Ågren, Janet
Écrit par The Omega Man   

Au beau milieu des années soixante, une petite sirène suédoise s'échoue en Italie. Il s'agit d'une certaine Janet Agren...

 

Janet Ågren (Maietto)

Information non contrôlée !

Taille : 1,74m
Poids : 58kg
Mensurations : EU 86-61-86 (US 34B-24-34)

 

 

Au beau milieu des années soixante, une petite sirène suédoise s'échoue en Italie. Il s'agit d'une certaine Janet Agren, une délicieuse (fausse) blonde attirée à Rome par de belles promesses et qui voulait commencer une carrière d'actrice. Mais la réalité fut tout autre, puisque aucun rôle ne l'attendait. Pas rancunière la mignonne, fascinée par la ville lumière, décide de rester... une aubaine pour le cinéma populaire italien qui va vite l'adopter.

Janet est née dans à Landskrona en 1949. Avant d'arriver à Rome, elle débuta très tôt une carrière de mannequin, avantagée en cela par un physique des plus agréables, avec ses magnifiques jambes longues et parfaites, son petit nez retroussé et ses yeux verts en amande qui vont faire merveille à l'écran.

 

 

À cette époque, nombre de jeunes filles venaient des quatre coins du monde pour tenter leur chance en Italie. Les premières star apparaissent donc, comme Anita Strindberg, Barbara Steele, Sylva Koscina, Elke Sommer... Mais en ce début des années soixante-dix les actrices, en plus d'être belles, doivent surtout être totalement désinhibées. Entre la comédie et le film d'horreur, l'érotisme vient d'exploser. Et l'un des genres à la mode est la comédie érotique assaisonnée d'un humour graveleux, avec sa star Edwich Fenech qui restera la plus populaire, mais en restant toujours soft ; on effleure les fesses, on dévoile les poitrines mais on ne se prend pas pour Jess Franco ! Par contre, dans les autres genres on dévie, on caviarde, on enchérit et on abuse à tout vent (voir La Bestia uccide a sangue freddo). Pas facile alors, dans ce maelstrom, de trouver sa place, même si des actrices déjà en place comme Lisa Gastoni ("Seduction", "Submission") ou Marisa Merlini ("Les Bidasses s'en vont en guerre") essayent de suivre. Le plus bel exemple reste sûrement Mariangela Giordano qui, la quarantaine bien entamée, se donne à fond dans Giallo a Venezia, "Malabimba", La Bimba di Satana, Le Manoir de la terreur et Patrick vive ancora. Il faut aussi compter sur de nouveaux visages comme Olga Karlatos (L'Enfer des zombies), Florinda Bolkan (La Longue nuit de l'exorcisme), Suzy Kandall (L'Oiseau au plumage de cristal), Barbara Bouchet (La Tarentule au ventre noir)... Cette promiscuité va entraîner des disparités entre actrices sans que le talent n'intervienne. Ainsi, une Eva Czemerys (Obsédé malgré lui) ou une Maria Baxa ("Il commissario Verrazzano") n'arriveront jamais à trouver leur place dans le cinéma italien, alors qu'une actrice exécrable comme Sabrina Siani devient l'icône de la spaghetti fantasy ("Gunan il guerriero", "Ator l'invincibile", "Sangraal", "La spada di fuoco", Conquest, Il trono di fuoco). Heureusement, Janet aura plus de chance et réussira à s'imposer dans la péninsule, mais son succès ne dépassera jamais les frontières, contrairement à une Edwich Fenech qui pouvait compter sur des franchises lucratives et exportées (La toubib, La prof...) et sa participation à quelques Gialli.

 

 

La carrière de Janet Agren sera marquée par une immersion dans tous les genres du cinéma populaire italien, avec une prédilection pour la comédie et la farce assaisonnée d'une bonne dose d'érotisme soft (avec notamment l'acteur Lino Banfi, spécialiste du genre ). Mais contrairement à ses consoeurs, la belle Janet n'hésitera pas à s'égarer dans quelques abîmes obscures du cinéma d'exploitation avec un certain plaisir sado-maso, l'actrice y subissant parfois les pires horreurs. Certains de ces films seront vite oubliés ou resteront inédits chez nous, ce qui nous privera d'une partie de sa filmographie que les amateurs seront obligés de combler par des exportations. Cela n'empêchera pas Janet de mener une carrière bien remplie qui s'étendra de 1968 à 1991. Si ses participations hors comédie sont assez faciles a se procurer, certains films tournés au début des années 70 et pas mal de comédies érotiques du début des années 80 sont par contre aujourd'hui difficiles à dénicher ; heureusement, il reste des affiches magnifiques et autres photos d'exploitation où la silhouette de l'actrice fait merveille.

