Boys en Enfer, Les
Titre original: Jungle Heat
Genre: Guerre
Année: 1985
Pays d'origine: Etats-Unis / Hong Kong
Réalisateur: Jobic Wong (Lai Wong)
Casting:
Sam Jones, Christopher Doyle, Melissa Sue Anderson, Bobby Ming, Tan Tao Liang, Fan Mei Sheng, Craig Scott Galper, Lenny Bryce, Chen Sing...
 

Vietnam, alors que la guerre touche à sa fin un groupe de recrue locale subit un entraînement militaire intensif. Leur première mission sera de convoyer une cargaison d'armes. Mais ces derniers tombent dans une embuscade et sont capturés par la guérilla vietnamienne.
Dans les années 80 un nouveau genre de film de guerre est apparu, le NAM movies c'est à dire les films basés sur la guerre du vietnam. Italien, Américain, Taiwanais, Belges, Johnny Hallyday,... tout le monde c'est fendu de sa version de la plus farfelue à la plus réaliste. Les Chinois ne furent pas en reste (voir l'excellent "Une Balle dans la Tête" de John Woo), au milieu des année 80, ils signèrent donc cette petite production mal jouée, montée avec les pieds et totalement incohérente (essayer de comprendre la version anglaise). Le film aurait put finir dans les limbes de la série Z, s'il ne sombrait brutalement sans crier gare dans l'outrance et la démesure digne d'un film d'horreur. Une sorte d'accouplement contre nature entre une production indonésienne et un nazixploitation crapoteux ou quand Barry Prima rencontre Ilsa.

 

 

Démarrant comme un traditionnel film de guerre avec l'arrivée et l'entraînement d'un groupe de recrues, le film dérape d'un coup dans l'horreur et le sadisme. Le ton est donné lors d'une scène aussi hallucinante que gratuite où l'on voit un rat arrosé d'essence, s'embraser et courir en flamme dans une pièce. Il faut préciser que des prisonniers sont attachés assis les jambes allongées et arrosées d'essence. Je ne vous raconte pas l'effet lorsque le rat enflammer leur passe dessus, charmant. Une séquence qui a été supprimée de la version française distribuée à l'époque par René Château, mais qui figure bien sur le dvd anglais et allemand. Le ton est donné et nos malheureux bidasses ne sont pas au bout de leur peine, emprisonnés par la guérilla ils arrivent dans un camps de prisonnier où ils découvrent un pauvre type enterré jusqu'au cou. Le chef du camp, un gros chevelu sadique qui reviendra plusieurs fois au cours de l'histoire, lui rase la tête, pratique une entaille au rasoir dans le cuir chevelu et verse un peu d'acide sur le tout. L'effet est radical le type sort subitement de son trou en s'épluchant complètement comme une orange.
La suite est toujours aussi mauvaise et incompréhensible, les faux raccords pullulent et les personnages sont tellement nombreux qu'on a du mal s'y retrouver. Par contre de nombreuses autres séquences gores et glauques vont squatter le film. Un prisonnier attaché à un arbre par une tige en acier qui lui traverse les mains va s'évader en arrachant le tout. Un pauvre type est scié en deux, un autre est décapité ou perd un bras, les plus chanceux sont brûlés vifs... le délire total on a l'impression que Diane Thorne va surgir à tout moment revêtue de son uniforme de SS. Les effets spéciaux sont évidemment à l'image du film, quasi artisanaux, voir inexistant comme malheureusement ce pauvre rat brûlé vif.
Le script se déroule sans vraiment de logique, le groupe s'évade du camp est repris ensuite par le même tortionnaire et retrouve ce dernier dans les égouts pour le final. J'oubliais de préciser que lorsque nos bidasses ne sont pas aux combats il assiste, pour se faire un peu d'argent de poche, à un petit divertissement local des plus folklorique. Ce dernier consiste à passer sous un semi remorque en moto sans être happé par ce dernier, le tout rehausser par des stock-shot de la sécurité routière du plus bel effet. Evidemment l'un d'eux va sauvagement se viander sous le regard horrifié de ces compagnons survivants et de sa bien aimée. La pauvre complètement traumatisée va alors s'enfuir en pleurant suivit par le petit groupe le tout filmé devant un magnifique coucher de soleil, THE END, même dans le pire des "soap" on aurait jamais osé !

 



Si le nom de Sam Jones (Flash Aaaaa you save the univers, pom pom pom...) est bien en évidence sur l'affiche l'acteur n'a évidemment qu'un rôle secondaire, il entraîne le petit groupe au début du film et revient à la fin pour sauver ce qui reste. A part Christopher Doyle un de ces hommes à tout faire du cinéma populaire (acteur, cascadeur, réalisateur seconde équipe) et Chen Sing (l'un des méchants du cinéma chinois) les autres acteurs ne semble pas avoir persévéré (on comprend vite pourquoi à la vision de la chose).
Miracle d'une époque bénie et révolue où l'on sortait tout et n'importe pourvu que cela tienne sur une cassette vidéo (merci monsieur Château). Voila une oeuvre improbable qui est devenue crapuleusement culte par ces excès d'une violence incroyable. Ce qui donne à ce mauvais film de guerre une troublante et inespérée efficacité à la limite du snuff.

 

The Omega Man
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