Wagon-lit de la mort, Le
Titre original: The sleeping car
Genre: Horreur , Comédie , Esprits
Année: 1989
Pays d'origine: Etats-Unis
Réalisateur: Douglas Curtis
Casting:
David Naughton, Judie Aronson, Kevin McCarthy, Jeff Conaway, Dani Minnick, Ernestine Mercier, John Carl Buechler, Gary Brockett, Ste Lundquist, Bill Stevenson...
 

Un train de marchandises roule de nuit à vive allure. Il semble y avoir un problème et ce dernier ne ralentit pas. Le mécanicien cherche son assistant qu'il trouve en compagnie d'une charmante jeune femme et en pleins ébats. Le train entre en collision avec un autre. Tout le monde meurt et dix années passent...

Le train a été légué à une vieille dame recluse dans une petite bourgade. Jason McCree vient juste de divorcer de sa femme et, malgré sa trentaine, décide pourtant de se remettre à ses études de journalismes. Un appartement en ville coûte une petite fortune et il n'a pas les moyens d'en louer un. Il tombe alors par hasard sur le train que la retraitée gère en location. Il décide donc de louer à bon prix l'un des wagons-lits qui sert maintenant d'appartement. Son meilleur pote et sa copine le raillent, tandis que de son côté, il fait la connaissance de son voisin, un vieil homme adepte de la magie blanche. Bientôt, Jason commence à apercevoir un spectre par la vitre du wagon ; puis un meurtre a lieu. Il se rendra vite compte que le train est hanté par le fantôme du mécanicien dont la vieille dame qui le loue n'est autre que sa femme...

 

 

Je vais tenter de ne pas m'étendre trop longuement sur un tel film qui, sans être totalement mauvais, n'est, je vous l'avoue, pas très bon, et tout compte fait ne recèle à mon sens assez peu de choses à dire. Nous sommes en 1989 et autant dire que tous les réalisateurs talentueux de la décennie précédente semblent payer cash les nouvelles contraintes des grands studios de production, ainsi que les difficultés à se faire distribuer sans rentrer dans un formatage de plus en plus inéluctable. Difficile de livrer un bon film à peu de frais, malgré bien entendu quelques exemples notables. Douglas Curtis avait déjà signé un premier film en 1977, "The Campus Corpse" alias "The Hazing" qui n'était autre qu'une comédie mettant en scène des étudiants tentant de cacher le corps de l'un d'entre eux, mort accidentellement durant un rituel de bizutage. "The Sleeping Car" est son second et dernier film, et l'on y retrouve à peu près les mêmes ingrédients, sauf que le côté horrifique est d'avantage mis en avant par rapport au côté comédie. Finalement, Douglas Curtis fut plus actif en tant que producteur que metteur en scène (avec quelques films notables comme "The Philadelphia Experiment" ou "Black Moon Rising" par exemple). C'est encore le cas à ce jour puisque celui-ci ne tourne plus mais continue de produire ; ainsi lui doit-on sa contribution pour des films comme "Freddy vs. Jason", "Cellular" ou encore très récemment "Shoot 'Em Up". Rien de très excitant dans tout cela, mais rien de honteux non plus. L'homme semble exercer son métier avec professionnalisme, point. On pourra toujours se dire à la vision de ce "Wagon-lit de la mort" qu'il valait mieux qu'il ne tourne pas trop, celui-ci se révélant un piètre metteur en scène.

