[M] [Critique] Les Requins - 1975

 
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mallox
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MessagePosté le: Dim Juin 17, 2018 9:10 am    Sujet du message: [M] [Critique] Les Requins - 1975 Répondre en citant






Les Requins - 1975
(Sharks' Treasure)

Origine : États-Unis
Genre : Aventures / Action / Agression Animale / Thriller pêcheur

Réalisé par Cornel Wilde
Avec Cornel Wilde, Yaphet Kotto, John Neilson, Cliff Osmond, David Gilliam, David Canary, Gene Borkan, Caesar Cordova...

Autres titres : De l'or, des requins et des hommes / Le trésor de requins (titre mongolitos littéral dû à Vodkaster) / El tesoro de los tiburones (Espagne) / La venganza de los tiburones (Argentine/Colombie) / Requins (?)






Un trésor enfoui dans un galion au plus profond de la mer des Caraïbes ! Il n'en faut pas plus à Jim, Ben et Ron pour tenter l'aventure. Soustrait à la convoitise des hommes, le fabuleux trésor a trouvé d'implacables gardiens en la présence d'une multitude de requins qui veillent sans relâche sur lui... Jim parviendra à triompher des mangeurs d'hommes, pour tomber sur d'autres requins, d'une espèce plus vorace : cinq bagnards en rupture de ban, bien décidés à se remplir les poches. Après avoir triomphé des requins, un danger bien plus grand guette Jim et ses amis...






Inutile de refaire ici la carrière de Cornel Wilde, comme acteur tout comme réalisateur, chose déjà faite avec les chroniques de films hélas trop souvent méprisés ou oubliés, les excellents et précurseurs Beach Red et Terre brûlée, qui suivaient eux-mêmes le remarquable "La proie nue". À redécouvrir aujourd'hui l’œuvre de Wilde derrière la caméra, le traitement qui lui fut réservé, que ce soit par les critiques puis les encyclopédistes, tient, au mieux, de l'aveuglement et d'un manque de personnalité, au pire de l'incompétence et de l'usurpation culturelle. Comment est-il possible de ne pas voir à travers les films de Wilde une véritable sensibilité ? Il suffit pourtant d'enchainer la poignée de vigoureuses pelloches qu'il a tournées pour qu'une véritable personnalité émerge, avec des films possédant tout à la fois une vision et une âme. Qu'on apprécie ou non ses films n'est pas le problème, le problème est d'éluder un auteur, quelle que soit sa valeur.






Concernant Sharks' Treasure, dernière mise en scène de Wilde, s'il renoue avec le côté sportif et/ou aventurier de ses premiers films ("Le virage du diable", "Lancelot chevalier de la reine", "Maracaibo") il faut bien admettre qu'il n'est pas au niveau de ses prédécesseurs. La faute en incombe au scénario écrit par l'acteur-réalisateur, lequel a du mal à se renouveler, laissant sur une impression d'avoir fait du sur place. Les Requins a beau jouer la carte du thriller maritime avec ces pirates venant accoster nos quatre aventuriers, transformant même, le temps d'une scène, le bateau en ring de boxe, l'ensemble, sans être mauvais, manque de remous et de sel.
Certes, les histoires de trésor ont quelque chose tenant du fantasme qui les rendent assez souvent attractives, mais elles ne se suffisent pas non plus à elles-mêmes. Au niveau caractérisation, on a également du mal à croire à certains personnages et affinités. Ce chef des bandits (Cliff Osmond, vu régulièrement chez Billy Wilder) qui cesse d'un seul coup de picoler après un laïus de Wilde sur les méfaits de l'alcool laisse songeur. Il en va de même pour l'homosexualité de deux des bandits qui ne sert, ni l'intrigue, ni quoi que ce soit de crédible, hormis de montrer à l'écran une "fiotte" pleurnicher à plusieurs reprises. Parmi les moments médiocres ou inutiles, on peut également citer une démonstration de pompes du capitaine. Sharks Treasure laisse donc parfois perplexe...






À charge de Sharks' Treasure également, on peut citer une métaphore un peu lourdaude sur l'avidité de l'être humain. Ce que le titre français, celui de sa sortie dans les salles françaises en 1976, puis plus tard en VHS chez Warner Home Video, suggère d'ailleurs parfaitement.

Cependant, Les Requins a aussi quelques arguments à faire valoir, et pas forcément des moindres. Il recèle par exemple une étonnante séquence de massacre de requins qui culmine avec l'attaque d'un des sélachimorphes qui reste bloqué dans la cache en fer sensée protéger les plongeurs, pour être achevé ensuite puis rejeté dans l'océan tel un déchet. Une scène asphyxiante, presque dérangeante, qui en dit plus long que bien des laïus ou sous-textes "cachalesques". Une séquence stupéfiante soulignée du reste par une étonnante musique au synthétiseur due à Robert O. Ragland. Pour rester en milieu aquatique musical, on peut signaler également que c'est Cornel Wilde qui a composé sous pseudonyme (Jefferson Pascal) la chanson du générique, "Money, Money".






Le casting est sympathique et il fallait bien des acteurs charismatiques et de talent pour faire passer la pilule. On ne présente plus Yaphet Kotto, l'un des acteurs noirs les plus sous-estimés du cinéma (dont le meilleur blaxploitation de tous les temps : "Accross 110 th street"), les autres sont moins connus. Si John Neilson a eu une courte carrière dont les points d'orgue sont "Honky", un drame interracial sur fond de viol et "Terror House" de Bud Townsend, David Canary, doté d'une "bonne gueule", est un peu plus connu ; on l'a vu dans "Hombre", Johnny Firecloud ou encore dans La Brigade du Texas de Kirk Douglas. Inutile de citer tout l'équipage de cette croisière qui n'a pas trop le temps de s'amuser, et mentionnons enfin la présence de David Gilliam qui décidément n'a pas de bol puisque, après avoir débuté comme homosexuel dans "L'inspecteur Harry", croisera des crapauds dans "Frogs" avant de jouer à nouveau les folles ici en plus d'affronter des requins (et un Canary). On le reverra plus tard dans Severance de Christopher Smith.

Concluons en disant que Sharks' Treasure est une œuvre intéressante autant qu'inégale. Un peu moins emballant que Les grands fonds (certes, pas de Jacqueline Bisset (water)moulée ici présente !), il demeure relativement et globalement distrayant, en tout cas meilleur que d'autres films sur le même thème comme le désolant "Shark!" de Samuel Fuller ou bien encore le picoleur Jamaican Gold de Henri Levin, tourné en 1978, dans lequel Rod Taylor et Stuart Whitman y tanguent encore plus que leur rafiot...










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Dernière édition par mallox le Sam Fév 16, 2019 9:41 am; édité 2 fois
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sigtuna
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MessagePosté le: Lun Juin 18, 2018 5:07 am    Sujet du message: Re: [Critique] Les Requins - 1975 Répondre en citant

enaccord8
mallox a écrit:
un des sélachimorphes
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