Remo sans arme et dangereux
Titre original: Remo Williams: The Adventure Begins
Genre: Action
Année: 1985
Pays d'origine: Etats-Unis
Réalisateur: Guy Hamilton
Casting:
Fred Ward, Joel Grey, Wilford Brimley, J.A. Preston, Kate Mulgrew, George Coe, Patrick Kilpatrick...
 

Un policier de New York, au volant de sa voiture de patrouille, est poussé par un camion blindé dans l'East River après une intervention. Laissé pour mort, il se réveille dans une chambre d'hôpital où un agent secret lui explique qu'il a été désigné pour devenir l'exécuteur d'un service très spécial. Entre les mains de Chiun, un coréen mystérieux maître dans l'art martial du Sinanju, il devient Remo Williams et travaille sous les ordres du docteur Smith, le chef de l'organisation CORE.

 

Les américains ont toujours été jaloux du succès d'un certain agent secret britannique, à tel point que, régulièrement, ils essayent de porter à l'écran plusieurs héros purement américains (Matt Helm, Flint, Fathom, Doc Savage...), dans l'espoir de pouvoir à leur tour profiter d'une franchise aussi lucrative (même s'ils profitent indirectement des retombées, car les James Bond sont toujours distribués par un grand studio). Dans les années 80, ils portent leur choix sur " The Destroyer ", publié en France sous le titre " L'implacable " (Plon). Remo est un super agent ayant été formé à l'art ancestral du Sinaju (art martial inventé par les auteurs) par un maître coréen, ce qui lui permet de se passer des armes à feu et de jouir d'une dextérité hors du commun. Ne recevant ses ordres que du Président lui-même, il est le plus secret des agents, son organisation ne comprenant que trois membres.
Pour mettre toutes les chances de leur côté, les producteurs engagent le réalisateur Guy Hamilton ("Goldfinger") et le scénariste Christopher Wood, tous deux coutumiers avec l'univers d'un certain 007. Cependant, le scénario de Wood qui se divise en trois parties, le recrutement, l'entraînement et la mission, reste beaucoup trop terre à terre par rapport au roman plus délirant, où l'on pouvait rencontrer savant fou, androïde et autres tueurs psychopathes. Remo affronte ici les hommes de main d'une multinationale qui fournit à l'armée, via de nombreux pots de vin, des armes déficientes et dangereuses. Pratiquement intouchable, car ayant réussi à étendre son pouvoir jusque dans les hautes sphères de l'armée et du pouvoir. Ce scénario ressemble malheureusement trop à celui d'un autre agent, et ce n'est pas la réalisation un peu trop académique d'Hamilton qui va arranger les choses.

 

 

Heureusement, si le script est des plus paresseux et peu équilibré, le traitement du personnage principal permet de se différencier, et de prendre ses distances avec les stéréotypes de rigueur à l'époque. Ici, le héros ne peu compter que sur ses aptitudes physiques pour vaincre ses ennemis, pas d'armes ni de gadgets, et encore moins de smoking. Pour arriver à un tel degré d'habilité, le héros va subir un entraînement des plus drastiques, sous la supervision d'un maître coréen de Sinaju, qui est censé être à la base de tous les arts martiaux. Cet entraînement, qui occupe la première partie du film, permet de mettre en place les bases de la relation entre Remo et Chiun, une relation amour/haine ou père/fils qui sera à la base de dialogues savoureux, les meilleurs moments du métrage. En effet, si le film contient son lot de scènes d'actions spectaculaires (dont une séquence de pirouettes sur la statue de la liberté) et quelques idées originales (Remo évite les balles bien avant "Matrix", ou s'évade d'un caisson en utilisant le diamant sur la dent du méchant !), le bonheur est autre part. Car le scénario de Wood a su garder ce qui faisait une partie du succès des romans, c'est à dire cette relation particulière entre Remo et Chiun. Pour une fois, signalons que la version française est aussi jubilatoire que la V.O. grâce à notre Commissaire Moulin (Yves Rénier), qui s'en donne à cœur joie, sa voix complétant parfaitement les performances de l'acteur Fred Ward. Le pauvre Fred qui est passé ici à côté du pactole, tant il collait parfaitement au rôle ; dommage que le film fut un échec retentissant au box office. On remarque aussi, parmi le casting, Kate Mulgrew qui fut une éphémère "Mrs Columbo" dans la série télé du même nom, et surtout le capitaine Kathryn Janeway dans "Star Trek : Voyager" (1995-2001), une des nombreuses variantes du célèbre feuilleton. Il faut aussi signaler la performance de Joel Grey ("Cabaret") qui, aidé par l'excellent travail du maquilleur Carl Fulerton (nominé pour un oscar), s'est transformé en un coréen plus vrai que nature. "Remo" est une production ratée mais incroyablement jubilatoire par certains aspects excessifs (voir le héros marcher sur le ciment frais, ou son maître courir carrément sur l'eau), le tout réalisé le plus souvent en "live" sans effets digitaux. Ajoutez la musique culte de Graig Safan, qui a notamment composé un "Remo Theme" des plus jouissifs, et une interprétation des plus savoureuses, et voilà un vrai film culte.

 

 

The Omega Man

 

# Quelques dialogues :


Chiun à propos de son élève :

"Il bouge comme un babouin, avec les doigts palmés.

Cependant il y a une faible lueur encourageante dans son regard torve.


Le Coréen est la créature la plus parfaite qui n'ait jamais sanctifié la Terre de l'empreinte de son pied."


Chiun : "Pourquoi tout ce qu'on ingurgite dans ce pays est assaisonné au monosidi... monosiou... mono..."

Remo : "Monosodium glutamique, t'es même pas fichu de le dire".

Chiun : "Je sais dire crotte de lapin. Cela ne signifie pas que je dois en manger".


Chiun : "Plus vite !"

Remo : "Tu sais Chiun, il y a vraiment des jours où tu me casses le cul !"

Chiun : "Sans doute, mais parce que c'est le plus court chemin pour atteindre ton cerveau !"


Remo : "Chiun, tu es vraiment incroyable !"

Chiun : "Non, je suis mieux que ça !"

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