Librianna, Bitch of the Black Sea
Genre: Porno , Espionnage , Document
Année: 1981
Pays d'origine: Etats-Unis
Réalisateur: ?
Casting:
Pezda Vanutcka (?), Vladick Cadoy (?)...
 

Il se passe de drôles de choses au-delà du rideau de fer. Des choses peu reluisantes qu'on a trop souvent tendance à rattacher à une guerre froide. Dans Librianna, Bitch of the Black Sea, la Russie est une région chaude, un endroit où, fi des sociétés individualistes, on se réchauffe comme on peut ; où, malgré les idées reçues, les rapprochements Est-Ouest se font plus fréquents qu'on ne veut bien le penser ; un endroit où, pour entretenir de bonnes relations avec le voisin, quand bien même dissident, on s'encule en toute fraternité marxiste.

 

 

"Tiens, voilà du Lénine !" balance notre héros underground à sa compagne de lit, lors de la première véritable scène d'action du film. "Karl, fais-moi une trotskiste" (sous-entendu, un coup par derrière), réclame notre héroïne dégoulinante du social-clitoris (à noter qu'il est spécifié que les noms ont été changés, ainsi que certains dialogues, ce, pour une meilleure compréhension ; ne m'en voulez donc pas si, jamais de manière totalement indépendante de ma volonté, j'édulcore quelque peu les situations ; à l'instar du réalisateur caché derrière cette pellicule pseudo-soviétique, je me permets quelques passerelles afin d'éviter les longues descriptions).
Vous l'aurez compris, Librianna, Bitch of the Black Sea est un drôle de flanc-film. Une arnaque à l'américaine a priori destinée à porter préjudice, une fois de plus, à une Union Soviétique dont on verra ici autant d'oignions que d'unions, histoire de mettre en exergue par A + B (et par Bite + Chatte) les bas-fonds d'un pays en proie à la luxure.
Librianna est une salope contagieuse ! De celle à rendre plus rouge que rouge un pays déjà suffisamment dangereux, qui se passerait volontiers d'une blennorragie. En témoigne le texte défilant en prologue, expliquant que le film dût être tourné dans la plus grande clandestinité, aux risques et périls de ses participants.

 

 

Passé ces préliminaires, nous retrouvons Scott, un journaliste de Seattle, auquel son rédacteur en chef montre un film se déroulant sur place. Une bobine dévoilant un danger grandissant au sein même des grandes instances sociales démocrates. Même le Kremlin est touché ! Les pratiques orgiaques ont intégré une politique déjà largement subversive aux yeux des occidentaux. Que dire d'une armée rouge désarmée, qui cède de plus en plus aux avances de cet agent infiltré, et dont les hommes tendent à sortir de plus en plus leur petit soldat plutôt que leurs armes pour la combattre ? Pas de doute, sans une intervention imminente, ceux-ci sont voués à vider leurs dernières cartouches !

Il convient donc d'aller mener une enquête sérieuse sur le terrain ! Scott s'en va donc traverser l'Atlantique (en train) pour s'aventurer sur un terrain qui s'avèrera encore plus glissant qu'il ne l'aurait cru de prime abord. Il traquera longtemps Librianna avant de la trouver enfin. D'abord échoué dans un coin de la Mer Noire, près d'Odessa, un lieu de villégiature privilégié des élites russes, il fera longtemps chou blanc dans ses recherches ; et c'est seulement après s'être fait sucer par une habitante de Sébastopol qu'il apprendra qu'il vaut mieux se diriger vers Moscou.
Il dévalera alors les marches d'Odessa en renversant un landau pour se rendre dans la capitale, où il se verra enfin rencardé par une trafiquante de cigarettes. Pour mieux pénétrer un monde qui lui paraîtra insondable, Scott pénètrera également la jeune femme. Il s'apercevra trop tard, en la prenant par derrière, de la signification de l'étoile rouge tatouée sur le cul de celle-ci, tant et si bien qu'il échouera directos en taule ! La jeune femme (le spectateur l'aura vu venir de loin, mais aussi de très près, façon macrobiologie...) a beau revendre des clopes au marché noir, c'est avant tout un agent double à la solde du régime de bananes en place.
Contre toute attente, c'est en prison qu'il sera abordé par une Librianna maîtresse en déguisements de toutes sortes ; celle-ci prendra alors le relais de la voix off jusqu'ici présente, et nous expliquera pour quelles raisons elle a vu en Scott le meilleur moyen de mener à bien ses plans ayant pour but de détruire le communisme...