 


(merci à Gilles Vannier ! - voir critique)

 

Au début de sa carrière, Janet suit des cours au "Studio di arti sceniche" créé par Alessandro Fersen. Elle décroche quelques rôles sous le nom de Janet Ahgren, apparaît dans Perversion Story de Lucio Fulci sans être créditée, mais elle commence à se faire repérer et enchaîne diverses comédies, notamment sous la direction de Dino Risi. Le producteur Franco Cristaldi la remarque (la légende veut qu'il en tombe même amoureux) et lui offre deux rôles, dans "Io non vedo, tu non parli, lui non sente" de Mario Camerini et "Deux trouillards pistonnés" de Bruno Corbucci. La belle Janet se retrouve au côté de comiques comme Enrico Montesano, Alighiero Noschese ou Gastone Moschin, un acteur plus connu chez nous pour des rôles sérieux dans divers poliziotteschi comme "Brigade Volante", Milan Calibre 9, "Magnum Cop" et même "Le Parrain 2" (The Godfather: Part II), mais en Italie il restera l'un des personnages du cultissime "Mes chers amis" de Mario Monicelli.

 


Dans la foulée, l'actrice enchaîne avec deux decamerotico. Il s'agit d'un genre typiquement italien, inspiré du "Decameron" de Pasolini, qui compte une cinquantaine de films presque tous inédits chez nous et réalisés entre 1972 et 1976. Le pic de la production sera l'année 1972, avec plus de trente films distribués en Italie. C'est donc au summum du genre que Janet tourne "Fiorina la vacca " (au côté d'une certaine Ornella Muti) et surtout "Master of Love  / Racconti proibiti... di niente vestiti" avec une séquence de bain mémorable qui lui permet à nouveau de se faire remarquer malgré la précarité du genre. En effet, le réalisateur de ce dernier, Brunello Rondi, l'engage pour deux drames. Le premier, "Tecnica di un amore", est un film érotique déguisé où l'on peut admirer à souhait la plastique de l'actrice ; le deuxième, "Ingrid sulla struda", alias "La Fille aux yeux d'or" (dans la lignée des drames crapoteux genre "Moi Christiane F..."), est un film particulièrement glauque qui illustre une belle collection de perversions. Dans la fange ambiante, la beauté angélique de l'actrice est le seul espoir qui subsiste. Le film sortira chez nous sous le titre de "L'Hystérique aux cheveux d'or", caviardé d'inserts porno ; la chose prend alors une tournure surréaliste, notamment lors du viol collectif de la pauvre Janet.

 

 

C'est pendant le tournage de ces deux films qu'elle rencontre son futur mari, le producteur Carlo Maitto (La Guerre du fer, Et mourir de plaisir...). Elle enchaîne avec "Il saprofita", un autre mélange crapoteux de drame, de sexe et de diverses joyeusetés comme la nécrophilie. Janet interprète Theresa, une jeune femme pieuse et bigote qui dissimule en fait une dépravée ; le film sera sélectionné à cannes 1974. Entre temps, Janet apparaît dans "Avanti" et "Pulp" puis dans son unique western, "Providenza", produit par Sergio Leone. Elle tourne ensuite dans plusieurs productions dont un polar avec le Clint Eastwood italien, Maurizio Merli, "Il commizario di ferro" ; puis un autre : Un Flic à abattre, dans lequel elle partage la vedette avec Luc Meranda et Lucianna Paluzzi.

 

 

La grande diversité de ses choix va même l'entraîner en Espagne, dans un drame érotique, "Sensualidad", mais aussi dans une improbable co production franco-italienne, "Une Langouste au petit déjeuner", avec l'inénarrable Claude Brasseur  et Claudine Auger  ! Soulignons aussi sa participation au giallo fantastique L'assassino ha riservato nove poltrone, où elle ne fait aucunement tache au milieu d'un casting des plus savoureux (Rosanna Schiaffino, Paola Senatore, Eva Czemerys, Lucretia Love).

 

 

Jusqu'à présent, peu de films de l'actrice étaient sortis à l'étranger, mais cela va changer avec SOS Danger Uranium et surtout Bermudes  : Triangle de l'enfer, qui seront deux succès sur le marché international. L'actrice acquiert à ce moment là une petite notoriété en Allemagne et en Espagne.
Depuis ses débuts au cinéma, Janet pose pour divers magazines et se retrouve dans le "Playboy" italien, ainsi que dans "Playmen" qui publie les photos les plus chaudes de son film "Tecnica di un amore". Le succès aidant, elle quittera progressivement les pages intérieures pour se retrouver sur les couvertures, (même Ciné Télé Revue n'y échappera pas).

