Submersion du Japon, La
Titre original: Nippon chinbotsu
Genre: Science fiction , Drame , Catastrophe
Année: 1973
Pays d'origine: Japon
Réalisateur: Shirô Moritani
Casting:
Lorne Greene, Keiju Kobayashi, Rhonda Leigh Hopkins, Hiroshi Fujioka, Tetsurô Tanba...
Aka: Tidal Wave
 

Grâce à un petit sous-marin de recherche, l'homme peut descendre à 10 000 mètres de fond pour observer les glissement des continents. Il y a deux millions d'années le Japon n'était pas une île. Aujourd'hui, un expert découvre avec stupeur que son pays va être immédiatement rayé de la surface de la terre.

 

 

Durant les années 70, si les États-Unis croulent sous les films catastrophes relancés par le succès de titres comme "Airport", "L'Aventure du Poséidon" ou "La Tour infernale", d'autres pays s'intéressent également à ce genre alors en vogue. Au travers de productions comme "La Dernière guerre de l'apocalypse", La submersion du Japon, "Cataclysme force 7.9", Nostradamus – Fin du monde an 2000 ou encore Virus, le Japon allait également marquer les esprits de bon nombre de spectateurs.


Il n'allait pas falloir attendre bien longtemps pour que la Toho, plus généralement connue pour ses kaiju eiga et la série des Godzilla, s'intéresse de près aux écrits du célèbre auteur de science-fiction japonaise, l'écrivain Sakyo Komatsu (également à l'origine du roman Virus et son épidémie apocalyptique, porté au cinéma en 1980). Dès la parution du best-seller "La Submersion du Japon", le projet du film du même nom se retrouve dans les mains de Shirô Moritani. Traité de manière sérieuse et pessimiste, La Submersion du Japon propose un récit ambitieux qui fait intervenir différents types de catastrophes naturelles qui auront pour conséquence la disparition totale du Japon ! Il faut dire que l'histoire du pays est liée d'assez près aux tremblements de terre, éruptions volcaniques et autres raz de marée, qui répondent tous présents ici. Et ce n'est sans doute pas un hasard si le roman de Sakyo Komatsu a également connu diverses transpositions, que ce soit au travers d'un manga, d'une série télévisée, ou d'adaptations radiophoniques. Récemment, une nouvelle version cinématographique a vu le jour, profitant des avancées technologiques en terme d'effets spéciaux.

 

 

Le film débute sur des images relatant la formation des continents, en mettant bien évidemment l'accent sur l'apparition de l'archipel japonais, amené à être rayé de la carte. En effet, après qu'une île située au large du Japon ait disparu sous les flots, un géophysicien chargé de l'enquête découvre une révélation terrifiante. D'ici une dizaine de mois, le Japon sera complètement englouti par les flots. Si dans un premier temps le gouvernement émet quelques réserves, celui-ci va pourtant devoir faire face à l'inévitable… les alarmantes conclusions du scientifique sont véridiques, et la nature en rajoute une couche en accélérant le mouvement des plaques tectoniques. Des tremblements de terre de plus en plus fréquents causent d'énormes dégâts, les volcans se déchaînent, les villes sont ravagées par des incendies, et d'autres surprises de taille sont à venir. Le peuple japonais semble condamné, il va donc falloir trouver une solution…
C'est d'ailleurs sur ce dernier point que repose toute l'originalité de La Submersion du Japon. Alors que la peur et la paranoïa s'installent lentement dans les esprits, avant que la population ne cède à la panique, les dirigeants du pays doivent faire face à des décisions délicates. Que faire en effet de plusieurs dizaines de millions de ressortissants japonais ? De longs échanges politiques et diplomatiques s'engagent alors, que ce soit de manière officieuse ou officielle, mais sans grands résultats… Une réunion de crise des Nations Unies va tout de même permettre des accords permettant la prise en charge par divers pays d'environ 10% de la population, le reste étant amené à disparaître en même temps que leur pays. De nombreux personnages aux profils différents se retrouvent donc au centre d'un récit qui ne laisse que peu de place à l'espoir, et si certains d'entre eux sont plutôt bien esquissés, difficile pourtant d'échapper à quelques clichés plus ou moins appuyés. Il en est de même pour les dialogues, dont découlent part ailleurs quelques longueurs et interrogations, dans les versions américaines et françaises en tout cas.

 

 

En effet, sur les presque deux heures trente que dure le métrage japonais, il n'en reste plus grand-chose dans les versions distribuées à l'international. Du côté des États-Unis, c'est Roger Corman qui récupère les droits du film, afin de proposer une version à priori intégrale sous-titrée, qui restera cependant dans l'ombre d'une version doublée (diffusée sous le titre Tidal Wave), tronquée d'environ une heure, et à laquelle de nouvelles séquences tournées pour l'occasion et mettant en scène l'acteur Lorne Greene ont été intégrées. En France, c'est encore un autre montage auquel nous avons eu droit, lui aussi amputé de quasiment une heure. Après une timide sortie en salles et une diffusion en VHS, le film va petit à petit sombrer dans l'oubli chez nous et sera loin de connaitre le même succès que dans son pays d'origine.


Dommage, car en dépit d'une approche résolument humaine qui laisse une grande part à l'éthique, La Submersion du Japon n'en oublie pas d'être spectaculaire. L'énorme budget alloué à cette production permet la mise en place de séquences cataclysmiques impressionnantes. Tremblements de terre, éruptions volcaniques, tsunamis, incendies, des villes qui tombent en ruines, il y en a pour tous les goûts ! Les victimes se comptent par milliers alors que la population tente de survivre au milieu de bâtiments qui tombent en miettes alors que ça explose de tous les côtés. Les effets spéciaux sont dans l'ensemble une belle réussite, et mélangent de manière convaincante images d'archives, maquettes et séquences tournées en studio à l'échelle réelle. Quelques trucages demeurent perfectibles, mais dans l'ensemble, difficile de faire la fine bouche.

 


Si l'édition française retranscrit correctement l'ambiance pessimiste et offre un spectacle cataclysmique que l'on suit avec plaisir, le traitement sommaire qu'il reste des relations politiques et diplomatiques qui sont au centre du récit s'avère au final décevant. Malgré quelques longueurs, il est donc préférable de privilégier la vision de la version japonaise du film, qui permet de profiter sans aucune réserve d'un grand film catastrophe, autrement plus intelligent et dramatique que bon nombre de ses semblables.


Nicolas

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