Johnny Firecloud
Genre: Action , Psycho-Killer , Vigilante
Année: 1975
Pays d'origine: Etats-Unis
Réalisateur: William Allen Castleman
Casting:
Victor Mohica, Ralph Meeker, Christina Hart, David Canary, Sacheen Littlefeather, Frank DeKova, George "Buck" Flower...
 

"La vengeance est un plat qui se mange froid". Si le proverbe est espagnol, son message est universel, c'est bien connu. Et la vengeance cette fois s'aventure en territoire indien où la hache de guerre ne va pas tarder à être déterrée, parole de Johnny. Johnny Firecloud (Victor Mohica), jeune indien de retour du Viêt-nam dans son bled dans l'Ouest américain. Enfin, "son" bled, pas vraiment… plutôt celui de Colby (Ralph Meeker), gros dur à cuire qui dirige et la ville et une poignée de bouseux ultra-violents bossant pour son compte. Et ce n'est pas le retour de Johnny qui va apaiser les tensions. Un soir, au bar du coin, les sbires de Colby humilient publiquement son grand-père, le Chef White Eagle (Frank DeKova). S'ensuit un échange de coups où Johnny leur administre une branlée monumentale. Les représailles ne se font guère prier du côté du Ranch Colby et elles sont terribles : White Eagle perd la vie et la soeur de Johnny, Nenya (Sacheen Littlefeather) est violée : cette fois, le nuage de feu est définitivement lâché et des têtes vont flamber.

 


Difficile à gober et pourtant : cette formidable série B est une production David Friedman, grand gourou de la sexploitation, lui qui nous avait habitué à tellement plus étriqué et branquignol. Ici, il n'est pas question de se payer une bonne tranche de déconnade. De même, point d'actorat défaillant ni de mise en scène hasardeuse : Johnny Firecloud, c'est de l'exploitation cinq étoiles, Grand Luxe. Pas étonnant d'ailleurs que le film eût été distribué à sa sortie sous l'égide de la Fox, les pontes de la compagnie ayant judicieusement flairé du potentiel chez cette belle bête. Non pas que l'oeuvre se détache considérablement des autres bandes d'action de l'époque, après tout, le thème de la vengeance tient du réchauffé cramoisi depuis le temps mais voilà, l'ensemble est suffisamment bien amené et efficace pour que l'on daigne s'y intéresser. Néanmoins, deux particularités sortent du lot. La "pathologie" singulière des personnages centraux en est une (le héros est un indien, ses seuls alliés étant un poivrot alcoolisé du matin au soir (son grand-père) et un shérif homo (David Canary)). L'autre grande originalité du film, c'est le changement de cap qu'il aborde en milieu de parcours, déviant alors quelque peu vers le psycho-killer, dès le moment en fait où Johnny se met en tête d'éliminer un par un les hommes de Colby. On pense alors à Massacre at Central High. Il faut dire que Johnny, improvisé tueur en série, ne manque pas d'imagination pour éradiquer au compte-gouttes ses adversaires : Scalp intégral d'un pourri, tomahawk planté en pleine caboche, yeux dévorés par des vautours, etc. Des morts brutales avec moult détails sanglants en prime, un tique qui lui est resté ça, au père Friedman, depuis sa collaboration fructueuse avec le Pape du gore Lewis mais personne ne s'en plaindra.

 

 

La justice du personnage principal étant ici plus méticuleuse que dans un "Death Wish" par exemple, cela risque fort de déconcerter l'amateur de bourrinage, Johnny Firecloud ayant en fait très peu de scènes d'action à revendre, hormis la monumentale bastonnade dans le bar au début, torchée de main de maitre, pour preuve ce plouc effectuant un vol plané avant de s'encastrer littéralement dans un flipper. Avant de rendre l'antenne, un petit mot sur le casting, convaincant à l'unisson et dominé par le charismatique Victor Mohica qui prête sa musculature et sa longue tignasse noire au personnage de Johnny, rappelant avant l'heure un certain John Rambo. On a déjà aperçu cet excellent comédien dans une paltanquée de séries TV mais aussi, et hélas pour lui, dans les médiocres "Brigade anti-viol" / "Don't answer the phone" de Robert Hammer et "La danse des esprits" de Peter Buffa. Outre des seconds couteaux bien plaisants à retrouver comme Ralph Meeker et Frank DeKova, signalons la présence du regretté (et infatigable à cette époque) George "Buck" Flower dans le rôle de l'un des hommes de main de Colby, qui trouvera la mort de loin la plus épouvantable du film et que je me garderais bien de révéler.

 

 

Pour découvrir ce petit bijou jouissif demeuré à ma connaissance inédit dans nos contrées, une seule solution : se tourner vers la galette (et là aussi, c'est une surprise) Z1 éditée par l'indispensable éditeur "Something Weird Vidéo", en double-programme avec un autre film du réalisateur William Allen Castleman : "Bummer !", oeuvre déjà moins sérieuse où le bassiste d'un groupe de rock pête une corde et s'en va assassiner des groupies.

 

Throma
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