Crimes of the Black Cat
Titre original: Sette scialli di seta gialla
Genre: Giallo
Année: 1972
Pays d'origine: Italie
Réalisateur: Sergio Pastore
Casting:
Antonio De Teffé, Sylva Koscina, Umberto Raho, Giacomo Rossi Stuart, Renato De Carmine, Annabella Incontrera, Giovanna Lenzi (pseudo : Jeannette Len), Shirley Corrigan...
 

Peter Oliver est un pianiste-compositeur, spécialisé dans les musiques de thrillers. Aveugle, il compense son handicap par une ouïe et un odorat particulièrement développés. Sa copine du moment, Paola, travaille dans une maison de haute couture huppée, tenue par une femme autoritaire (et puis jalouse et possessive, en prime), Françoise Ballais, elle-même assistée de son mari : Victor, un playboy et ex-gigolo, qui ne manque pas évidemment d'avoir la côte auprès des charmantes jeunes femmes travaillant dans la maison.

 

 

Un soir, dans un pub de Copenhague, Peter surprend les bribes d'une conversation à la table voisine (les tables sont séparées par une tenture). Il semble y être question de vengeance, et de chantage, et l'un des deux protagonistes est assurément une femme. Peter ne parvient pas à en apprendre plus à cause de la musique émanant d'un juke-box qui se trouve à proximité. Dans le même temps, un serveur remet une lettre à Peter (il la range, ne pouvant évidemment la lire).
Peu après, le pianiste retrouve son fidèle majordome, Burton, homme à tout faire, entièrement dévoué à son patron. Le courrier en question est une lettre de rupture de Paola. Celle-ci ne donne aucune explication justifiant la fin de leur liaison. Et quand bien même Peter aimerait en savoir plus qu'il n'en aura pas l'occasion. En effet, Paola meurt quelques heures plus tard dans sa loge, après avoir ouvert un panier en osier posé près de sa coiffeuse. Une mort suspecte, qui va donc entraîner une enquête de la police, par le biais d'un flic pointilleux : l'inspecteur Jansen.
Désireux de découvrir la vérité sur cette étrange affaire, Peter Oliver décide de mener sa propre enquête, parallèlement à la police. Doté d'un sixième sens infaillible, et avec l'aide de Burton et Margot, une amie proche de Paola travaillant aussi dans l'agence, le pianiste ne va pas manquer d'avoir régulièrement un temps d'avance sur les policiers, une situation qui va le mettre en danger, car d'autres meurtres vont encore frapper la maison de haute couture, perpétrés par un mystérieux tueur ne laissant derrière lui qu'un châle de soie jaune (d'où le titre original du film).

 

 

"Crimes of the Black Cat" pourrait passer pour un honnête giallo si le sujet était original. Mais Sergio Pastore, un réalisateur relativement obscur qui n'a pas laissé d'oeuvres impérissables dans sa filmographie, a choisi (pour son unique tentative giallesque) de pomper allègrement à droite-à gauche des idées pour son film.
Tout d'abord, le personnage interprété par Anthony Steffen rappelle forcément celui de Franco Arno, joué par Karl Malden, dans "Le Chat à Neuf Queues", à savoir un héros aveugle prenant une enquête à son propre compte, soucieux de résoudre un mystère sur une série de meurtres. Ensuite, l'action se passe dans une maison de haute couture, et là, le parallèle avec "6 Femmes pour l'Assassin" saute évidemment aux yeux. Enfin, lorsque Pastore ne plagie pas les maîtres du genre, Mario Bava et Dario Argento, il se rabat sur un vieux film d'Henry Hathaway : "A 23 pas du Mystère" ("23 paces to Baker Street", 1956), qui raconte les aventures d'un dramaturge aveugle menant une enquête après avoir surpris une conversation dans un pub où il était question d'un kidnapping d'enfant.
On pourrait croire que Sergio Pastore était plutôt désireux de rendre hommage aux spécialistes du giallo, et d'ailleurs il tente de nous en convaincre lors d'une scène dans laquelle Anthony Steffen et un technicien finalisent une musique pour un thriller qui n'est autre que... "Le Venin de la Peur", de Lucio Fulci, dont on voit quelques extraits sur un écran de contrôle. Vaine tentative, on ne se laissera pas duper : Pastore n'a pas beaucoup d'imagination. Et pourtant, il se rattrape dans l'une des dernières scènes du film, elle aussi empruntée à un autre classique du 7ème Art : le fameux "Psychose" d'Alfred Hitchcock. Mais là, le metteur en scène inflige au spectateur un massacre en règle de la pauvre victime, nue sous la douche, et taillée en pièces à coups de rasoir, entailles profondes montrées en gros plans efficaces, sang giclant sur les murs, et coulant abondamment jusqu'à la bonde. Une scène digne de figurer dans les sommets de "l'eurotrash". En quelques minutes, le metteur en scène sauve son film, mais n'évite malheureusement pas un dernier "twist" tiré par les cheveux et passablement bâclé.
Dommage, pour une fois, De Teffé s'en tire plutôt pas mal, malgré ses airs de cocker battu. Reste le plaisir de voir une fois de plus Sylva Koscina, Annabella Incontrera et cette bonne tronche d'Umberto Raho. Quant à Giacomo Rossi Stuart, on l'aurait très bien vu dans une pub pour Petrole Hahn...

 

 

Note : 5/10

 

Flint
 
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