Vengeance des zombies, La
Titre original: La rebelión de las muertas
Genre: Zombie , Horreur
Année: 1974
Pays d'origine: Espagne
Réalisateur: León Klimovsky
Casting:
Paul Naschy, Romy, Mirta Miller, Vic Winner, María Kosty, Aurora de Alba, Luis Ciges, Antonio Pica, Elsa Zabala...
Aka: Vengeance of the Zombies / Walk of the Dead / Blood Revenge of the Zombies / Revenge of the Living Dead / The Rebellion of the Dead / The Rebellion of the Dead Women
 

Lorsque sa cousine et meilleure amie est mystérieusement retrouvée assassinée, Elvire Irving, sous le choc, trouve réconfort avec Krisna, un guru indien qui l'héberge chez lui. Malheureusement, le tueur n'a pas fini son travail et les meurtres se multiplient dans l'entourage de Elvire. Et comme si cela ne suffisait pas, le meurtrier utilise la magie vaudou afin de ressusciter ses victimes et de les utiliser comme serviteurs !

 

 

Il n'y a pas si longtemps, un général régnait encore sur l'Espagne et pour beaucoup le cinéma de genre se résumait alors au surestimé Jess Franco. Mais une autre figure marquante, certes moins connue à l'étranger mais particulièrement appréciée dans son pays, apparut à cette époque : il s'agit de Jacinto Molina Álvarez alias Paul Naschy (1932-2009). Producteur, scénariste, réalisateur et acteur, vouant une admiration sans borne aux monstres de l'Universal, il travailla avec des réalisateurs comme León Klimovsky, Carlos Aured, Javier Aguirre, Jose Luis Madrid, Juan Piquer Simon, Francisco Lara Polop ou Jose Luis Merino. Sa notoriété nationale et internationale viendra grâce au personnage de Waldemar Daninsky, le lycanthrope qui apparaitra dans douze films ! Seul un Amando de Ossorio et sa tétralogie des "Templiers" aura autant de succès à l'étranger. Si Naschy connut la notoriété en Espagne (nombre de ses films ne sortirent même pas du pays), il connut aussi un joli succès au Japon ou en Allemagne.

 

 

Le réalisateur León Klimovsky est né à Buenos Aires en 1906. Passionné de cinéma, il crée le Ciné Club Argentine et finance quelques salles d'art et essai, puis, pendant les années quarante, il devient scénariste et assistant réalisateur. Dans les années cinquante, alors qu'il devient enfin réalisateur, il s'installe en Espagne, et s'illustre dans les années soixante dans des genres plus commerciaux comme le western paella ("Django une balle pour toi", "Quelques dollars pour Django", "Torrejón City", "L'homme qui venait pour tuer", "Le défi des McKenna", "Billy le Kid", "Quinto : à ne pas tuer", "Autour de lui, que des cadavres", "Le Colt du révérend"). Mais c'est sa rencontre avec Paul Naschy qui le propulsera "spécialiste" du film d'horreur ("La Furie des vampires", "Doctor Jekyll y el Hombre Lobo"). Les deux hommes tourneront plusieurs films ensemble : "E Mariscal del Infierno", Una libelula para cada muerto, "Muerte de un quinqui" et "Secuestro".

 

 

Outre la présence de Paul Naschy, véritable vedette du film, on peut découvrir un panel de beautés comme Mirta Miller, qui joue merveilleusement le rôle de son assistante. Argentine de naissance, l'actrice arrive en Espagne dans les années soixante mais c'est pendant la décennie suivante qu'elle va se faire remarquer en devenant une des égéries du cinéma comique espagnol, ce qui ne l'empêchera pas d'apparaitre dans des films d'horreur ou d'aventures : "Le Grand amour du comte Dracula" (1972), "Doctor Jekyll y el Hombre Lobo" (1972), "Les Amazones, filles pour l'amour et pour la guerre" (1973), "Santo contra el Doctor Muerte" (1973), Gatti rossi in un labirinto di vetro (1977), "Sexo sangriento" (1981), "Le Tueur de monstres" (1982) ou "Bolero" (1985).
Aurora de Alba, quant à elle, fréquente les écrans ibériques depuis les années cinquante, elle incarnera l'inoubliable comtesse Wandessa Mikhelov dans "Les Vampires du Comte Dracula" (1968), suivront d'autres productions fantastiques comme "Les Orgies macabres", Plus venimeux que le Cobra, etc. La blonde María Kosty (ou Kosti) se partage entre la télévision et les films d'horreur, on a pu la remarquer dans "La Saga de los Dracula" (1972), "Exorcismo" (1975), "La Chevauchée des morts vivants" (1976) ou La noche de los brujos (Night of the Sorcerers) (1974). La moins connue reste ironiquement l'héroïne, interprétée par Romy (alias Carmen Romero), apparue aux côtés d'Anthony Steffen dans un obscur giallo Los Mil ojos del asesino (1973).

 

 

Abandonnant toute continuité scénaristique au profit de l'efficacité, Klimovsky réalise quelques scènes sanglantes et légèrement érotiques : tout d'abord le prologue où un couple de profanateurs se retrouve enfermé dans une crypte alors que leur victime revient à la vie et les occis tous les deux. Une excellente mise en bouche, et la suite nous réserve encore quelques beaux moments : le meurtre d'un couple faisant l'amour, une cérémonie où les mortes vivantes sortent de leurs cercueils, le meurtre des deux policiers dans le cimetière, etc. Malheureusement, ce parti pris nuit considérablement à la cohérence de l'ensemble, le réalisateur choisissant de longs passages de dialogues pour combler les trous (béants) du scénario dont l'idée de base reste pourtant séduisante. En effet, l'idée du tueur utilisant le vaudou comme arme est particulièrement intéressante, mais assez mal exploitée. Si le mélange du giallo avec le surnaturel semble assez réussi, le côté Krisna hindouiste ne peut éviter un certain ridicule, surtout que Naschy, pourtant habitué à se grimer, a bien du mal à rester crédible en hindou de supérette. Sa prestation en diable ne vaut guère mieux : peinturluré et cornu, l'acteur frôle l'indigence... Il reste heureusement le rôle du tueur dans lequel il peut enfin donner libre cours à son talent !

 

 

Oubliez les morts vivants modernes à la Romero, nous sommes ici dans le vaporeux et le sensuel plus proche des vampires de Jean Rollin que du réalisme crapoteux, les mortes vivantes se déplacent au ralenti en sautant sur les pierres tombales et sont de ferventes adeptes de la chemise de nuit transparente. Si l'on devait trouver une référence c'est plutôt du côté de L'Invasion des morts vivants de John Gilling qu'il faudrait chercher : loin de la créature assoiffée de chair fraîche que nous avons l'habitude de voir, le mort vivant est ici une créature surnaturelle qui sert d'instrument au sombre dessein d'un tueur. Le duo Klimovsky / Naschy nous avait habitué à beaucoup mieux (voir "La Furie des vampires") : le scénario particulièrement mal ficelé de Naschy, trop occupé à se donner le beau rôle (en fait, il interprète trois personnages), ne laisse pas beaucoup de liberté au réalisateur, mais ce dernier a assez d'expérience pour ficeler correctement quelques belles séquences et livre un produit standard mais plein de charme qui rappelle une autre époque.

 

 

The Omega Man

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