Belles dames du temps jadis, Les
Titre original: I Lovens tegn
Genre: Porno , Comédie
Année: 1976
Pays d'origine: Danemark
Réalisateur: Werner Hedman
Casting:
Ole Soltoft, Sigrid Horne-Rasmussen, Else Petersen, Poul Bundgaard, William Kisum, Anne Magle, Gina Janssen, Bent Warburg, Ann Bie Warburg...
Aka: In the Sign of the Lion/Encore plus (titre de sortie dans les salles françaises – juillet 1977)
 

Soffy et Rosa, deux dames âgées, des sœurs qui sont restées vieilles filles, occupent leur paisible retraite à écrire des romans à l'eau de rose. Mais leurs ouvrages sont systématiquement refusés par tous les éditeurs du pays. Jusqu'au jour où, à la suite d'une conversation avec le facteur de la bourgade, elles décident de pimenter leurs récits en y ajoutant du sexe ! Après tout, les deux frangines ont été jeunes et jolies, fut un temps, à l'époque où vivait le Comte Johan, au château de Boholm non loin du village. Soffy et Rosa décident de raconter leurs mémoires, en remontant au jour où elles furent engagées comme domestiques au service du comte. Il faut dire que l'aristocrate, homme charmant au demeurant, ne pouvait résister à la simple vue d'un membre du sexe féminin, à partir du moment où celui-ci possédait de sérieux atouts là où il fallait. Et il faut bien avouer que Soffy, Rosa, et aussi leur cousine Yrsa, au vu de leur plastique impeccable, ne pouvaient que plaire au comte Johan. Au grand dam de son cousin, le comte Hubert, un être sournois, complexé et bigot, mais qui ne pouvait s'empêcher de jouer les voyeurs et d'infliger des châtiments corporels aux infortunées servantes (généralement quelques fessées cul nu).

 


Ainsi, les deux mamies ravivent ces souvenirs du passé, et le tapuscrit qui en résulte est envoyé à plusieurs éditeurs. A leur grande surprise, l'un d'entre eux, Anton Moller, répond favorablement et se rend sur place afin de rencontrer l'auteur de ce qu'il pense être un futur best-seller. Ravies, mais gênées, Soffy et Rosa n'osent pas révéler qu'elles sont les auteurs, et déclarent à Moller que l'écrivain s'appelle Toni Bram. Or, le Toni en question n'est autre que leur neveu, fils de la défunte Yrsa. Parti en voyage, celui-ci doit bientôt rentrer au pays. Mais lorsque Toni arrive enfin dans la petite ville, il se rend compte qu'il est l'objet d'une grande attention. Les femmes le dévisagent avec un air concupiscent, et tout cela semble avoir un rapport avec le fameux livre écrit par ses tantes, intitulé "Sous le signe du Lion", en rapport avec son propre signe astrologique. Pensant que les deux vieilles dames avaient écrit les mémoires de la famille sous un angle historique, quelle n'est pas sa surprise de découvrir son nom sur la couverture du bouquin, et de constater, en lisant quelques pages, que c'est un livre particulièrement osé...

 


Réalisé en 1976, "Les belles dames du temps jadis" est le quatrième film de la série "zodiacale" initiée par Finn Karlsson, et le troisième réalisé par Werner Hedman (qui joue également un petit rôle dans celui-ci). De par son intrigue, son découpage, son cadre, ses costumes et son casting, on peut estimer qu'il s'agit là du meilleur volet de cette excellente série, et l'un des chefs d'œuvre du cinéma X, tous pays confondus. Werner Hedman plante son décor dans un cadre idyllique de la campagne danoise, à deux époques bien distinctes, les années 70 correspondant au temps présent, et les années 30 servant à mettre en images les épisodes "coquins" relatés par Soffy et Rosa. L'idée de faire de deux grands-mères les témoins d'anecdotes pour le moins salaces s'étant déroulées dans le château d'un aristocrate déluré était déjà fort bien vue. Mais Werner Hedman s'est également montré très inspiré en alternant les flashbacks (englobant les scènes hot) avec l'action présente (enchaînant les quiproquos et l'humour slapstick, qui est sa marque de fabrique) dans une parfaite harmonie. Cela donne au film du rythme et de l'homogénéité, les scènes s'emboitent les unes aux autres sans temps mort, apportant qui plus est une intrigue supplémentaire quant aux origines véritables du personnage de Toni Bram, interprété par Ole Soltoft.

