Holocaust 2000
Genre: Science fiction , Horreur , Thriller , Drame , Satanisme
Année: 1977
Pays d'origine: Grande Bretagne / Italie
Réalisateur: Alberto De Martino
Casting:
Kirk Douglas, Simon Ward, Agostina Belli, Anthony Quayle, Virginia McKenna, Spýros Fokás, Ivo Garrani, Alexander Knox, Adolfo Celi, Romolo Valli...
Aka: Rain of Fire / Inferno 2000 / The Hex Massacre
 

Robert Caine, magnat de l'industrie, supervise la construction d'une centrale nucléaire sur un site biblique dont une prédiction en fait le lieu de la venue de l'Antéchrist. Des événements tragiques commencent à se produire autour de lui. Sa femme trouve la mort, et Robert va découvrir que c'est son propre fils, Angel, qui est l'Antéchrist. Avec Sara, attachée de presse dont il est tombé amoureux, il a un enfant qu'il croyait être au début l'incarnation de l'Antéchrist. Mais finalement, il espère qu'il s'agit plutôt de la forme du Bien qui pourra combattre son demi-frère, l'Antéchrist.

 

 

La fin du monde est un concept aussi vieux que l'homme et que l'on retrouve dans toutes les civilisations. Bref, c'est un thème populaire qui, quelque soient les époques, se trouve toujours à la mode. Le cinéma ne pouvait rester longtemps insensible devant cette manne providentielle, au début des années septante en pleine vague des films catastrophe, alors que "L'Exorciste" faisait un tabac et que l'actualité mondiale n'était pas des plus optimistes. Le producteur américain Harvey Bernhard met donc en chantier un thriller fantastique intitulé "La Malédiction". Réalisé par Richard Donner, avec Gregory Peck en vedette, le film est un succès, un mélange entre le monde des affaires, la politique et la religion ; les spectateurs un rien masochistes accourent dans les salles obscures se faire peur. Mais contrairement à "L'Exorciste", le film de Donner ne connut que peu de plagiats immédiats, même si le film influencera (encore aujourd'hui) pas mal de productions ("Effroi", "Gonger"...).
C'est évidemment du côté de l'Italie que se manifestât le premier démarquage. En 1974, Alberto De Martino réalisa un certain "L'Antéchrist", peut-être l'un des meilleurs sous "Exorciste" sortis à l'époque. Le Démon leur ayant porté chance, le réalisateur et son producteur Edmondo Amati profitent de la sortie du film de Donner pour remettre le couvert avec "Holocaust 2000". Alberto De Martino, comme pas mal de ses compatriotes, est un artisan de talent qui, par moments, a signé quelques petites perles comme "Persée l'invincible" et son arbre Méduse ; ou le mouvementé "Blasing Magnum", un poliziotteschi avec Stuart Whitman qui a laissé un très bon souvenir à ceux qui l'ont vu. Mais le film qui le fera connaître est certainement "Opération frère cadet", un sous James Bond délirant interprété par Neil Connery, le frère de l'autre, et toute une pléiade d'acteurs ayant joué dans la série officielle... vous avez dit culte ?!

 

 

"Holocaust 2000" est une co-production anglo-italienne qui bénéficiait d'un budget assez conséquent, assez en tout cas pour se permettre de recruter Kirk Douglas, ce qu'on appelle communément un monument hollywoodien. A l'époque, l'acteur, comme ses confrères Burt Lancaster, Yul Brunner ou Charlton Heston, entamait les années 70-80 en participant à cette nouvelle vague de science fiction et de fantastique, mais de manière beaucoup moins soutenue ("Furie", "Nimitz", "Saturn 3"). Il fut d'ailleurs le seul à ne pas apparaître dans un film catastrophe ! A ses côtés, on retrouve quelques visages connus comme les anglais Simon Ward ("Zoulou : l'ultime attaque") et Anthony Quayle ("Les canons de Navarone") ; la belle italienne Agostina Belli ("Parfum de femme", "Barbe Bleue") et Virginia Mc Kenna, vedette de "Free Born", complètent un casting éclectique et international.
Si le film ne manque pas de scènes et meurtres spectaculaires (dont le plus réussi reste une calotte crânienne arrachée par les pales d'un hélicoptère). En effet, comme il est de coutume dans ce genre de production, toute personne gênante ou se rapprochant de la vérité finit par mourir... Le réalisateur se dirige plutôt vers le thriller, utilisant sa vedette principale au mieux de ses capacités, aidé il faut bien l'avouer par quelques bonnes idées comme l'empoisonnement des bébés ou le super ordinateur qui se plante à la question : "Les dix systèmes de sécurité de la centrale sont-ils sûrs ?", référence involontaire à la fameuse liste de la Commission de Réglementation Nucléaire qui, à partir de 1977, avait répertorié 133 "tares" dans les centrales nucléaires américaines.

 

 

Ainsi, nous suivons la prise de conscience de Caine, dont le destin semble de devoir enfanter l'antéchrist et de favoriser la fin du monde. Avec l'aide d'un prêtre, il va essayer d'empêcher l'inéluctable. Le salut viendra pourtant d'un nouveau né qu'il croyait être l'incarnation de la bête. Il se rendra alors compte que l'antéchrist n'est autre que son fils, dont le but est de prendre le pouvoir avant ses trente trois ans. L'affrontement final entre les deux hommes ne manquera pas de piquant, surtout lorsque Robert essayera d'étrangler son fils, ce qui lui vaudra de finir dans un asile. Une institution particulièrement inquiétante, un décor entièrement blanc où les patients se trouvent derrière des vitres, vous fixant avec leurs regards égarés et hallucinés. C'est l'une des bonnes idées du film, les scènes s'y déroulant sont d'une intensité incroyable, notamment un final hystérique où le pauvre Kirk Douglas est offert en pâture à une horde de malades qui voudraient bien le mettre en pièce... impressionnant.
Pour le reste, une fois de plus De Martino s'acquitte de son travail avec honneur et talent, son film ne souffrant pas du tout de la comparaison avec la trilogie "The Omen", grâce à un scénario malin qui interprète L'Apocalypse de St Jean de manière assez originale, faisant de la super centrale nucléaire construite par les industries Caine le fameux dragon à sept têtes de la prophétie. Ce qui permet au réalisateur d'ajouter un petit message anti nucléaire et écologique très en vogue à l'époque. Sans parler de la vision particulièrement cynique des multinationales qui n'hésitent pas à construire la pire des centrales nucléaires dans un pays du tiers monde, et de leurs dirigeants capables de tout accepter au nom du profit, comme le montre la réunion finale du comité d'entreprise qui approuve les décisions du nouveau patron sans sourciller.
"Holocauste 2000" bénéficie d'une réalisation solide à défaut d'être originale, un script malin, une interprétation sans failles du grand Kirk, et surtout la musique à la fois envoutante et angoissante d'Ennio Morricone, qui font de cette petite production une oeuvre intéressante et divertissante.

 

 

The Omega Man

 

En rapport avec le film :

 

# Celui-ci est pourvu d'une fin inédite en France. Pour plus de précisions à ce sujet, rendez-vous sur l'excellent Blog Forgotten Silver.

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