 

 

La trentaine rayonnante, Janet entame les années 80 avec deux titres majeurs : Frayeurs de Lucio Fulci (les vers de farine en pleine face... c'est elle !), et surtout La Secte des cannibales d'Umberto Lenzi, œuvre emblématique dans laquelle elle interprète pour une fois le premier rôle et – surtout - finit le film en vie ! Car en dehors des comédies, l'actrice semble avoir été choisie surtout pour subir les pires sévices. Dans le film de Lenzi, elle sera gâtée (violée par un gode démesuré, peinte en or...) et échappera de peu au sushi italien façon Lenzi. La séduisante Suédoise pose alors pour le magasine Playmen (elle le fera deux fois, en 1980 et 1983), où elle apparaît enfin en couverture, épanouie et de plus en plus belle. C'est une période faste du point de vue éditorial, et la comédienne se retrouve dans divers magazines comme Panther, Blitz etc... et multiplie les couvertures. Pas de doutes, Janet est populaire en Italie (comme en Espagne et en Allemagne), mais demeure toujours méconnue chez nous.

 

 

En ce début des années 80, le succès des comédies érotiques commence à s'effriter sous l'assaut du porno. Mais c'est pourtant à cette époque que la Suédoise va tourner une grande partie de ses comédies: "La gatta da pelare" (1981), "Ricchi, ricchissimi... praticamente in mutande / Don't play with tigers" (1982), "Sogni mostruosamente proibiti" (1982), "La Prof d'éducation sexuelle" (1981) (miraculeusement disponible chez nous), "Occhio, malocchio, prezzemolo e finocchio" (1983), "Questo e quello" (1983), "Vediamoci chiaro" (1984) sans oublier "Ricchi, ricchissimi... praticamente in mutande" (1982) avec Edwich Fenech.
Entre deux comédies, elle se retrouve à l'affiche d'un petit film d'horreur italo-espagnol : Bakterion (alias "Panic"), tourné en Angleterre avec David Warbeck, et montre sa petite culotte dans Mystère, un thriller italien avec Carole Bouquet.

 

 

La fin des années 80 marquera aussi la fin du cinéma d'exploitation italien et de l'érotisme soft, et par conséquence le déclin de la carrière de Janet Agren qui, contrairement à certaine de ces consœurs, ne passera pas le cap du hard (comme Paole Senatore, Karin Shubert...). Cela étant, elle dénichera malgré tout quelques rôles dans des productions destinées au marché international, comme le Red Sonja de Richard Fleischer. Viendront ensuite Atomic Cyborg où elle vole la vedette au pauvre Daniel Greene et "La Nuit des requins" où elle se retrouve au côté de Treat Williams. Et enfin, elle sera harcelée par Nelson de la Rosa, alias Ratman. Mais les temps changent, et de jeune première la belle passe à des rôles de femme plus mature, comme dans "Aladin" et "Karaté Warrior", pour lesquels elle incarne la maman du héros ; deux rôles très peu crédibles (il faut voir Janet servir le déjeuner de son fils en robe de soirée dans "Aladin") et plutôt anecdotiques !

 

 

En 1984, elle tentera une reconversion dans la chanson pour enregistrer en anglais un 45T, Teddy Bear (lien).
Cette incongruité ne lui ouvrira pas les portes d'une nouvelle carrière mais lui permettra de revenir de temps à autres à la télévision italienne !
Elle tournera encore deux films, dont "Madgalena" en 1988, avant de prendre une retraite paisible en Floride. Mais, nostalgie oblige, chaque année pour les fêtes elle retourne dans sa Suède natale.

 

 


