Fusée pour la Lune
Titre original: Missile to the Moon
Genre: Science fiction
Année: 1958
Pays d'origine: Etats-Unis
Réalisateur: Richard Earl Cunha
Casting:
Richard Travis, Cathy Downs, K.T. Stevens, Tommy Cook, Gary Clarke, Nina Bara...
Aka: Bestie des Grauens
 

Gene et Lon s'évadent de prison et trouvent refuge dans une base américaine située en plein désert. C'est dans ce lieu que le scientifique Dirk Green vient de mettre au point en engin spatial fonctionnant à l'énergie solaire. Malheureusement, son contrat s'achève et ses travaux doivent passer sous le contrôle du gouvernement. Green accepte mal cette décision et en fait part à son ami Steve Dayton, avec qui il a travaillé sur ce projet. Dayton ne partage pas son avis, et il est plus préoccupé à roucouler en compagnie de sa fiancée June Saxton.
Passablement aigri, le scientifique découvre que les deux fugitifs se sont réfugiés à l'intérieur de l'aéronef. Il les force à l'accompagner pour voyager jusqu'à un endroit où la police ne risquera pas de les retrouver... la Lune !
Mais avant de partir, Dayton et sa fiancée ont pénétré à leur tour dans la fusée, sans penser que celle-ci était sur le point de décoller. Le voyage ne va pas manquer de péripéties, la plus grave étant marquée par une pluie d'astéroïdes au cours de laquelle Dirk Green perdra la vie. Avant de mourir, le savant remet à Steve un étrange médaillon, et insiste pour que son ami respecte le plan de vol et le lieu d'alunissage initialement prévu...

 

 

Richard Earl Cunha possède la particularité d'avoir réalisé quatre films de série B fantastiques et SF dans la seule année 1958. Avec une durée de tournage d'une semaine en moyenne et un budget dérisoire, conjugués à un talent relatif pour la mise en scène, on peut dire que "Giant from the Unknown", "She Demons", "La fille de Frankenstein" et Fusée pour la Lune sont tous rentrés au panthéon des films fauchés, lorgnant plus, en vérité, vers le Z que vers le B. Entre ces deux lettres, le système D vînt tout naturellement s'intercaler. Il suffit de voir un film de Cunha pour se rendre que l'homme avait au moins du talent pour le bricolage.
Qui plus est, le cinéaste est peut-être l'un des premiers, dans la profession, à avoir fait un remake d'un film sorti... cinq ans plus tôt ! Car Fusée pour la Lune reprend dans les grandes lignes la trame de "Cat Women of the Moon", tourné en 1953 par Arthur Hilton.
Déjà, dans l'oeuvre de Hilton, cinq astronautes à bord d'une fusée en forme de suppositoire se dirigeaient vers la Lune. Après avoir essuyé des incidents lors du voyage, le groupe arrivait finalement à destination, constatait la présence d'oxygène sur le satellite, était confronté à des araignées géantes et achevait son périple dans une cité dirigée par des amazones sélénites. Ici, j'ouvre une parenthèse à propos du terme sélénite, qui se rapporte non pas à la très belle ex-actrice porno italienne Selen, mais à Séléné, qui était dans la mythologie grecque la fille des Titans Hypérion (pour attendre) et Théia, la soeur d'Hélios, et accessoirement une déesse de la Lune (plus spécifiquement de la pleine lune, d'où la confusion possible avec Selen, dont le popotin...mais je m'égare).

 

 

Bref, dans Fusée pour la Lune, nos héros sont également confrontés à un matriarcat composé de plus ou moins ravissantes Sélénites, en costume d'apparat, sous le commandement de leur Reine nommée Lido (ce qui explique pourquoi les Sélénites ressemblent à des meneuses de revue). Par contre, le "craignos monster" de service se résume à une seule araignée géante, mais une que l'on n'oublie pas de sitôt. Les deux scènes où elle apparaît sont anthologiques. Richard Cunha innove toutefois par moments, faisant par exemple intervenir des créatures de pierre menaçantes. Mais c'est surtout l'idée de transformer deux bagnards en astronautes qui vaut son pesant de cacahuètes, et achève de donner au film un côté kitsch indiscutable et savoureux. Après un tel pitch de départ, la moindre idée farfelue ne peut être qu'acceptée sans problème.

Au niveau du casting, on ne sera donc pas étonné de retrouver des acteurs familiers des films "psychotroniques". Ainsi a-t-on pu voir Richard Travis dans le mémorable "Mesa of Lost Women" (avec également une araignée géante comme on n'en fait plus). A ses côtés, Cathy Downs possède elle aussi un joli palmarès, puisqu'on la retrouve dans "The Phantom from 10 000 Leagues", "The She-Creature" et "Le fantastique homme colosse". Quant à Gary Clarke, blondinet avec une gueule à la James Dean, il jouera la même année dans "How to Make a Monster". Et Laurie Mitchell (l'une des Sélénites) apparaîtra (toujours en 1958) dans "Queen of Outer Space" et Attack of the Puppet People.

 

 

Malgré son lot d'incohérences, une direction d'acteurs aléatoire et des effets spéciaux rudimentaires, on passe quand même un bon moment devant cette Fusée pour la Lune, pour peu que l'on soit nostalgique des films de SF fauchés des années 50 et amateur de curiosités désuètes. C'est l'occasion d'assister à une savoureuse danse nuptiale (une spécialité de Cunha, qui propose aussi une danse tribale redoutable dans "She Demons"), à un duel psychique entre Alpha et Zema (oui, car toutes les Sélénites s'appellent par une lettre de l'alphabet grec, on a donc une Lambda, également, mais pas de Beta, par contre), et à la fameuse (double) apparition de l'araignée en caoutchouc.


Pour toutes ces mauvaises raisons, Fusée pour la Lune vaut donc largement le détour. Un dernier mot concernant la musique, elle est signée Nicholas Carras, qui travailla avec Cunha sur trois de ses films, puis sera l'un des compositeurs attitrés de Ted V. Mikels (sur "Dr Sex", "The Astro-Zombies" et "Superflics en jupons, notamment). Quant à Richard Cunha, il finira sa carrière de réalisateur avec un polar noir, "Girl in Room 13", qui paraît-il possède une bonne réputation. Incroyable, mais vrai.

 

 

Flint


En rapport avec le film :

# La fiche dvd Bach Films du double programme :
La Martienne diabolique / Fusée pour la Lune

 

# Le coffret "Voyages vers la Lune" d'Artus Films

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