Ah "Mad Max", ah "New-York 1997" ! Comme quoi les oeuvres marquantes font souvent plus de bien que de mal... Ici c'est simple, nous sommes carrément en plein chant du cygne du transalpino-post nucléaire, avec l'enterrement le plus triste et emmerdant qui soit ; sauf qu’on se marre un peu, heureusement. C'est simple, Romolo Guerrieri (si ça sent pas le pseudo ça...) tourne comme quelqu'un qui irait assister à un enterrement d'un parfait inconnu, s'incrustant même pour lancer sa petite poignée de terre voulant en outre faire croire qu'il est réellement affligé par l'événement. Alors non, ce n'est pas de "Harold et Maud" dont je veux parler ici mais bien de cette "Chasse aux morts vivants" que je nommerais plutôt "Final executor" vu que de morts vivants, hormis le metteur en scène, on n'en verra point dans ce nanar achevé.
Pour l'histoire, c'est davantage une guerre entre non-contaminés et contaminés dont il s'agit ; l'Apocalypse a donc (une fois de plus) eu lieu après une guerre nucléaire dévastatrice ; malgré cela quelques âmes en ont réchappé, s'organisant en bandes et devant lutter contre les vilains contaminés qui ma foi en ont pris un sacré coup au moral. Evidemment, presque tout se passe à moto ; normal vous me direz, après une guerre nucléaire les motos tombent du ciel, c'est bien connu. Nous avons donc droit à une succession de joutes moto-moto entre les bandes de "Erasmus" et de "Edra" (ben pareil, l'Apocalypse c'est le retour au péplum pour sûr), tandis que tout ce bazar commence à sérieusement gonfler notre héros répondant au doux prénom d'Allan, et qui va devoir affronter tout ce beau monde viral.
Alors bon, que dire, nous somme ici en présence d'une sorte d'apothéose du "j'm'en-foutisme" érigée en maître nanar, un film bis ? Faut voir, si Guerrieri n'a pas sauté quelques lettres de l'alphabet, car cette chose qui m'a appâté par la présence, mise en évidence sur sa jaquette, du grand Woody Strode, aurait quand même pu rester dans mes caisses de vieilles vhs, là où je l'ai retrouvée hier soir pour une vision qui m'a quand même vite gonflé. Le bon point du film, c'est qu'on peut l'arrêter un peu n'importe quand, sans scrupule, du moment qu'on possède la jaquette chez soi, ça suffit pour contenter, parce que le film s'élève tout bêtement au rang des plus grands navets risibles de l'histoire du cinéma, ce qui constitue quand même un tour de force.
Exit le surestimé Bruno Mattei, et place au grand Romolo Guerrieri qui sait pondre dix scènes risibles quand Mattei n'en fait qu'une ; allons-y donc pour un petit recensement :
Pour le décor, ça a été filmé dans l'usine désaffectée d'à côté de chez moi (source sûre, d'ailleurs ça avait fait grand drame à l'époque lorsque les cités alentours avaient fait une descente nocturne, piquant plusieurs motos), puis le terrain vague à proximité sans quoi ils ne pourraient pas faire de moto. Ce qui est plus drôle, c'est toute cette forêt autour qui respire la grande forme comme s'ils avaient été dopés ; direct ça donne l'ambiance, on se dit merde, quand même, planquer un arbre ou tourner l'axe de sa caméra, ce n'est quand même pas difficile...
Et bien non, Romolo, lui ça le gêne pas, c'est même mieux, plus beau peut-être ; ensuite dans le décor arrive le zhéros et là, impossible de pas se fendre la pomme tant le type avec son brushing semble sorti d'un autre film ou plus probablement a dû se tromper de studio... Non non, ça y est, il attaque son rôle, sûr de lui et de ce qu'il défend, se lançant dans une "mix-imitation" (façon Michel Leeb imitant un noir) de Mel Gibson / Kurt Russell déguisés en Bee Gees.
Dès que ça s'anime et que la survie post-nucléaire se transforme en jeux du cirque où l'on s'amuse à trucider du contaminé, on se met à penser aux "Chasses du comte Zaroff", mais on se dit aussi vite que c'est plutôt "Le prix du danger" la référence absolue, même si je n'ai rien contre Boisset. M'enfin, ces bastons débiles dans lesquelles on ne parvient même pas à reconnaître le contaminé de l'être sain, tant les contaminés ont l'air au moins aussi en forme que les épargnés, malgré toutes les maladies qui les rongent (cancers, leucémies...), c'est difficile de faire plus cheap que ça ; en plus les motos ont l'air tellement pimpantes qu'elles semblent tout droit sortir du concessionnaire le plus proche.
D'ailleurs, c'est tellement cheap, que l'on voudrait bien se rabattre sur du gore ou un brin de sadisme, même pas ; à peine une fin de ketchup ! Rien de plus ; et pourtant le chef de la bande "Erasmus" officie en découpant ses rivaux au sabre... Bref, voir mon Woody Strode vieillissant errer, quasi-transparent, venir prendre son chèque, ce qui transpire à l'écran à chacune de ses apparitions - il est las et pressé de se casser de ce mauvais plan afin d'aller dormir vu qu'il n'a pas l'air de péter la grande forme - ça n'a pas manqué d'attrister le spectateur crédule que je suis.
Les gangs quant à eux valent leur pesant d'or, on dirait qu'ils se croient dans une boîte disco du fin fond de l'Italie, avec leur équipement qui les font ressembler carrément au groupe ABBA. Alors pour ce qui est de sembler menaçant, on les attend au tournant, car lorsque "Erasmus" arrive et dit : "Si tu avances encore, je te crève" on se pisse dessus de rire et de joie tant on croit à la farce. Pareil pour le combat final même pas digne d'un sous-péplum où Allan en train de se prendre une branlée au sabre par "Erasmus" ; pof, celui-ci nous sort tranquillos son gun et pan ! Comme ça, le mec n'a pas plus d'états d'âme qu'un crapaud buffle ; et comme on s'y attend pas, éclat de rire garanti, d'autant qu'il s'était jusque là montré humainement des plus respectables.
Pour la toute fin que je dévoile, vu qu'il faut quand même un certain courage, selon son humeur du moment, pour aller jusqu'au bout, "spoiler donc" ; la copine furax de "Erasmus" tentera de tuer Allan alors occupé dans son potager. Celui-ci, tellement pris au dépourvu en lâche ses carottes (si si !), et au moment où elle va faire feu, de derrière les fougères sort Sam, le plus vieil ami d'Allan (qu'on n'avait pas vu depuis une demi-heure et devait donc attendre tapis dans les fourrés le signal du metteur en scène), le sauve in-extremis en balançant son pruneau dans la belle vengeresse, se fendant ensuite d’une phrase emplie d’espoir "Ca y est, on va enfin pouvoir reconstruire un nouveau monde" - "fin spoiler".
Bref, tout ceci aurait été un vrai bis total et sympathique si la mise en scène avait été un tant soit peu plus nerveuse au lieu d'un cardiogramme plat de chez plat au point d'atteindre le chiant la plupart du temps, ce, entre deux scènes avec des dialogues tout de même suffisamment torchés avec le cul pour les rendre décalés et hilarants. Triste spectacle quand même égard à Woody Strode.
Note : 3/10
Mallox