FILMOGRAPHIE


Cinéma :
1. I due crociati / Les Deux Croisés, de Giuseppe Orlandini (1968), comédie
2. Donne, botte e bersaglieri, de Ruggero Deodato (1968)
3. Una sull'altra / Perversion Story, de Lucio Fulci (1969) (non créditée)
4. Colpo di stato, de Luciano Salce (1969), satire
5. Il giovane normale / Personne n'est parfait, de Dino Risi (1969)
6. Due occhi pieni di sole / Du soleil plein les yeux, de Michel Boisrond (1969), comédie sentimentale
7. Pussycat, Pussycat, I Love You, de Rod Amateau (1970)
8. Io non vedo, tu non parli, lui non sente, de Mario Camerini (1971) comédie
9. Io non spezzo... rompo / Deux trouillards pistonnés, de Bruno Corbucci (1971), comédie
10. Racconti proibiti... di niente vestiti / Master of Love, de Brunello Rondi (1972), decamerotico
11. Fiorina la vacca, de Vittorio De Sisti (1972), decamerotico
12. Pulp / Retraite mortelle, de Mike Hodges (1972)
13. Qué ocurrió entre mi padre y tu madre ? / Avanti!, de Billy Wilder (1972)
14. La più bella serata della mia vita / La plus belle soirée de ma vie, de Ettore Scola (1972)
15. La vita, a volte, è molto dura, vero Provvidenza ? / On m'appelle Providence / Providenza ! Mausefalle für zwei schräge Vögel, de Giulio Petroni (1972), western
16. Tecnica di un amore, de Brunello Rondi (1973), drame / érotique
17. Ingrid sulla strada / L'Hystérique aux cheveux d'or / La Fille aux yeux d'or / Macadam Jungle / Ingrid, fille SS, de Brunello Rondi (1973), drame
18. Il saprofita / Le Profiteur / l'Opportuniste, de Sergio Nasca (1974), drame
19. L'Érotomane, de Marco Vicario (1974), comédie
20. L'assassino ha riservato nove poltrone, de Giuseppe Bennati (1974), giallo
21. Sensualidad, de Germán Lorente (1975), drame
22. La polizia interviene: ordine di uccidere ! / La Main gauche de la loi / Tireur d'élite / The Left Hand of the Law, de Giuseppe Rosati (1975), policier
23. Paolo Barca, maestro elementare, praticamente nudista, de Flavio Mogherini (1975), comédie
24. Chi dice donna dice donna, de Tonino Cervi (1976), comédie à sketch ("Ma non ci sposano")
25. Vai col liscio / Go With the Smooth, de Giancarlo Nicotra (1976), comédie
26. Stato interessante de Sergio Nasca (1977) drame
27. Il commissario di ferro, de Stelvio Massi (1978), policier
28. Bermude: la fossa maledetta / Bermudes  : Triangle de l'enfer / The Shark's Cave / Bermuda The Cave of the Sharks / Shark Cave, de Tonino Ricci (1978), aventure
29. Agenten kennen keine Tränen / SOS Danger Uranium, de Menahem Golan (1978), aventure
30. Indagine su un delitto perfetto / Le Crime du siècle, de Giuseppe Rosati (1978), policier
31. Il commissario Verrazzano / Deadly Chase / Un Flic de charme / Flic à abattre / Un flic à abattre, de Franco Prosperi (1978), policier
32. Desayuno con langosta / Aragosta a colazione / Une langouste au petit déjeuner, de Giorgio Capitani (1979), comédie
33. Siete chicas peligrosas / 7 ragazze di classe / Love Game, de Pedro Lazaga (1979), érotique
34. Prestami tua moglie, de Giuliano Carnimeo (1980), comédie
35. Vendetta Napoletana / Maria, nur die Nacht war ihr Zeuge, de Ernst Hofbauer (1980), drame
36. Mangiati vivi! / Eaten Alive/ La Secte des cannibales, de Umberto Lenzi (1980), horreur
37. Paura nella città dei morti viventi / Frayeurs, de Lucio Fulci (1980), horreur
38. L'onorevole con l'amante sotto il letto / La prof d'éducation sexuelle, de Mariano Laurenti (1981), comédie
39. La gatta da pelare, de Pippo Franco (1981), comédie
40. Ricchi, ricchissimi... praticamente in mutande / Don't Play with Tigers, de Sergio Martino (1982), comédie avec Pipo Franco
41. Sogni mostruosamente proibiti, de Neri Parenti (1982), comédie
42. Pánico / Bakterion / I vivi invidieranno i morti / Panic, de Tonino Ricci (1982), horreur
43. Occhio, malocchio, prezzemolo e finocchio, de Sergio Martino (1983), comédie
44. Mystère / Murder Near Perfect / Dagger Eyes, de Carlo Vanzina (1983), giallo
45. Questo e quello, de Sergio Corbucci (1983), comédie
46. Vediamoci chiaro, de Luciano Salce (1984), comédie
47. Red Sonja, de Richard Fleischer (1985), heroic fantasy
48. Superfantagenio / Aladdin, de Bruno Corbucci (1986), comédie
49. Vendetta dal futuro / Hand of Steel / Atomic Cyborg, de Sergio Martino (1986), science fiction
50. La notte degli squali / La Nuit des requins, de Tonino Ricci (1987), aventure
51. Il ragazzo dal kimono d'oro / Karate Warrior, de Fabrizio De Angelis (1987), aventure
52. Quella villa in fondo al parco / Ratman, de Giuliano Carnimeo (1988), horreur
53. Magdalene, de Monica Teuber (1989)
54. Per Sempre / Forever, de Walter Hugo Khouri (1991)

Télévision :
- L'amaro caso della baronessa di Carini, mini-série TV (1975) (Rete 1)
- Per amore, mini-série TV (1976) (Rete 1)
- I racconti fantastici di Edgar Allan Poe (1979), mini-série TV (Rete 1)
- Se Parigi... (1982), programa televisivo de variedades presentado junto a Lino Banfi (Rai 2)

 

 

The Omega Man (Juillet 2018)