Mad Mission
Titre original: Jui gaai paak dong
Genre: Comédie , Action
Année: 1982
Pays d'origine: Hong Kong
Réalisateur: Eric Tsang
Casting:
Samuel Hui, Karl Maka, Sylvia Chang, Lindzay Chan, Sing Chen, Tat-Wah Cho, Carroll Gordon, Dean Shek, Raymond Pak-Ming Wong, Tsui Hark...
Aka: Zui jia Pai dang (Mandarin) / Aces Go Places (International) / Diamondfinger (Allemagne) / La Poursuite la plus folle au monde (Canada)
 

Un audacieux voleur de bijoux réussit à subtiliser une fortune en diamants. Mais lorsque son partenaire est assassiné et que les bijoux disparaissent, il se retrouve à devoir faire équipe avec un détective américain maladroit et une policière de Hong Kong. L'association s'annonce compliquée !

 

 

Le réalisateur Eric Tsang est un ancien footballeur reconverti en cascadeur, puis scénariste. Il devient acteur en 1977 puis réalise son premier film, "The Challenger" en 1979, sans jamais pour autant abandonner sa carrière d'acteur. Il est devenu ensuite l'assistant de Samo Hung et de Jackie Chan et Tsang aurait logiquement dû les rejoindre à la Golden Harvest. C'était sans compter sur Carl Mak qui lui propose juste avant d'intégrer la société de production Cinema City, une offre que Tsang accepte. Sa première mission est de réaliser un blockbuster pour le nouvel an chinois, dans le but inavoué de battre le champion local du box-office local, Jackie Chan. Eric Tsang et Carl Mark ont alors l'idée de mélanger les éléments comiques des films de Chan aux courses poursuites et aux gadgets contemporains, en filmant le tout de manière stylisée.

 

 

La série se caractérisera peu après par un trio d'acteur qui deviendra pratiquement indissociable (seule Sylvia Chang ne participera pas au cinquième opus), assimilé de fait à la franchise.
Carl Mak, aussi appelé Karl Maka (de son vrai nom Mak Kar-sheung), est un producteur, réalisateur et acteur hongkongais resté célèbre pour avoir produit et joué dans les cinq Mad Mission, mais aussi pour avoir produit plusieurs films réalisés par Ringo Lam, à savoir "City on Fire", "Prison on Fire I & II", "School on Fire" et "Guerres de l'ombre". Son complice, Sam Hui (Samuel Hui / Hui Koon-kit) est avant tout un chanteur, compositeur et interprète extrêmement célèbre dans l'ancienne colonie britannique. Également acteur, il participera donc aux cinq films de la série Mad Mission !
La Taïwanaise Sylvia Chang (Sylvia Chaung Ai-kar à la ville) est quant à elle chanteuse, actrice, scénariste et réalisatrice. Elle a débuté très tôt dans l'industrie cinématographique, notamment aux côtés de Jimmy Wang Yu ("Le Dragon tatoué") ou Chuck Norris ("Massacre à San Francisco") avant d'enchaîner les projets variés : citons entre autres Tsui Hark ("Shanghai Blues"), Ang Lee ("Salé, Sucré") ou Johnnie To ("Office"). Elle peut s'enorgueillir d'une déjà belle carrière lorsqu'elle tourne ce premier opus de la série des Mad Mission. Outre sa participation à quatre d'entre eux, on a également pu la voir dans un épisode de la série "MASH", aux côtés de Mel Gibson dans "Attack Force Z" et, bien plus tard, dans le "Le Violon rouge".

