Mondo Keyhole
Genre: Drugsploitation , Erotique , Rape and revenge
Année: 1966
Pays d'origine: Etats-Unis
Réalisateur: Jack Hill et John Lamb
Casting:
Nick Moriarty, Adele Rein...
 

Howard et Vicky forment un couple des plus atypiques. Madame cherche l'extase dans l'héroïne à défaut de réussir à susciter le désir chez son mari. Monsieur, directeur d'une société de production de contenus adultes, fuit ses avances car son plaisir se trouve justement dans les femmes qui se refusent à lui. Son péché mignon ? Le viol.

 

 

Dès le pré-générique une voix off vient dissiper le malentendu sur le titre : Mondo Keyhole n'a rien du documentaire choc, mais propose une fiction revendiquée tournant essentiellement autour du personnage d'Howard, solidement campé par un Nick Moriarty dont on n'entendra malheureusement plus jamais parler.
Il évolue en solitaire au milieu d'un monde peuplé de femelles charnelles qui sont autant de tentations irrésistibles, d'appels au crime. Les autres hommes semblent effacés, inexistants, condamnés à l'anonymat, au mutisme, quand il ne s'agit pas de folles complètement à coté de la plaque, comme son directeur de films sado-masochistes. Howard est le loup dans la bergerie et, en bon prédateur, il ne vit que pour la chasse. Enfermé dans son vice, il annonce d'entrée de jeu sa résignation par le biais de ses pensées en voix off (à l'instar d'un futur Erwin Leder) : il ne se demande déjà plus s'il se fera prendre, mais plutôt quand la sentence tombera.
La seule femme qui le laisse de glace est justement sa compagne, incarnée par la somptueuse Adele Rein qu'on retrouvera dans une pincée d'autres sexploitations chez Rostler et Meyer. Elle multiplie les subterfuges en vue d'attiser sa flamme, n'hésitant pas à se grimer en Brigitte Bardot pour se donner le piquant d'une étrangère. Et pourtant un peu plus tard elle reproche à son époux d'avoir tenté de la soumettre à son désir... en la confondant avec une autre !

 

 

Jack Hill et son acolyte Lamb transcendent le simple soft-core à base de poitrines généreuses et de petites culottes en instaurant une atmosphère de perversion, de paradoxes et de faux-semblant où les limites du rêve (artificiel) et de la réalité ne sont jamais clairement définies et où les proies deviennent parfois les prédateurs. Les accords tantôt jazzy, tantôt cotonneux du Psychedelic Psymphonette accompagnent à merveille le rythme à la fois nerveux (dans les traques et les attaques du héros) et langoureux (lors des travellings en gros plans sur des courbes et replis de peau) du film pour restituer une ambiance éthérée et confuse.

Malgré un évident manque de budget, outre la bande sonore, Hill et Lamb soignent la photo. Noir et blanc élégant et maitrisé qui distille des passages très inspirés comme la troublante scène de narcissisme où Vicky succombe à son image travestie ou encore tout le passage sur la fête orgiaque qui communique efficacement tumulte et ambigüité dans un tourbillon d'alcool, bouffe, chair nue et visages masqués.
Les voyeurs et petits curieux feraient bien de jeter un coup d'oeil par le trou de la serrure...

 

 

Princesse Rosebonbon

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