Homme araignée, L'
Titre original: The Amazing Spider-Man
Genre: Fantastique , Comics / Mangas
Année: 1977
Pays d'origine: Etats-Unis
Réalisateur: E.W.Swackhamer
Casting:
Nicholas Hammond, David White, Michael Pataki, Hilly Hicks, Thayer David...
 

Le photographe indépendant Peter Parker, après avoir été mordu par une araignée radioactive lors d'une expérience en laboratoire, découvre qu'il a par la même occasion acquis quelques super pouvoirs, avec entre autres une agilité accrue et une capacité toute nouvelle à crapahuter le long des murs et façades, ainsi qu'aux plafonds. Poussé par des événements auxquels il se retrouve par coïncidence témoin, il va tenter de démanteler un réseau aux mains d'un notable, réseau destiné à hypnotiser des gens quelconques, mais dressés par exemple pour s'en aller cambrioler des banques. Ça ne l'empêche pas de continuer le jour ses fonctions de rédacteur pour le Daily Bugle et son chef gregorio-tyrannique, Jonah Jameson. Prenant peu à peu conscience de ses nouveaux dons arachnides, il se confectionne un costume adéquat à sa nouvelle condition, et se met à traquer les vilains, dont le gang sectaire en question... Attention, l'araignée est là !

 


Voici un film dont certains aimeront sans doute à se moquer, le traitant pour ce qu'il n'est pas, à savoir un nanar rigolard, ridicule, kitsch, lamentable... j'en passe et des meilleures. La vérité, c'est qu'il s'agit d'un petit film tourné avec peu de moyens, recelant bien des défauts, mais qui ne demeure pas désagréable pour autant, et qui possède, qui plus est, son indéniable petit charme d'époque. Charme absent des versions plus récentes et très hollywoodiennes de Sam Raimi, spectacles techniquement supérieurs, soit, mais qui restent toutefois très familiaux et pas forcément plus fidèles graphiquement parlant. Il s'agit pour celui qui nous intéresse, du pilote d'une série télévisée qui comptera une quinzaine d'épisodes en même temps que deux suites ("La Riposte de l'Homme-Araignée" et "Spider-Man : The Dragon's Challenge") qui ne seront finalement que deux épisodes dudit feuilleton mis bout à bout.

Né en 1962, sous la houlette de Stan Lee et Steve Ditko, le personnage de l'homme araignée est ici pour la première fois porté à l'écran avec, dirons-nous, les moyens du bord. Soit, les dimensions schizophrènes de notre héros arachnide sont ici éludées au profit d'une histoire de simple manipulation, et l'on aura beau chercher un super vilain, qu'on ne trouvera aucun personnage aussi spectaculaire que le Bouffon vert ou encore Octopus. C'est un réalisateur plutôt lambda de télévision qui s'y colle, en la personne d'Egbert Warmdrink Swackhamer. Ce dernier oeuvra précédemment pour les séries "MASH", "Bonanza" mais aussi "Ma sorcière bien aimée". Il n'est pas étonnant d'y retrouver David White, qui jouait donc dans le dernier régulièrement et que l'on retrouve ici dans le rôle de J. Jonah Jameson, le patron de Peter Parker. Notons en passant que David White tournera l'année suivante dans "Wonder Woman" puis "Hulk", comme quoi l'expérience ne fut pour certains, pas si honteuse que cela.

 

 

Il est clair que la mise en scène n'a strictement rien de personnelle et c'est après tout, ce qui fait le plus défaut à ce Spiderman précurseur mais encore pas encore tout à fait arrivé à maturation. Il manque cruellement ici de folie et de fantaisie pour que le spectacle s'emballe et bien entendu c'est dommage. A l'instar de notre héros dont les super-pouvoirs semblent empêchés et limités par le budget du film, le spectacle a souvent du mal à décoller. Soit, le film recèle pourtant de pas mal de péripéties, mais il faut bien l'admettre, elles restent plutôt au ras des pâquerettes et se rapprochent souvent assez dangereusement d'un épisode de "L'homme qui valait trois milliards", ni plus ni moins. Les chorégraphies des combats sont ici réduites à leur plus simple expression, à savoir, deux, trois galipettes et, de temps en temps, une pirouette arrière. Ce n'est donc pas très spectaculaire mais paradoxalement ça rapproche le spectateur de notre super héros, car celui-ci garde échelle humaine tout au long du film. Trop diront certains, jusqu'à le rendre trop humain, et donc ridicule, avec un simple être humain en collant rouge et bleu. Certes, les concepteurs de la chose auraient certainement souhaité un spectacle plus aérien et surtout d'une autre envergure, mais pour le dire simplement, le film est plutôt bien équilibré et rythmé, ce qui lui évite d'être emmerdant, et quoique totalement impersonnel, il se regarde sans déplaisir. Les hommes de mains du méchant magnat avec leur karatéka primaire restent assez peu menaçants (d'ailleurs tout cela se terminera dans la bonne humeur avec une photo de groupe les représentant en compagnie de leur ami... Spiderman !), tout comme le procédé qui tend à hypnotiser les victimes, à base de prêchi-prêcha et de micro-ondes (!), est vite expédié. Deux scènes, pas plus, mais c'est peut-être à ce prix que le rythme est sauvegardé.

