Sorciers de la guerre, Les
Titre original: Wizards
Genre: Aventures , Post-apocalypse , Heroic Fantasy , Animation
Année: 1977
Pays d'origine: Etats-Unis
Réalisateur: Ralph Bakshi
Casting:
les voix de Bob Holt, Jesse Welles, Richard Romanus, David Proval, Mark Hamill, Steve Gravers, Susan Tyrrell.
 

Après l'apocalypse nucléaire, la Terre n'héberge plus que des mutants, vivant sur les mauvaises terres, et des fées, des elfes et des sorciers occupant les bonnes terres. C'est là que la reine des fées met au monde deux enfants que tout oppose : Avatar et Loup noir, l'un bon et sensible, l'autre cruel et repoussant.


3000 ans plus tard, alors que Loup noir est devenu le maître des mauvaises terres et Avatar un vieux magicien qu'on dirait sorti des 7 nains, le nez rouge de poivrot en plus, la guerre entre le bien et le mal semble inévitable. Malgré leur nombre et leur horrible physique, les hordes mutantes ne font cependant pas le poids face à des peuplades féériques animées par de nobles intentions et mues par un coeur volontaire. C'est la branlée. Et la recherche par Loup noir de nouvelles technologies, du moyen de motiver ses troupes et de terroriser l'adversaire avant de l'exterminer. Une recherche qui tourne à l'archéologie avec la mise à jour d'objets et d'archives du 20ème siècle qui font l'effet d'une bombe nucléaire : de la propagande nazie filmée, avec Hitler en démiurge charismatique. Les troupes de Loup noir se remettent en marche, pour un nouveau combat dont l'issue semble condamner la paix à n'être plus qu'un vieux souvenir et la vie un enfer sur terre.

 

 

Pour raconter cette histoire, Ralph Bakshi a choisi de suivre les tribulations d'Avatar le vieux sorcier, d'Elinor, la fée potelée aux rondeurs appétissantes, de l'elfe Aiglon et de Peace, ex-Nekron 99, tueur sans pitié retourné par Avatar. Le tout contrebalancé par les apparitions du sombre Loup noir, hideux barbu au corps squelettique se pavanant sur fond de svastika. Ce choix en vaut un autre mais il ne permet pas néanmoins de rendre le film plus passionnant que cela. Doté d'une histoire plutôt linéaire et somme toute très classique (le combat du bien et du mal), il souffre de plusieurs défauts qui nuisent à son attrait : mélange de genres, mélange de techniques, séquences trop longues ou qui se traînent, personnages clichés et même des petites pincées d'humour lourdaud...


C'est ainsi que le tout début et d'autres séquences en cours de récit ne sont rien d'autres que de la voix off sur des images fixes, un comble quand même pour un film d'animation... Ou que d'autres passages usant des archives de la seconde guerre mondiale et utilisant la voix d'Hitler trouvent également assez vite leurs limites, se mariant assez mal au dessin rond et simple des combattants elfiques. C'est d'ailleurs ce mix entre images réelles et brutes, images d'archives, dessins originaux (animés ou pas), rotoscopies qui nuit le plus au film, le mélange n'étant pas franchement subtil mais réalisé à la louche, il tourne assez vite au procédé et au cache-misère...

 

 

Pourtant, ces défauts qui pourraient être totalement rédhibitoires, se transforment parfois en atouts imprévus sous la grosse patte du réalisateur. Ainsi de la plupart des séquences rotoscopées puisant sans vergogne dans des films comme Alexandre Nevski, "La batailles des Ardennes", "Zulu", "Le Cid", etc. pour mettre en scène des batailles homériques avec cavaliers au galop, chars d'assaut, sauvages guerriers peinturlurés,... ce qui n'aurait pu constituer qu'un effet parmi d'autres se révèle assez souvent une réussite, ces images remontées et retravaillées apportant l'essentiel du rythme du film, le plus souvent trop poussif.


Ce film familial, dixit Bakshi dont les premiers opus, comme "Fritz the cat" (en 1972, d'après Robert Crumb), avaient défrayé la chronique et provoqué l'ire des bien-pensants, a un peu le cul entre deux chaises, le dessin lisse des personnages principaux, Avatar en tête, pouvant effectivement capter l'oeil des enfants (tandis que les mensurations généreuses d'Elinor charmeraient leurs papas), mais le contexte et le déroulement pouvant assez vite les désarçonner ou les laisser de marbre, sans pour autant passionner des adultes.
Conchiant les Disniaiseries (néologisme qu'on pourrait appliquer lorsqu'on l'écoute dans les bonus), Bakshi ne trouve néanmoins pas de formule miracle pouvant faire mieux que les équipes du vieux Walt, y compris au niveau de l'histoire hélas, même si la liberté de ton y est effectivement bien plus grande (mais cela suffit-il ?)

 

 

Les sorciers de la guerre est donc un film d'animation original, certes, mais qui manque quelque peu d'originalité (oui, je sais, c'est un peu paradoxal...) Il a des qualités réelles, c'est vrai, mais elles sont souvent le revers trop modeste de défauts bien plus grands. Enfin, il a des ambitions assez hautes (dénoncer les dérives technologiques notamment ou le pouvoir de la communication – à ce sujet, l'utilisation par Loup noir d'images de propagande nazie était une bonne idée, même si assez mal intégrée) mais l'ensemble manque clairement d'envergure, et peut-être de moyens.
Bakshi précise aussi que Wizards connut un excellent démarrage au cinéma, rapidement compromis par le succès phénoménal de La guerre des étoiles qui, sorti au même moment, réclama rapidement le maximum d'écrans, poussant vers la sortie de nombreux autres films (à propos de Star Wars, on notera d'ailleurs la présence ici aussi de Mark Hamill, chargé de faire la voix d'un des petits êtres de la forêt féérique). Bref, un an avant une adaptation de la trilogie de Tolkien du seigneur des anneaux et 6 ans avant "Tygra, la guerre et le feu" (dont l'affiche promettait beaucoup), Bakshi mitonnait un Wizards un peu bancal qui mérite le coup d'oeil, certes, mais déçoit quand même pas mal.

 

 

Bigbonn


En rapport avec le film :

# La fiche dvd Wild Side du film "Les sorciers de la guerre"

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