Dernier dinosaure, Le
Titre original: The Last Dinosaur
Genre: Science fiction , Fantastique , Agressions animales , Aventures , Kaiju Eiga
Année: 1977
Pays d'origine: Japon / Etats-Unis
Réalisateur: Alexander Grasshoff & Tsugunobu Kotani
Casting:
Richard Boone, Joan Van Ark, Steven Keats, Luther Rackley, Masumi Sekiya, William Ross, Carl Hansen, Tetsu Nakamura, Nancy Magsig, Don Maloney, Vanessa Cristina...
Aka: Kyokutei tankensen Pora-Bora
 

Plusieurs équipes de chercheurs travaillent pour l'énorme compagnie pétrolière appartenant au milliardaire Masten Thrust (Richard Boone). Celles-ci ont l'habitude d'explorer l'Antarctique à l'aide de véhicules de forage eux-mêmes équipés de laser. Durant leurs dernières recherches, l'une des équipes n'est jamais revenue. Lors d'une conférence de presse houleuse, la vérité est enfin révélée : l'équipe a découvert un lac sous la calotte polaire, avant d'émerger dans un monde perdu puis de se faire exterminer par un Tyrannosaurus Rex. C'est sur ces bases qu'une nouvelle mission est planifiée. Le but ne sera pas cette fois-ci de trouver du pétrole mais d'explorer ce monde préhistorique. En plus d'être un chasseur impénitent qui collectionne les trophées, Thrust est un être revanchard. Il prendra la tête de l'expédition avec l'idée en tête de liquider la bête. Se joindront à lui Chuck Wade (Steven Keats), l'unique rescapé de la dernière exploration qui pourra les guider, le docteur Kawamoto (Tetsu Nakamura), en charge des recherches paléontologiques, Bunta (Luther Rackley), le pisteur Massaï muet du riche industriel chasseur, que ce dernier présente comme son ami - ce qui ne manque pas de provoquer quelques remous dans l'assistance – ainsi (au dernier moment) que Francesca Banks (Joan Van Ark), laquelle parvient à s'inviter pour y exercer son métier de photographe... Arrivés à l'endroit fatidique, surprise : un Spielberg-Rex les accueille à bras ouverts !

 

 

Coproduction tardive entre la Rankin/Bass Productions qui collaborait déjà dès les années 60 avec la Toho ("King-Kong s'est échappé") et la Tsuburaya Productions, spécialisée dans la production télévisuelle à bas coût (Les Ultraman TV shows) et à base d'aliens, d'hommes préhistoriques et/ou de gros monstres, Le dernier dinosaure sonne à sa manière le glas d'un genre qui fit les beaux jours d'au moins deux décennies depuis que le fameux Godzilla sortit sur les écrans au milieu des années 50. Non pas que le genre disparut ensuite puisque, encore à ce jour, sortent des "The Host" ou des "GodziEmmerich" (sans parler des "massacre au godezilla") au cinéma tandis que les années 1990 et 2000 ont vu passer des Mechagodzilla, des Gamerak, ou l'inaltérable Godzilla se battant par tradition contre toute la galerie de monstres nippons dont le plus singulier, Destroyah. Quant aux Etats-Uniens, ils ne sont alors pas novices dans le genre, puisque, sans même parler du "King-Kong" de Merian C. Cooper et Ernest B. Schoedsack, dès 1939, même Daffy Duck avait maille à partir avec un dino sous la houlette de l'excellent Chuck Jones. Inutile de recenser tous les films à grosses bestioles, que ce soit du côté de la bannière étoilée ou du côté du soleil levant. En 1977, le remake de "King-Kong" venait tout juste de faire un gigantesque carton tandis que du côté du Royaume-Uni, les "Sixième Continent" et autres "Continent oublié" engrangeaient eux aussi de belles recettes pour des investissements relativement modestes.
Sur ces bases, les deux studios cités avant décidèrent de s'associer pour tenter également leur chance. On a alors retenu Alexander Grasshoff, jusque là spécialisé dans les documentaires de la série National Geographic, et pour justement amener un certain réalisme en plus de se charger de l'équipe américaine ; ainsi que Tsugunobu Kotani, spécialisé jusque là dans la pure comédie et parachuté au dernier moment afin, surtout, de s'occuper du casting composant nos hommes préhistoriques, assez comiques du coup. Pour le reste, si de prime abord on peut croire que le film est avant tout américain, toutes les équipes techniques sont japonaises.

