Voltan le Barbare
Titre original: Hawk the Slayer
Genre: Aventures , Heroic Fantasy
Année: 1980
Pays d'origine: Angleterre
Réalisateur: Terry Marcel
Casting:
John Terry, Jack Palance, Bernard Bresslaw, Ray Charleson, Peter O'Farrell, William Morgan Sheppard, Patricia Quinn...
 

Dans un univers médiéval fantastique, l'éternelle lutte du Bien contre le Mal est personnifiée par le combat que se livrent deux frères, Hawk et Voltan. Le second, l'aîné, a tué son père afin de s'emparer d'un pouvoir qu'il convoitait depuis longtemps, tout comme il avait convoité Eliane, la fiancée de son frère. Tout ce qu'il ne peut obtenir, il le détruit. Le visage atrocement mutilé par Eliane qui cherchait à défendre Hawk, Voltan tua la jeune femme.
Les années ont passé, Voltan sème la destruction avec sa horde de guerriers où qu'il aille. Son dernier forfait l'a amené à kidnapper la mère supérieure d'une abbaye. Par ce geste, il compte attirer son frère et en finir une bonne fois pour toutes avec lui...

 

 

La mode du film d'héroïc-fantasy prit son essor à partir de 1982, lorsque John Milius réalisa "Conan", d'après le personnage créé par Robert E. Howard. Le film connut non seulement une suite, mais toute une série de longs métrages s'inspirant ou non de l'œuvre phare de Milius. Parmi celles-ci (de qualité variable), on peut citer Dar l'invincible, "Krull", "Le choix des seigneurs", "Ator", "Sangraal", "L'épée de feu", "Kaine le mercenaire", "Conquest" ou encore "L'épée sauvage".
Mais deux ans avant "Conan", l'Angleterre avait produit un pur film de "Sword and Sorcery", Hawk the Slayer, qui sera rebaptisé Voltan le Barbare lors de sa sortie vidéo en France (il n'est pas sorti en salles chez nous), s'appuyant certainement sur le succès de "Conan le Barbare" et se focalisant sur le personnage du méchant, brillamment incarné par Jack Palance.

 

 

On peut affirmer sans risque qu'en l'absence de cet acteur emblématique, Hawk the Slayer serait une purge parfaitement indigeste. Toutefois, le talent de Jack Palance ne suffit pas à sauver cette œuvre de la médiocrité. Le film ressemble étonnamment à un scénario de jeu de rôles du style "Donjons et Dragons". En effet, le héros, afin d'être en mesure d'affronter son frère (qui, à l'instar d'un Dark Vador, a définitivement basculé du côté obscur, et est manipulé par une entité encore plus maléfique que lui), va s'entourer d'une équipe d'aventuriers composée d'un géant, d'un elfe, d'un nain, plus un humain ordinaire (il en faut bien un) et une sorcière pratiquant bien sûr la magie blanche.
A l'écran, tout le charme de la "fantasy" est passé à la moulinette, que ce soit à cause d'effets spéciaux pitoyables (les sorts de la magicienne ressemblent plus à des ustensiles de farces et attrapes), les acteurs sont médiocres (mention spéciale au monolithique John Terry, qui incarne le héros), la musique est pourrie (encore plus indigeste et incongrue que celle de "Ladyhawke"), et le scénario est à la limite de l'affligeant (pour sauver une mère supérieure, on sacrifie des dizaines d'innocents !!!).

 

 

Les combats sont particulièrement sous-exploités, sinon baclés, par un abus de ralentis lors des affrontements en mêlée, destinés à cacher la misère des chorégraphies, ou au contraire par des passages en accéléré lorsque les armes de jet entrent en action. L'elfe manie l'arc tellement vite que même Legolas passerait pour un manchot, et Ranulf (l'humain accompagnant la troupe), bien que amputé d'une main, possède une arbalète à répétition qui doit être l'ancêtre du M16. On se consolera (maigrement) avec les apparitions hélas furtives de Catriona MacColl dans le rôle (en flashbacks) d'Eliane, et de Patrick Magee dans celui d'un prêtre illuminé.
Le duo responsable de ce ratage intégral (ou presque) a pour noms Terry Marcel et Harry Robertson. Le premier a connu une discrète carrière de réalisateur, et il a également produit "Le zombie venu d'ailleurs" de Norman J. Warren (le cinéaste culte de Mallox) ; le second, producteur et compositeur, s'est fait connaître en composant la B.O. de "Lust for a Vampire" pour la Hammer. Dans une interview consacrée au réalisateur (cf "L'Ecran Fantastique n°15), on apprend que "Hawk the Slayer" devait être le premier d'une série de films constituant une saga, qui devait se poursuivre avec "Hawk the Hunter". Il n'en sera rien, en réalité. Hawk the Slayer aura surtout marqué les esprits pour avoir inauguré tout un courant de films axés sur le créneau "heroïc-fantasy" (je ne compte pas le "The Lord of the Rings" de Ralph Bakshi, réalisé en 1978, qui est un film d'animation, inachevé de surcroît). C'est à peu près tout ce que l'on peut retenir de ce film, avec l'interprétation sans failles de Jack Palance.

 

 

Flint

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