Vixens of Kung Fu, The
Genre: Porno , Arts Martiaux
Année: 1975
Pays d'origine: Etats-Unis
Réalisateur: Bill Milling
Casting:
Bree Anthony, C. J. Laing, Tony Richards, Arlana Blue, Jamie Gillis, Bobby Astyr, Juliet Graham, Linda Trussell...
Aka: A Tale of Yin Yang
 

Paula, une prostituée new-yorkaise, est agressée dans une forêt par trois hommes mal intentionnés. Après avoir été violée et abandonnée sur place, la jeune femme est recueillie par une experte en arts martiaux. Cette dernière la conduit dans son repaire, la soigne et lui propose de l'initier au kung fu, au sein de son école réservée strictement à la gent féminine...

 

 

The Vixens of Kung Fu représente tout ce que le cinéma pornographique a perdu ces dernières décennies. C'est un film certes stupide, mais néanmoins divertissant, inventif, bricolé avec peu de moyens, sans ambition si ce n'est d'apporter de l'originalité dans un univers cloisonné et régi par des codes.
Ne nous méprenons pas, malgré son titre, le rapport sexe/arts martiaux est largement déséquilibré en faveur du premier. Malgré tout, on relève dans cette oeuvre assez courte (aux alentours de soixante-dix minutes) un combat fort amusant entre le moine errant en quête de perfection (incarné par Tony Richards) et l'une des élèves/amantes de C. J. Laing (qui dirige l'école d'arts martiaux). Utilisant un procédé rudimentaire en image par image destiné à accélérer le combat en question, le résultat, bien qu'ayant un côté cheap assumé, possède également un aspect cartoon plutôt drôle.

 

 

Quant au Kung Fu annoncé, il est en réalité plus proche du Tai-chi-chuan, art martial chinois bien moins violent et spectaculaire, mais finalement plus en phase avec le sujet qui nous concerne, à savoir le Yin et le Yang : la dualité conduisant à la complémentarité, avec d'un côté le Yin, part féminine de la nature, et de l'autre le Yang, la part masculine. Evidemment, quoi de mieux pour concrétiser la complémentarité de l'homme et de la femme que l'accouplement ; et en cela, The Vixens of Kung Fu ne se montre pas avare. L'amour saphique tient aussi une place importante, néanmoins, ce qui n'est guère étonnant étant donné que l'école d'arts martiaux repose sur un principe de matriarcat.

On doit cette oeuvre pour le moins atypique à Bill Milling, producteur, scénariste et réalisateur qui travailla essentiellement dans le circuit érotique et pornographique dans les années 70/80. Toutefois, on relèvera que Milling produisit le fameux "Cauchemars à Daytona Beach" de Romano Scavolini (il y tient d'ailleurs un rôle). Il avait même travaillé sur les effets effets spéciaux, tout comme sur ceux de "La nuit des vers géants" de Jeff Lieberman. Cela étant, le nom de Bill Milling reste avant tout associé à celui du X. On lui doit entre autres, parmi ses films notables, "Les soirées d'une épouse pervertie".

 

 

The Vixens of Kung Fu fut tourné en 1975 en même temps (ou presque) que "Oriental Blue", ce qui explique pourquoi on retrouve quasiment le même casting dans les deux films. Parmi les acteurs en question, les vétérans Jamie Gillis et Bobby Astyr n'ont ici qu'une présence anecdotique, dans la peau des violeurs de l'infortunée Paula, au début du film. Qui plus est, les deux hommes passent leur temps à grimacer ou émettre des borborygmes. Le rôle principal masculin revient à Tony Richards, dont la carrière se limite à une petite trentaine de films sur une courte période (de 1975 à 1978). Il joua notamment dans "Satan Was a Lady" de Doris Wishman et "9 Lives of a Wet Pussy" d'Abel Ferrara, sans oublier "The Divine Obsession" de Lloyd Kaufman.

Au niveau des actrices, les deux rôles majeurs sont tenus par Bree Anthony ("The Taking of Christina", Alice in Wonderland) et C.J. Laing. Cette dernière, ex-groupie du groupe Grateful Dead, commença sa carrière dans le X avec quelques loops avant de débuter véritablement dans The Vixens of Kung Fu. Par la suite, elle deviendra une star du X à part entière, tournant dans quelques classiques du genre parmi lesquels Odyssey, Water Power, "Barbara Broadcast", et bien sûr "Maraschino Cherry", où elle incarne une esclave sexuelle dans une scène d'anthologie. Enfin, Arlana Blue, qui nous gratfie de l'incroyable scène de combat mentionnée plus haut, fit ses premières armes dans quelques films érotico-horrifiques au début des seventies, comme "Altar of Lust" de Roberta Findlay. Elle croisa régulièrement Harry Reems à cette époque et tourna pour bon nombre de cinéastes "underground" du moment (le couple Findlay, Eduardo Cemano, Doris Wishman...), et joua aussi dans Massage Parlor Hookers.

 

 

The Vixens of Kung Fu est particulièrement décousu, avec des incohérences à n'en plus finir (Bree Anthony est laissée inconsciente dans les bois après son viol, et plus tard C.J. Laing la retrouve étendue sur une plage), mais peu importe. Son côté "n'importe quoi" assumé s'avère finalement très plaisant, avec entre autres cette séance de yoga voyant les participantes apprendre à respirer comme il faut et à expulser de la fumée par le vagin ! Au milieu du film, une voix off explique au spectateur que nos charmantes demoiselles sont désormais prêtes... physiquement, mentalement et sexuellement. C'est surtout ce troisième aspect qui va être développé par la suite, cela va de soi. Le parcours initiatique du moine errant (faut-il y voir une parabole sexuelle du feuilleton avec David Carradine ?) finit quant à lui en apothéose. Après avoir maîtrisé l'art du tantrisme, notre homme connaîtra l'orgasme suprême avant de rejoindre le monde spirituel. Où comment passer de la petite mort à la mort réelle. Moine power ?!

Pour l'anecdote, le film est sorti récemment en dvd chez Vinegar Syndrome, en double-programme avec "Oriental Blue", dans une superbe copie restaurée. L'ancienne édition de Alpha Blue Archives est désormais bonne à ranger dans un placard.

 

 

Flint

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