Week-ends maléfiques du Comte Zaroff, Les
Genre: Erotique , Horreur
Année: 1976
Pays d'origine: France
Réalisateur: Michel Lemoine
Casting:
Michel Lemoine, Howard Vernon, Nathalie Zeiger, Joëlle Coeur, Martine Azencot, Patricia Mionnet, Maria Mancini...
Aka: Seven Women for Satan / Sept Femmes pour un Sadique
 

Le Comte Boris Zaroff est le dernier descendant d'une lignée d'aristocrates décadents. Homme d'affaires la semaine, il passe ses week-ends dans le château familial qu'il occupe en compagnie de Karl, son majordome. Ce dernier, soucieux du confort de son maître, s'arrange toujours pour lui trouver une nouvelle soubrette afin d'égayer les nuits un peu tristes de cet endroit désolé. Karl est lié par un pacte. Son père a servi le père de Boris, et on peut remonter ainsi dans le temps pendant de nombreuses décennies. Le majordome semble toutefois s'accommoder de cette situation, et cette absence de libre arbitre quant à sa situation professionnelle ne l'empêche pas de profiter des penchants on ne peut plus déviants de son maître. On peut même dire qu'il est le déclencheur des pulsions sadiques, du potentiel désaxé du Comte. Si le châtelain se contente parfois de rêver qu'il traque sa victime dans les bois environnants, juché sur un destrier, et accompagné de son dogue allemand, c'est bien Karl qui met en pratique les phantasmes de Zaroff, en jouant les rabatteurs, ou en glissant une drogue dans un verre de champagne destiné à une innocente jeune femme.

 

 

Mais l'origine des maux du Comte Zaroff vient d'une obsession envers une jeune femme, Anne de Boisreyvault, qui fut la maîtresse de Zaroff père. Vêtue de blanc, elle hante non seulement la mémoire de Boris mais aussi tous les lieux dans lesquels il se trouve, que ce soit à l'intérieur ou à l'extérieur du château. Que peut bien vouloir le fantôme d'Anne (qui mourut tragiquement, probablement à cause d'un mari jaloux) envers le dernier descendant des Zaroff ? Essaie-t-elle de lui transmettre un message, où veut-elle le conduire à sa perte ? Les tourments incessants de cette femme insaisissable conduisent le Comte à des actes que la morale réprouve. La seule médecine qu'il ait trouvé pour ne pas sombrer dans une folie irréversible consiste à assouvir ses pulsions extrêmes sur des jeunes femmes aussi belles que naïves (pour ne pas dire nunuches). Comme cette secrétaire, par exemple, qu'il vient d'engager et qu'il invite dans son château, prétextant un inventaire à finaliser. Elle ne ressemble pourtant pas à la défunte Anne, loin s'en faut, et pourtant le subconscient de Boris va inévitablement le ramener vers l'objet de son obsession, tel un miroir déformant. Le Comte Zaroff pourra-t-il échapper à la malédiction ?

 

 

"Les Week-Ends Maléfiques du Comte Zaroff" est l'oeuvre de Michel Lemoine, à la fois scénariste, réalisateur et acteur de ce film phare du cinéma bis français des années 1970. Son atmosphère rappelle fortement certains films de Jess Franco (pour qui Lemoine voue le plus grand respect), au même titre que d'autres oeuvres hexagonales de cette époque, comme "La Rose Ecorchée" de Claude Mulot, ou encore "Orloff et l'Homme Invisible" de Pierre Chevalier. D'ailleurs, ce n'est certainement pas un hasard si ces trois films ont pour dénominateur commun la présence d'Howard Vernon, encore une fois exceptionnel, et volant sans conteste la vedette à Michel Lemoine, meilleur dans son jeu d'expressions que dans les mots.
Car Michel Lemoine fut au début de sa carrière plus porté vers le théâtre, avant de s'exiler en Italie, à Rome, où il tournera dans 37 films. L'homme est un véritable paradoxe du cinéma, ayant côtoyé des noms illustres comme Jean Cocteau, Sacha Guitry, Colette, Pierre Brasseur. Après, l'Italie marque un virage total dans sa carrière, avec des oeuvres comme "Le Monstre aux Yeux Verts", "Hercule contre Moloch" et "La Vengeance du Masque de Fer". Marié à Janine Reynaud, c'est grâce à elle qu'il va rencontrer Jess Franco, avec qui il tournera notamment dans "Necronomicon". Mais Lemoine est aussi un inconditionnel de José Bénazéraf, autre figure emblématique du cinéma de genre (sa femme et lui joueront ensemble dans "Frustration"). L'influence des deux hommes transparaît dans son seul film d'horreur, au même titre que Robe-Grillet (Nathalie Zeiger, qui joue le rôle de Muriel dans "Les Week-Ends Maléfiques..." est d'ailleurs une habituée des films de Robe-Grillet) et évidemment Jean Rollin (dont Joëlle Coeur est l'une des actrices préférées).

 

 

"Les Week-Ends Maléfiques..." est un fleuron du cinéma bis, rempli d'invraisemblances, de dialogues délirants, d'horreur "cheap" et d'actrices déshabillées. L'une des scènes cultes de ce film demeure le passage des touristes demandant à tester l'une des machines de la salle des tortures située dans les sous-sols du château, ce que Zaroff ne manquera pas de faire, évidemment...
Ce film a la particularité d'être l'un des rares à ne pas avoir connu de sortie dans les salles françaises, puisqu'il fut immédiatement interdit à l'époque par la commission de censure. Le texte était le suivant : "Ce film présente, sous couvert d'un appel à l'étrange et au surréel, une panoplie complète de moments de sadisme, de cruauté, d'érotisme voire de nécrophilie qui ne sont tempérés ni par la moindre poésie, ni par l'humour. Il ne saurait être vu que par des adultes."
Une dernière phrase lourde de sens, qui classait le film X, ce qu'il n'était certainement pas. Car, si l'érotisme est largement présent dans "Les Week-Ends Maléfiques...", il paraîtrait bien désuet aujourd'hui en comparaison d'autres oeuvres bien plus sulfureuses. Malheureusement, le film de Michel Lemoine a eu la malchance de sortir en 1976, au moment où les films X, après avoir saturé le marché du cinéma, étaient "ghettoïsés" par des soi-disants défenseurs de la morale et de la vertu. Des films non pornos ont subi le même sort, dont celui-là. Il faudra attendre le début des années 1980 pour le voir par le biais de la vidéo, et pouvoir en goûter enfin la "substantifique moelle".

 

 

Note : 5/10

 

Flint

 

 

En rapport avec le film :

Vote:
 
6.35/10 ( 17 Votes )
Clics: 5558

1 commentaire(s) pour cette critique


Autres films Au hasard...