 

 

A bien regarder notre chienne de la Mer Noire et son nouvel acolyte, on a le sentiment d'assister alors à l'une des meilleures comédies françaises de l'an passé, à savoir "Le nom des gens", mais en version couilles pendantes et trous du cul poilus. On rappellera que dans le film avec Jacques Gamblin, Sarah Forestier ralliait des gens de droite à sa cause gaucho-révolutionnaire en couchant avec eux. Je n'avancerai pas ici pour autant que Michel Leclerc, son réalisateur, se soit inspiré de Librianna. Toujours est-il que cette dernière procède des mêmes méthodes porno-libérales pour tenter de faire exploser, de l'intérieur et de façon post-coïtale, un régime qui lui apparaît archaïque.
Autant le dire aussi, notre Scott n'en mènera pas large avant de se retrouver à nouveau au bord de la Mer Noire, infiltré dans le réseau dans lequel évolue Librianna. Si, dès revenu dans cet endroit paradisiaque, Librianna masse Scott et son chibre, celui-ci sera également bien rassasié par la servante écarlate des lieux, laquelle se fera elle-même prendre, par tous les trous, par un énigmatique comparse de la salope de la Mer Noire. Le visage constamment caché, on apprendra que l'homme a eu le visage défiguré lors d'un séjour dans un goulag. Moins crédule, et au regard de la libido exacerbée du bonhomme, le spectateur soupçonnera longtemps que celui-ci s'est surtout fait gicler du foutre dans les yeux jusqu'à s'aveugler, obligeant le réalisateur à un petit réglage scénaristique plutôt bien vu.
Ce ne sont en tout cas pas les dialogues totalement nonsensiques qui éclaireront notre lanterne, quand bien même notre servante évoquée plus haut tiendra la chandelle de ce bon vieux Scott, et de notre chiennasse héroïne, lors d'une scène de plus de dix minutes à couper le souffle, au sein de laquelle notre occidental abdiquera pour rejoindre la cause. Tout du moins en apparence puisque, aussi absurde que cela puisse paraître, c'est en habit d'ours que l'homme finira.

 

 

Terminons ici pour dire, qu'entre-temps, on aura eu droit à quelques belles séquences dignes des meilleurs James Band (Bonne baise de Russie). Du genre de celle où notre ami Bis, Scott, se promenant incognito avec des Ray-Ban plus grosses que sa paire de couilles, s'offrira une glace lors d'une scène spectaculaire pour effectuer une filature ; à quelques tortures en bonnes et dues formes (l'agent barbu qui se fera prendre en sera pour ses frais - on aimerait être à sa place, malgré qu'il ressemble un peu trop à Fidel Castré) ; on admirera la plastique de l'actrice principale (mais qui se cache sous ce pseudo de Pezda Vanutcka ?), même si à regarder ses yeux, on se demande si c'est l'extase de la jouissance où les cigarettes russes de contrebande qui font qu'elle ressemble à une camée perdue dans un film destiné à être vendu sous le manteau. On ne saura jamais trop si cette voix off est du Charleston ou de la Polka (enfin, une danse des pays de l'Est pour la seconde), et donc sur quel pied danser, mais on se gondolera bien du décalage constant entre ce qui est dit et ce qui est montré à l'écran. Voir un mec se prendre un doigt dans le cul par une femelle russe dotée d'un masque de loup, tandis qu'on disserte sur le bien-fondé d'une contre-révolution en marche, est quelque chose que l'on n'oublie pas de sitôt ! La musique est quant à elle à l'image des petits dessins qui viennent s'insérer de manière régulière durant le métrage : bon enfant, elle rythme de façon délicieuse autant les péripéties de notre journaliste que les coups de reins donnés ici et là. Bref, tout compte fait, Librianna, Bitch of the Black Sea est un petit moment de pornard singulier et rigolard que les cochons (et leur abbé avec - l'abbé des cochons quoi... ) auraient tort de bouder.

 

 

Mallox

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