Psyched by the 4D Witch (A Tale of Demonology)
Genre: Fantastique
Année: 1972
Pays d'origine: Etats-Unis
Réalisateur: Victor Luminera
Casting:
Margo, Esoterica, Tom Yerian, Kelly Guthrie, Sandra Lane...
Aka: Transfigurée par la sorcière de la quatrième dimension (Une histoire de démonologie)
 

Sur un fond rouge flashy, une femme bouge mollement les bras sur le son très rock'n'roll 70s "Beware of the 4-D witch" (Attention à la sorcière 4-Dimension).
Sur des images très cheap de constellation, puis de la Terre, un narrateur nous explique que malgré l'incrédulité de notre monde scientifique, un monde impalpable au delà de nos trois dimensions existe. Celui-ci comprend des méchants et des gentils, comme le pays de Candy.
Le générique commence alors sur le toujours aussi groovy "Beware of the 4-D witch", accompagné d'effets lumineux psychédéliques.
Le récit en voix off de la protagoniste à perruque, Cindy, embraye sous la forme d'un avertissement contre l'usage de rites magiques sexuels. Prude et vierge, Cindy est la descendante d'une sorcière de Salem, Abigail. Cette dernière lui apparaît lors d'une séance de rituels magiques sexuels comportant des bougies. Elle obtient la confiance de la jeune femme en lui faisant apparaître une coupe de lait magique (il suffit de peu). Sous le charme, Cindy, désormais, vit par le biais d'Abigail des expériences sexuelles de masturbation, de relations sexuelles avec son voisin homosexuel, puis enfin avec une fille nommée Fanny.

 

 

Lorsque la sorcière force sa meilleure amie Jane à une fantaisie sexuelle fatale comportant un serpent, Cindy refuse de se laisser manœuvrer par son ancêtre. Il faut dire qu'elle lui demande de faire l'amour avec le cadavre de la pauvre Jane. La sorcière se vengera en changeant son frère Mark en vampire sexuel.
Comment se débarrasser de la gênante sorcière ? Peut-être dans les bras du père psychiatre de Jane, dont les talents comportent des aptitudes psychiques autant que psychologiques. Ne parlons de l'étendue de ses talents sexuels, bien évidemment !
Tout d'abord, commençons par un mot sur la forme du film. Le tournage a dû sûrement être fait en super-8, puis les dialogues et la narration de l'histoire ont été ajoutés en off. Ce qui donne au jeu des acteurs un effet pas si dissemblable à celui de ceux du muet, le professionnalisme en moins.

Le film est visuellement un patchwork d'images psychédéliques, entourant un noyau de scènes plus traditionnelles. Les scènes traditionnelles tentent tant bien que mal de faire avancer la narration de l'histoire. Les passages plus hallucinés forment pour une part un "gloubi-boulga" de saynètes symbolisant l'orgasme sexuel féminin : effets lumineux, feux d'artifices passés à l'envers et autres paysages filmés avec des filtres colorés. Pour l'autre part, les effets visuels tentent de donner une image de la soi-disant quatrième dimension impalpable : une femme masquée, en tenue légère, dansant avec deux plumeaux ou encore des masques d'Halloween dont on a rempli les yeux d'ampoules. Malheureusement, ces effets visuels sont trop nombreux, ainsi que répétitifs au bout d'un certain nombre d'orgasmes de l'héroïne, alors que l'histoire n'avance pas, donnant l'impression de vouloir gonfler un court-métrage jusqu'à obtenir la durée nécessaire à un long.

 

 

Le gonflage de PB4DW est surtout visible lors d'une visite de Mark à Chinatown, pour oublier le harcèlement mental d'Abigail. Le récit n'aurait nullement était gêné par l'absence de cet élément. Son inclusion, par contre, me laisse encore perplexe sur son intérêt.
L'érotisme du film ne dépasse pas celui, minimal, d'un nudie des années soixante, soit nudité partielle et caresses gentillettes entre filles. La caméra n'est pas là pour filmer vraiment plus longtemps que cela les ébats, ce qui laissera sur leur faim les érotomanes les plus avides. Les effets spéciaux ne comprennent aussi qu'une paire ridicule de quenottes de vampire, ainsi que des morsures mammaires montrées en coup de vent.
Outre la chanson composée spécialement pour le film, la musique de celui-ci ne comprend que divers morceaux de musique classique, dont le Boléro de Ravel. Le montage un peu abrupt du film rend leurs apparitions assez tonitruantes, ce qui réveillera de la torpeur certains spectateurs.

Malgré tous ces éléments qui peuvent paraître à charge contre cette œuvre, je mentirai en disant que je n'ai pas apprécié la naïveté hilarante des commentaires de l'héroïne, l'emploi de l'expression "Fantasy Fuck" ou le psychédélisme de l'entreprise dans son ensemble. En résumé, cela pourrait être un film de sexploitation tel que le personnage d'Austin Powers aurait pu en tourner. Mais, pour tout amateur de bandes bis prenant le genre trop au sérieux, le film lui semblera un long-métrage fauché ennuyeux, loin des délires d'un Alejandro Jodorowsky.

 

 

John Yebs
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