, caustique, (forcément) acrobatique, et dont le sens de la réplique cinglante est ici particulièrement jouissive ("Ce que tu sais des femmes tiendrait dans un dé à coudre, et il resterait de la place pour ton cerveau !" dit-elle au Sphinx). Le fait que l'histoire soit racontée de son point de vue - avec des commentaires en "voix off" à la fois laconiques et empreints d'une ironie permanente - rend la lecture bien plus agréable que bien des soliloques pseudo-philosophiques pompeux de certains super-héros. J'ai toujours trouvé Catwoman plus intéressante (et amusante) qu'un Batman amidonné ("raide comme la justice" est l'expression convenue) dissimulant ses blessures égotiques sous une attitude inexpressive et un brin moralisatrice (qui a d'ailleurs toujours eu le don d'agacer notre femme-chatte !).

Plus ambivalente, plus spitiruelle, bref plus attractive (bon, je vais arrêter les qualificatifs...), Catwoman méritait donc bien selon moi une aventure en solo qui en montre toutes les facettes - et les courbes ! Voilà qui est fait.

 

Le scénario

Une histoire de bonne qualité, riche en péripéties même si parfois au prix d'une certaine confusion, et qui réserve quelques surprises. Après un début très classique (et onirique) à Gotham - confrontations habituelles entre les figures-clés de la série - l'histoire nous emmène à Rome (ça nous change), ce qui permet de donner une petite touche de dépaysement et de raffinement bienvenue. Mais ce choix, loin d'être un simple prétexte pour donner dans le pittoresque de carte postale, s'inscrit dans une logique scénaristique ayant trait au passé de la belle. Selina Kyle a une bonne raison (très personnelle) d'être à Rome même si le lecteur doit attendre les dernières pages pour la saisir pleinement. En attendant, il aura droit à une série de péripéties qui voit une Catwoman aux prises avec la mafia locale suite à un malentendu, quelques vieilles (et belliqueuses) connaissances de Gotham, un Eddie Nigma (alias Le Sphinx) dont la présence paraît au début très anecdotique si ce n'est l'occasion de quelques touches d'humour, mais dont on réalise ensuite le véritable rôle (n'en disons pas plus...) et un passé énigmatique lourd de conséquences. Et Batman dans tout cela ? Il fait bien quelques apparitions dans l'album mais uniquement en tant que protagoniste bien involontaire des rêves de Selina, projection inconsciente de leur relation compliquée. Bref, il est là sans l'être vraiment.

En somme, un scénario plutôt bien équilibré, qui sait alterner situations en demi-teinte (sérieuses sans être tragiques, cocasses sans tomber dans le comique lourd) et quelques scènes d'actions pour corser le tout. Le fait que cet album n'abuse pas de scènes de combats est d'ailleurs un autre bon point (en ce qui me concerne en tout cas) car cet aspect de beaucoup de comics mettant en scène des super-héros m'a justement toujours rendu réticent.

 

Le graphisme

La couverture, sobre et élégante, avait déjà attiré mon attention, mais comme j'ai souvent constaté que dans les comics le dessin des planches se hisse rarement au niveau des couvertures, je restais méfiant. Au bout du compte, le résultat se révèle plus que satisfaisant, le graphisme étant même le point fort de l'album : un dessin très expressif, de belles compositions et des cadrages audacieux.

La mise en couleur est également réussie, sauf dans certaines séquences flash-backs (illustrant le passé de Selina) avec une utilisation d'orange/jaune vif et de rouge assez moche. Heureusement, cela ne concerne que quelques planches.

Certaines splash-pages (planches composée d'un dessin unique) m'ont beaucoup plu, comme la toute première de l'album où l'on voit une Catwoman en "position féline" le bras tendu vers un coffre-fort plein de bijoux et l'ombre de Batman se dessinant sur la scène (scène classique, emblématique même, mais qui augure du meilleur), un plan où la tête de Catwoman, dessinée de profil, est prisonnière d'une gangue de glace, et un autre étalé sur deux pages où nous assistons à l'activité favorite de notre monte-en-l'air, suspendue à un filin, son corps formant un T, au dessus d'une salle du Vatican.

Belles scènes qui réhaussent encore l'intérêt graphique de l'album. Côté découpage, rien à redire : dynamique sans être hystérique, souvent inventif. Du bon travail.

Catwoman - A Rome est donc un comic très séduisant (comme son héroïne), dont je retiendrai essentiellement la bonne (et rare) idée de faire de la femme-chatte le personnage central du récit, un scénario qui fait honneur à l'occasion (dont je suis volontiers le larron), divertissant et ponctué de dialogues piquants, et un graphisme largement à la hauteur. Bref, c'est l'album que je cherchais.

Cela mérite bien 8 ron-rons.

 

Note : 8/10

 

Raggle Gumm

 

A propos de ce comics :

 

- Site de Tim Sale : http://www.timsale1.com/

- Site de l'éditeur : http://www.paninicomics.fr

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