 

 

Du coté de notre homme-araignée, c'est assez léger également, mais cela fonctionne toutefois beaucoup mieux. Finalement, ce simple collant intégral suffit amplement à le différencier ; et c'est bien notre inconscient qui est stimulé et se met en marche dès lors que Parker est pourvu de son mince attirail. Après tout, ce n'est pas moins crédible qu'un déguisement de synthèse d'aujourd'hui dont on décèle aussi facilement le procédé, même si n'étant pas techniciens, nous ne le comprenons pas toujours. En cela cette version 77 reste assez fidèle à mon sens, sinon plus esthétiquement parlant, à l'œuvre originale de Stan Lee. Ailleurs et par défaut comme déjà dit, ça sent le compromis à tout va. Soit, l'homme araignée lance de vraies cordes, ce qui étonne en premier lieu, mais comment faire en 1977 pour réussir un tel trucage à moindre frais ? De fait, E.W. Swackhamer les utilise assez peu, se montre discret sur la panoplie pour ne la sortir que par obligation. Certaines scènes, il est vrai, sont assez imparables de second degré risible. Ceci étant dit, ce serait aussi sous-estimer le recul qu'a dû avoir toute l'équipe du film pour se retenir de rire. La première scène dans laquelle Peter Parker essaie sa corde, sous un pommier dans un champ pas trop loin de chez lui, demeure irrésistible de drôlerie, tant le personnage ne semble pas plus adroit que nous dans un exercice on ne peut plus basique, et surtout indigne d'un super héros "marvellesque". Ensuite, c'est tout de même un peu plus réussi et, avec deux plans sur ce même cordage tressé en filet s'abattant sur des renégats en kimono noir, le procédé s'avère un peu plus cohérent, tout en ayant l'avantage de ne pas trop être exposé, et donc de ne pas tomber dans le répétitif. Ce qui n'est pas tout à fait le cas des gros plans sur ce même cordage en train de s'enrouler autour du même crochet et destiné à nous montrer l'araignée en action avec ses fils ; mais bon, pas de quoi gober les mouches, on a vu pire et plus chiche encore. Pour finir sur les pouvoirs de notre homme arachnide, ses déplacements sont plutôt convaincants. Faits en transparence avec des harnais et des stock-shots, ils restent une alternative plutôt crédible et, en tout cas, pas moins que certains effets digitaux actuels qui dès lors qu'ils sont en mouvements, s'avèrent d'une laideur infinie en plus de charrier une sorte de 'training' clipesque pas plus convaincant que le trucage ici présent. Bref, pas de quoi se gondoler outre mesure comme j'ai pu le lire ailleurs... comprenne qui voudra.

 


Non, ce qui dessert le plus cet "homme-araignée", c'est sans nul doute son acteur principal. Pour un personnage d'une telle envergure, il eut fallu un acteur au minimum charismatique, sinon même athlétique. Ce n'est pas du tout le cas de Nicholas Hammond qui se révèle d'une fadeur absolue, en plus d'être un choix physique très contestable. Doté d'un brushing d'époque, on a du mal à s'y faire d'autant qu'il ne ressemble en rien au Peter Parker de la bande dessinée. C'est dommage, car c'est là qu'aurait pu se jouer la réussite du film. Celui-ci pêchant ailleurs par son manque de moyens, se concentrer sur le personnage central aurait été une idée ingénieuse ; et nous emmener dans ses tourments psychiques, astucieux. Non, Nicholas Hammond, en plus d'être insignifiant, semble comme gêné aux entournures et joue comme un pied, ou en tout cas n'arrive jamais à donner un quelconque relief à son rôle. Tout comme son metteur en scène, c'est un habitué des séries télévisées et ce dernier tout comme le premier s'avère insipide. Finalement, nous touchons là aux deux défauts majeurs de ce "The Amazing Spider-Man" : un réalisateur impersonnel et de talent moyen, et un acteur de piètre talent, qui plus est mal employé. Pour le reste, aidé par un décorum seventies sympathique ainsi qu'une musique de Johnnie Spence (dont la carrière semble se résumer à cinq films dont trois Spiderman) entraînante, il s'agit d'un spectacle un peu trop terre à terre qui se regarde avec indulgence, voire nostalgie pour ceux qui l'auront découvert en son temps au cinéma comme votre humble chroniqueur ici présent...

 

Mallox
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