 

 

Celui-ci, dans le rôle du neveu, perpétue son habitude à camper des personnages ahuris, empotés, mais foncièrement sympathiques. On retrouve dans cet opus sa maladresse caractérisée avec les femmes, son art pour se travestir dans les tenues les plus ridicules, et son aptitude à déclencher des catastrophes, à la manière d'un Peter Sellers. Bien qu'arrivant tardivement dans l'intrigue (à la fin de la première demi-heure), Ole Soltoft s'en donne ensuite à cœur joie, comme à son habitude, entouré d'acteurs familiers qui constituent l'ossature des œuvres de Werner Hedman. Ainsi, pour ce qui est de la comédie, le réalisateur fait confiance aux incontournables Poul Bundgaard ("Les filles du Scorpion"), ici dans le rôle de l'éditeur, Karl Stegger ("Folies danoises") qui n'a là qu'un second rôle (celui du facteur), ou encore William Kisum et Arthur Jensen, acteur à la longévité exceptionnelle, qui débuta dans les années 30, et écumera les comédies danoises, notamment dans la série des "Mazurka".

Nos deux vieilles filles, Soffy et Rosa, sont interprétées également par des actrices que l'on connaît bien si l'on a vu d'autres opus de cette série "astrologique", puisqu'il s'agit respectivement d'Else Petersen et Sigrid Horne-Rasmussen (qui jouait l'enseignante dépassée dans "Les belles demoiselles d'antan").

 

 

Au niveau du charme, on est aussi fort bien servis (comme toujours dans les productions scandinaves), Hedman nous proposant la fine fleur du cinéma danois de l'époque : Anne Magle, dont c'était la première apparition à l'écran (on la verra plus tard dans "Molly" et "Les filles du Scorpion") ; la volcanique Gina Janssen (Matti Hari dans "Les filles du Scorpion" et "Les dames de Copenhague" ; et enfin Anne Bie Warburg, toujours accompagnée de son mari Bent Warburg, qui cumule avec une aisance stupéfiante les scènes de sexe et de comédie. Le couple a notamment joué dans "La foire aux sexes", "Les belles demoiselles d'antan", "Les leçons de Carolla", ainsi que dans deux œuvres incontournables de Mac Ahlberg : "Justine and Juliette" et "Bel Ami". Finissons cette revue de charme avec la très agréable présence de Lizzi Varencke, incarnant une journaliste qui tentera de séduire Ole Soltoft. Peu connue, Lizzi Varencke dévoile ses charmes sans être pour autant impliquée dans les scènes hard, à l'instar d'une Anna Bergman, par exemple.

 

 

Les scènes X rivalisent en ingéniosité, et sont d'un esthétisme à couper le souffle. Le bal donné au château restera dans les annales, avec les cavalières effeuillées par les cavaliers qui finissent par tomber le pantalon, et continuent de danser sur une polka endiablée avec leur service trois-pièces battant la mesure ! Le passage où les femmes se font prendre par leurs partenaires dissimulés par un paravent (un jeu baptisé "à qui appartient-elle ?") rappelle une scène similaire dans "Les leçons de Carolla". Les scènes plus intimistes, à deux ou trois protagonistes, sont toutes somptueuses, qu'elles se déroulent dans les décors magnifiques du château, ou en pleine nature. Werner Hedman a réalisé, avec "Les belles dames du temps jadis", une véritable ode à la volupté, comme on n'en a malheureusement pas vu suffisamment dans ce genre cinématographique. Appuyé d'un casting solide et confirmé, et d'un scénario astucieux, "Les belles dames du temps jadis" restera à jamais un classique du genre, une œuvre dans laquelle le spectateur est en mesure de rire autant que fantasmer devant la qualité du spectacle proposé, hautement raffiné.

 

Note : 9,5/10


Flint
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