 

 

À la toute fin des années 70, le cinéma chinois est en pleine mutation. Tsui Hark vient de sortir "L'Enfer des armes", Jackie Chan commence sa montée en puissance avec "La Hyène intrépide" avant de nous balancer "Le Marin des mers de Chine". Quant à John Woo, il ne tournera son "A Better Tomorrow" qu'en 1986. Le cinéma hongkongais, en pleine restructuration, essaie avant tout de faire oublier une décennie de kung-fu et de sous-Bruce Lee ! Le temps est venu de faire autre chose, de se réinventer... c'est à ce moment-là que déboulent toute une flopée de comédies d'action et de polars urbains. La compagnie de production Cinema City, fondée en 1980 par Karl Maka, Raymond Wong et Dean Shek, incarne à une vitesse record ce renouveau. Les réalisations se font plus soignées, les styles visuels plus perfectionnés, les effets spéciaux sont mis au goût du jour tandis que les cascades foisonnent. À sa manière, le nouveau cinéma hongkongais assume ses ambitions, à savoir concurrencer Hollywood sur le territoire asiatique, et la vitrine de ce savoir-faire est alors la franchise des Mad Mission ! Anticipant le succès de Jackie Chan, Karl Maka livre avec ce premier opus un film décomplexé, jubilatoire... tout est désormais permis en termes de spectacle ! Mad Mission, c'est un peu le cirque Bouglione avec ses clowns (Carl Mak / Sylvia Chang / Sam Hui) et ses cascadeurs à la place des acrobates...

 

 

Présenté comme une parodie des James Bond (ce qu'il est par moment), ce premier opus est en fait un pastiche à peine voilé de la série des "Panthère rose" ainsi qu'un hommage au regretté Peter Sellers. Ce dernier apparaît d'ailleurs sous forme de photos, lors d'un briefing à voir comme un clin d'œil mais aussi comme un prolongement informel des films de Sellers. Le scénario a d'ailleurs de nombreuses similitudes avec celui du premier "Panthère rose" puisqu'un inspecteur maladroit et stupide doit arrêter un voleur de bijoux. Certains gags réussis (voir celui des miroirs dans l'ascenseur et l'autre, récurrent, des bombes) rappelle furieusement la patte du duo Edwards-Sellers. Certes, Carl Mak n'a pas le talent de Sellers et l'humour cantonais peut parfois laisser perplexe mais il faut bien avouer que le trio d'acteurs se dépense sans compter pour nous divertir (parfois au péril de leur sécurité). Sylvia Chang est d'ailleurs impeccable dans son personnage de femme-flic coriace, un rôle qui paraissait caricatural de prime abord mais qui, pris au premier degré, fera quelques années plus tard la gloire des Michelle Yeoh et autres Cynthia Khan.

 

 

La plus grande qualité de ce premier Mad Mission est sa diversité et sa recherche constante du divertissement, tout à la fois par le spectaculaire, avec des cascades parfois à la limite de l'inconscience (voir comment un cascadeur saute dans le sens de la longueur au-dessus d'une Trans Am fonçant droit sur lui) et rempli de gadgets saugrenus (les voitures téléguidées explosives par exemple). De par son humour, le film d'Eric Tsang finit de ratisser et intègre donc diverses influences telles que le dessin animé (le personnage de l'indicateur), le vaudeville (l'histoire d'amour entre Max et Chang), le visuel (la balance des pendus), et, évidemment, le slapstick (impliquant une part de violence physique volontairement exagérée).
Notons au passage qu'il existe une version française, pas trop mal, avec Francis Lax doublant Carl Mak et des répliques du genre : "Vous voulez que je montre mon cul pour 500,000$ ?" demande une jeune fille, avant qu'un chauffeur de taxi lui rétorque : "Pour 500,000$, je peux aussi vous montrer mes couilles !".
Certains considéreront cela comme complètement stupide, mais il reste quoi qu'il en soit un vrai divertissement dans toute l'acception du terme, soit sans prétention et doté d'une énergie communicative. N'oublions pas que Mad Mission reste l'un des films fondateurs (et novateurs) de la nouvelle vague hongkongaise, celle des années 80... une franchise qui permettra à des réalisateurs comme Ringo Lam ou Johnny To de se faire remarquer ou bien encore à Tsui Hark de rester à flot...

 

 

The Omega Man

 

 

En rapport avec le film :


# La critique de La Folle équipée (Mad Mission 2)

Vote:
 
5.00/10 ( 1 Vote )
Clics: 232
0

Autres films Au hasard...