 

 

Question d'humeur sans doute, peut-être suis-je un peu dur, mais son film recèle à mon sens de bien trop de défauts pour marquer le genre d'une pierre blanche ou même grise. Il semble finalement surfer à sa manière sur les années post-Freddy Krueger sans véritablement renouveler quoique ce soit. En témoignent, d'une part, quelques emprunts comme le faciès brûlé du fantôme, mais aussi quelques scènes comme ce personnage absorbé par son lit, et qui finit par gicler dans un geyser de sang au plafond. De même, cette scène qui semble lui faire un clin d'œil en passant, dans laquelle Jason McCree fait un double cauchemar, se réveillant du premier en présence du mécanicien spectral. Procédé déjà utilisé moult fois ailleurs que ce soit avant 89 ou bien après. Et puis cette histoire de wagon-lit, légué on ne sait trop comment à cette vieille dame, quand bien même veuve du mécanicien en charge, témoigne à mon sens plus d'une volonté de paraître original que de l'être vraiment. Il est vrai qu'on en a vu passer d'autres, des vertes et des pas mûres, avec un peu tous les instruments ou ustensiles de chaque jour, m'enfin comme dirait l'autre, ce n'est pas forcément en changeant un unique ingrédient qu'on améliore ou qu'on livre un plat original.

 

 

Si j'ai dit plus haut que le côté horrifique prenait le pas sur le côté comique, c'était uniquement en comparaison avec le premier film du réalisateur, car "The Sleeping Car" se veut également un mélange de comédie et d'horreur. La première demi-heure, passé le préambule, n'est quasiment qu'un concours de vannes plus vaseuses les unes que les autres, qui n'ont d'ailleurs, dans une réalité plausible, pas lieu d'être (faut entendre ce que balance McCree à la vieille dame, on se demande qui, hormis un décérébré total, oserait cela). Lorsque les vannes fusent entre les potes, ces ados attardés, elles ont encore leur place, on comprend bien qu'on à affaire à des têtes à claques chroniques (mention spéciale à Jeff Conaway -"Grease"/ "Peter et Elliot le dragon" – qui parvient à livrer ‘volontairement' l'un des personnages les plus pénibles de l'histoire du film d'horreur, si bien qu'on est pressé que le fantôme lui fasse sa fête. Le voir se mettre les cheveux en arrière en lançant des vannes effarantes avec l'air le plus suffisant du monde, est vraiment un tour de force (et peut-être même finalement le meilleur du film). Par contre, on ne comprend pas bien les motivations de McCree, campé par David Naughton, que l'on connaît surtout pour sa prestation dans le classique de John Landis, "Le loup-garou de Londres", et qui semble dès le départ finalement préoccupé par tout sauf le motif de sa venue dans ce wagon-lit, à savoir, reprendre ses études de journalisme. On l'imagine d'ailleurs aussi mal en journaliste qu'en étudiant, et pour tout dire la dimension comique que tente de lui insuffler le metteur en scène ne fonctionne pas. Peut-être aussi que Naughton joue mal, voilà tout. Ce n'est ni Judie Aronson, ni Dani Minnick, même dénudées, qui relèvent le niveau. On serait même un peu triste pour le grand Kevin McCarthy ("Invasion of the Body Snatchers” version Don Siegel), dans un rôle inepte de praticien de magie blanche, s'il ne semblait pas s'amuser quelque peu à jouer dans cette gaudriole.

 

 

Alors soit, le mélange humour volontaire (mais pas toujours), personnages antipathiques ou débiles, film d'horreur, peut paraître osé, mais on ne sait parfois plus sur quel pied danser, et l'on peut même soupçonner Douglas Curtis de ne pas savoir lui-même sur quel pied il danse.

On a bien quelques mises à mort relativement bien fichues (Steve Lundquist -"Le retour des tomates tueuses"- qui voit les ressorts du lit le transpercer par exemple), mais l'ensemble non seulement n'est pas harmonieux dans le mélange qu'il tente de nous proposer, mais surtout distille une atmosphère et un rythme tous deux proches du néant. Je me demande dans quelles mesures nous ne tenons pas là finalement une "potacherie" vaine de plus, genre qui n'a cessé, depuis, de pulluler en contaminant le cinéma de genre... Quoiqu'il en soit, pour ma part, je le trouve parfois amusant mais globalement pas emballant, voire tout simplement raté, et parfois même carrément lassant. Pas le film de la mort quoi !

 

 

Mallox
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