Hell's Ground
Titre original: Zibahkhana
Genre: Zombie , Horreur , Psycho-Killer
Année: 2007
Pays d'origine: Pakistan / Royaume-Uni
Réalisateur: Omar Ali Khan
Casting:
Kunwar Ali Roshan, Rooshanie Ejaz, Rubya Chaudhry, Haider Raza, Osman Khalid Butt...
 

Une poignée d'étudiants visiblement huppés décident, après avoir menti chacun à leurs parents, de se rendre un soir à un concert de Rock. Ainsi, en loucedé, se tirent-ils en début de soirée de la banlieue d'Islamabad, au volant d'un vieux van repeint aux couleurs de la peace & love generation...
Seulement, au Pakistan, on ne rigole pas avec les petits loulous bourgeois vaguement américanisés ! Leur petite escapade va virer, à juste titre, au cauchemar ! Bientôt, ils prennent en auto-stop une espèce de type tout droit sorti de chez les "Leatherface" (mais en tunique, genre Beatles attardé), lequel va leur donner du fil à retordre avant que le combi ne tombe en panne.
Alors que la nuit est déjà tombée, nos étudiants se font tomber sur le râble par une bande de goules sorties de nulle part, hormis d'une forêt en bord de route semble-t-il perdue en pleine campagne.
Ils lutteront vaillamment, mais le pire reste à venir !

 

 

Alors qu'ils ont dû stopper leur camionnette afin de la réparer, puis s'abriter dans une cabane en bois dans la forêt, voici qu'un tueur vêtu d'une burqa se met à sévir et à vouloir tuer nos jeunes rebelles tour à tour.

Heureusement, François Fillon veille et décide d'agir : "Je déposerai un projet de loi contre le port total de la burqa au Conseil des ministres dans le courant du mois de mai." Avant que notre bienveillant ministre ne se dise : "prêt à prendre des risques juridiques" pour que cette loi indispensable soit votée.
Il a bien raison le François, surtout lorsque dans un élan humanitaire, il ajoute : "le port de la burqa est une atteinte à la dignité des femmes allant à l'encontre du principe de l'égalité des sexes..."
Mal lui en prend toutefois, puisque, voulant prendre la défense de notre petit groupe de Nawabs et se lançant pourtant dans l'un de ses meilleurs discours égalitaires de sa carrière, paf, voici qu'il se prend une méga boule de pique en pleine gueule ! Son crâne explose, sa cervelle se sauve et celle-ci constate en sautillant, ce, juste avant d'agoniser, que dessous la burqa se cache un homme !

 

 

Bref, malgré les bonnes intentions, faudrait peut-être voir à interdire le port du voile intégral pour les hommes également, parce que celui du film, c'est pas un tendre !
Après tout, on avait bien eu la métaphore lynchienne sur la montée de l'intégrisme avec son "Elephant Man" où, l'homme-éléphant (animal symbole de sagesse dans la culture asiatique, rappelons le !), tapi derrière son drap, revendiquait sa condition humaine malgré qu'il soit un fils de dieu.
En tout cas, le gigantesque fléau qu'arbore notre tueur en série témoigne de coutumes et de manières de faire dépassées, quasi moyenâgeuses (en témoigne cette arme issue de temps médiévaux assimilée à la burqa, elle aussi jugée d'un autre âge par le réalisateur).
Et à Omar Ali Khan de régler ses comptes avec certains tabous ayant encore cours au Pakistan. De par la censure omniprésente et de par son budget ultra limité, Zibahkhana n'a jamais failli voir le jour d'une part, et d'autre part, ce n'est qu'après avoir récolté un certain nombre de louanges dans les festivals qu'il fût distribué dans son propre pays.

 

 

Le réalisateur est non seulement un passionné de cinéma de genre, mais surtout le propriétaire d'un petit cinéma dédié aux séries B américaines et aux films kitschs pakistanais. Il ne manque d'ailleurs pas de rendre hommage à l'un des grands classiques du cinéma d'épouvante du pays : "Dracula au Pakistan".
Il ne faudrait tout de même pas oublier une personne très importante dans l'enfantement de ce film autant savoureux qu'improbable : la présence de Pete Tombs (Le Boss de Mondo Macabro) au générique, à la fois comme scénariste et comme producteur. Autant dire qu'à lire qu'il s'agit du premier film d'horreur pakistanais, on pourra se dire, selon, que c'est vrai ou bien que c'est du flan destiné à vendre le film pour ce qu'il n'est pas.

Toujours est-il que ce à quoi on assiste à l'écran, c'est le croisement de deux mondes, l'occident et l'orient, avec l'un qui a réussi à bouffer l'autre jusqu'à se foutre ouvertement de sa gueule avec un esprit d'insubordination. On pourrait bien voir débarquer Brice Portefeux avec un M16 à la main, qu'on ne serait pas plus surpris que ça. Là où le film est plutôt réussi en revanche, c'est dans sa manière de ne pas y toucher, de tomber dans une espèce de provocation non déclarée.
A cet égard, on portera au crédit de Pete Tombs et de Omar Ali Khan le fait de ne pas tomber dans un second degré potache, et de dérouler leur film sans recul aucun, avec une sorte de sérieux imperturbable.

 

 

L'ensemble revêt également, par moments, des aspects amateurs. Chose logique, puisque comme dit avant, le film a été produit avec trois fois rien et les comédiens ont été choisis sur les bancs de l'université. Cela ne se montre finalement pas trop préjudiciable pour le film qui, durant ses 77 minutes, garde un rythme plutôt dynamique.

Non, là où il échoue, à l'instar d'un paquet d'autres films issus du reste du monde (La France en est le parfait exemple – La Horde, "Humains", "La Meute"...), c'est dans son côté ultra référencé.
Finalement, à la vision de Hell's Ground, on déplore deux choses :
la première est l'avalanche de citations de classiques (Massacre à la tronçonneuse, Zombie, "Le jour des morts-vivants", pour les plus évidents), des citations qui, disons-le, commencent à pulluler dans le cinéma de genre jusqu'à l'overdose.
La seconde, sans doute liée à la première, est qu'il règne tout du long un sentiment d'assister à la copie conforme d'un film américain ; et si ce n'était la musique, le contexte et la burqa, tout ceci paraîtrait sans doute bien conventionnel.

 

 

Mallox

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