Un détective à la dynamite
Titre original: A Lovely Way to Die
Genre: Polar , Policier
Année: 1968
Pays d'origine: Etats-Unis
Réalisateur: David Lowell Rich
Casting:
Kirk Douglas, Sylva Koscina, Eli Wallach, Sharon Farrell, Kenneth Haigh, Ali MacGraw...
Aka: L'otage de la violence
 

Loren Westabrook est un riche notable américain qui sait profiter de la vie et des formes engageantes de sa jeune épouse, Rena. Un soir, alors qu'il prend un bain de minuit, il est abattu d'un coup de fusil. Peu de temps après, la police retrouve son cadavre flottant dans la somptueuse piscine de la maison Westabrook. Immédiatement, les soupçons s'orientent vers la belle Rena. Notamment parce qu'elle et son amant auraient un mobile de poids dans ce crime : Rena est l'unique héritière de la fortune de feu son époux. Clamant son innocence, la jeune femme se tourne alors vers un avocat de renom. Mais ce dernier, face à la complexité de l'affaire, décide de faire appel à un détective connu pour ses méthodes expéditives - et son efficacité...

 

 

Comme les mignardises, A Lovely Way to Die est un plaisir coupable à déguster sans modération. Réalisé juste avant le clash brutal des années septante, le film de David Lowell Rich ("Airport 80 : Concorde"... tout un poème !) baigne encore dans une belle insouciance. Cette curieuse production semble avoir été réalisée dans le seul but de satisfaire le besoin de frivolité du spectateur. Le film ressemble à une grosse série télé, au format cinémascope et au technicolor resplendissant ; normal puisque le producteur, le réalisateur et le scénariste sont des téléastes confirmés.
Cette douceur réalisée sans réel talent mais avec enthousiasme et zèle met en valeur une actrice italienne honteusement sous estimée et snobée par le grand public, la belle Sylva Koscina. En effet, si la tête d'affiche est incontestablement le grand Kirk Douglas, la pétillante italienne lui vole la vedette à chaque apparition. On oublie que la ravissante actrice fut l'égérie d'un certain cinéma de genre italien et adulée par certains fanzines et aficionados qui n'hésitaient pas à lui consacrer des pages entières ; ses traits angéliques ont hanté les nuits de nombreux cinéphiles. Si A Lovely Way to Die n'est pas un chef d'oeuvre, loin s'en faut, c'est le film parfait pour découvrir l'actrice en pleine beauté, pour ceux qui ne la connaîtraient pas... Pour les autres, c'est l'occasion de la revoir dans une production américaine, certes plus sage que certains de ses films italiens, mais qui réussit à mettre l'actrice en valeur comme jamais. Le film est un véritable défilé de mode "vintage", l'actrice change de tenue à chaque apparition. Tout y passe : maillots de bain, robes de soirée, nuisettes, tailleurs...Tout cela devant un Kirk Douglas qui a l'air de bien s'amuser. L'acteur abordait à l'époque sa carrière de manière plus désinvolte. Par la suite, il tournera même en Italie pour Alberto De Martino (Holocaust 2000) et Michele Lupo ("Un homme à respecter"), c'est dire la désinvolture !

 

 

Petite piqure de rappel bien nécessaire pour certains, ce film permet de remettre la délicieuse Sylva à sa véritable place, c'est à dire entre Sophia Loren et Gina Lollobrigida. Sylva Koscina est née à Zagreb en Yougoslavie. En 1933, elle arrive en Italie, pendant la seconde guerre mondiale. En 1955 elle apparaît dans son premier film, "Le disque rouge". En 1957, c'est la consécration au coté de Steve Reeves dans Les travaux d'Hercule de Pietro Francisci. Durant les années soixante, elle deviendra une actrice populaire aussi bien à l'étranger qu'en Italie. Mais en 1967 elle décide de tenter sa chance à Hollywood, et parallèlement elle se marie au Mexique avec son compagnon depuis 1960 : le producteur. Raimondo Castelli.
Ces deux événements vont malheureusement précipiter son déclin. Déçue par Hollywood et éclaboussée par une sordide affaire de bigamie qui touche son époux, elle divorce et retourne en Italie où elle entame au début des années septante une seconde carrière dans le bis. Ainsi apparaît-elle dévêtue dans divers giallos, des films fantastiques et d'autres vaguement érotiques. Après avoir posé dans le Playboy italien en 1975, elle continuera à apparaître sporadiquement dans diverses productions jusqu'à son décès en 1994, dans une indifférence scandaleuse.

 

 

Les actrices étrangères sont rarement gâtées par les rôles que leur offre Hollywood, du moins au point de vue de l'interprétation. Sylva n'échappe pas à la règle et son personnage est particulièrement gratiné par son approche totalement machiste. Ne parlons pas du héros interprété par Kirk Douglas, dont le comportement envers les femmes lui vaudrait à notre époque une kyrielle de procès pour harcèlement sexuel. Mais soyons honnête, c'est cette vision désuète de la femme (belle, sexy, légèrement artificielle), agaçant aujourd'hui certaines chiennes de garde, qui donne au film toute sa saveur. Visionner la chose à notre époque permet de transformer un polar humoristique pas très réussi, et au scénario alambiqué (le coup des cadavres congelés vaut son pesant de cacahuètes), en une petite loufoquerie sexy sans prétention. Sylva Koscina traverse le film comme dans un défilé de mode, alors que Kirk Douglas enquête en distribuant bons mots et bourre pif, tout en jouant les gardes du corps au grand coeur. Tellement basique et puéril que cela en devient magnifique !

 

 

The Omega Man

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