Naked Weapon
Titre original: Chek law dak gung
Genre: Action
Année: 2002
Pays d'origine: Hong Kong
Réalisateur: (Tony) Ching Siu-Tung
Casting:
Maggie Q, Anya, Jewel Lee, Marit Thoresen, Almen Wong Pui-ha, Daniel Wu...
 

Quarante jeunes filles de tous horizons sont capturées un peu partout dans le monde. Elles sont envoyées sur une île, et élevées à la dure dans un camp militaire, entraînées afin de devenir des tueuses aussi séduisantes que mortelles. Une sélection impitoyable s'opère au fur et à mesure des épreuves, car au final il ne doit en rester qu'une !

 


Pur produit d'exploitation se rattachant par certains excès à la défunte catégorie III, voilà une production pas toujours réussie mais intéressante autant par ses qualités que par ses défauts. Tout commence plutôt bien, lorsqu'une jeune femme habillée (et filmée) comme dans une pub pour parfum décime tout un étage de gros bras, pour finir explosée au lance-roquette dans sa Porsche blanche. En fait, ce qui ressemblait à un phantasme sur hauts talons était une tueuse professionnelle travaillant pour la mystérieuse Madame M, qui exerce non pas dans la prostitution haute gamme, mais dans l'assassinat en tout genre. La brave femme est maintenant très embêtée, vu que son principal gagne pain vient de s'envoler en fumée. Qu'à cela ne tienne, elle se donne six ans pour former sa nouvelle exécutrice. Dans ce but, elle va capturer quarante jeunes filles de diverses nationalités pour les former sur une île déserte. Commence alors le côté WIP du film, qui nous fera assister à l'entraînement des pauvres filles (ou à leur exécution, car ici on n'hésite pas, quand il faut exécuter même une fillette de quatorze ans). Au bout de six années, et diverses épreuves aussi éprouvantes que sadiques, (comme tuer sa voisine de chambrée), vient enfin le jour fatidique qui couronnera la meilleure. Un dilemme pour Katherine et Charlène liées par une amitié (amour ?) indéfectible. Contre toute attente, trois candidates seront sélectionnées. En récompense de tous ces efforts, les trois rescapées peuvent dîner avec leur future patronne. Mais cette dernière leur réserve encore une désagréable surprise, en les droguant pour les faire violer par trois malabars. Fin de la deuxième partie, et le début d'un certain relâchement jusqu'au final, où le frère d'une victime de Madame M décide de se venger.

 


Le scénario malin, mais pas vraiment original, pioche allégrement dans tous les sens ("Nikita", "Drôles de dames", "Cat's Eyes"...), mélange les genres (action, WIP, policier...), se veut féminin et féministe mais cible essentiellement un certain public masculin. Est-pour cette raison que le film semble bridé dans certains excès, notamment la relation (homosexuelle ?) entre les deux héroïnes, qui aurait gagné à être plus explicite. Au lieu de cela, la belle Maggie Q tombe dans les bras du brave Daniel Wu, ex petit ami de l'actrice et belle gueule du cinoche asiatique. Le personnage de Madame M aurait lui aussi mérité d'être plus étoffé, au lieu d'être sacrifié et expédié en quelques plans furtifs, on aurait bien aimé en savoir un peu plus sur les motivations de cette mystérieuse femme, qui forme des machines à tuer comme on formerait des mannequins. L'ensemble est filmé sans passion, mais avec un certain goût pour l'esthétisme "papier glacé", par Tony Ching Siu-Tung, qui est surtout connu pour être le réalisateur de la trilogie "A Chinese Ghost Story". Poulain de Tsui Hark, il signera la chorégraphie ou/et la réalisation de plusieurs de ses productions (la trilogie "Swordsman", "The Stormrider"...). En 1999, il réalisera même le clip de la chanson "L'Âme-Stram-Gram" pour Mylène Farmer. Bizarrement, c'est justement la chorégraphie qui est le point faible de cette production utilisant beaucoup trop les CGI, les câbles et le ralenti. Ching Siu-Tung transforme ce qui aurait pu être des morceaux de bravoure barbares en numéros de cirque (voir l'héroïne se poser sur la tête d'un adversaire), ce qui amoindrit considérablement la crédibilité et la violence des affrontements. A force de vouloir se rapprocher d'une esthétique "manga", le réalisateur tombe à pieds joints dans le ridicule, les actrices restant quelquefois en suspension pendant plusieurs secondes. Heureusement, le réalisateur se rattrape par quelques plans complètements déjantés, comme le duel où l'une des combattantes utilise des cadres photo comme armes, qui finissent explosés par son adversaire, ce dernier en profitant pour utiliser les morceaux comme projectiles ; ou la mort de Charlène particulièrement hard (suspendue à des crochets enfoncés dans la chair).

 


Mélangez un fétichisme assumé (talons aiguille, petite culotte, armes diverses et variées...), de splendides créatures (la belle Maggie Q, aperçue dans "Die Hard 4", "MI 3" & "Rush Hour 2"), de magnifiques décors, saupoudrez d'un zeste de sadisme et d'un érotisme soft, ajoutez quelques stéréotypes de rigueur (les hommes sont tous des porcs, sauf le gentil policier), et vous obtenez un divertissement basique et décérébré, mais qui se laisse regarder, malgré une flagrante baisse de rythme au milieu. Bref, c'est toujours mieux que Julie Lescaut !

 

The Omega Man
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