 

 

Bref, les noms des réalisateurs peuvent surprendre et seul le compositeur Maury Laws, fidèle collaborateur de la Rankin/Bass Productions, tranche un peu dans une équipe toute nippone. Le film est photographié par Shôji Ueda (un habitué de Kotani mais aussi de Kurosawa - à signaler au passage la beauté stupéfiante de certains plans, assez proches parfois d'un "Cannibal Holocaust" à venir ou même d'un très récent Outlander), et tous les effets spéciaux et visuels confiés à des équipes pourtant peu habituées au genre, dans le sens classique du terme (peu de participation aux kaiju). Ce dernier point explique sans aucun doute la raison pour laquelle les créatures sont animées par les techniques des marionnettistes ou bien de la suitmation (grosso-modo des gens sous des costumes de dinosaures). A l'arrivée, The Last Dinosaur a été distribué partout dans le monde ou à peu près, excepté aux Etats-Unis où celui-ci a toutefois eu les honneurs de passer en prime time à la télévision, avant de sortir il y a quelques années en version rallongée et en dvd chez Warner.

Ecrit par William Overgard, un vétéran en matière de bande-dessinée, The Last Dinosaur s'avère au-delà du produit bâtard voué à la catastrophe, un film plutôt distrayant et même assez souvent amusant. Soit, on n'y trouvera rien de réellement original, et les ingrédients ici présents ne sont que de purs emprunts à certains hits du genre science-fiction. Cela va de "Centre Terre, septième continent" à "L'oasis des tempêtes" en passant même par "Le voyage fantastique" de Fleischer ou encore et entre autres, à la série "Au coeur du temps" d'Irwin Allen. Pourtant, l'action est bien menée, le film est généreux en péripéties, et les personnages sont décemment dépeints et possèdent suffisamment de caractère pour donner du relief et emballer le spectacle...

 

 

Le vétéran Richard Boone qu'on ne présente plus, en tête ! Alors âgé de 60 ans, c'est sans doute l'acteur qui endosse finalement le véritable rôle du dernier dinosaure, avec une présence à l'écran possédant autant de poids et de charisme que de grotesque. Affublé d'un postiche qu'il remet à plusieurs reprises devant nos yeux ébahis, une paire de Ray-ban plus grosse que sa cuite de la veille qu'elle est censée cacher, et pourvu d'un dentier qui semble le gêner, cela ne l'empêche pas d'emballer une jeune femelle (son statut de milliardaire aidant, bien sûr) et surtout de livrer une dantesque prestation. Le dernier dinosaure pour le "Dernier des géants", dira-t-on pour citer le beau film crépusculaire de Don Siegel dans lequel il jouait juste avant celui-ci. Autant dire qu'à côté de lui, nos animaux préhistoriques ont l'air de nouveaux nés, et que le reste des acteurs est légèrement éclipsé, notamment Steven Keats ("Un justicier dans la ville") qui, non seulement se fait voler la femme qu'il convoite par un vieux schnock avide de chasse et de trophées, mais en plus se fait tant fade par rapport à son ancêtre qu'il ne jouera plus ensuite que dans toutes les séries TV alors en vogue. Joan Van Ark s'en sort beaucoup mieux grâce à un tempérament féministe caricatural mais bien mis en avant, et parvient à tenir tête à King-Kong Boone. L'une des présences les plus singulières du film reste cependant celle de Luther Rackley dans le rôle du pisteur Massaï : long de près de 2 mètres 10 pour une épaisseur de fétu de paille, The Last Dinosaur est son unique rôle au cinéma à l'exception d'un petit rôle en 1979 dans une comédie se situant dans le monde du basket. Comme si tout ceci n'était pas suffisant, et pour parachever une galerie de personnages autant bizarroïdes qu'improbables, les hommes préhistoriques ressemblent à des guerriers de la guerre du Pacifique, si bien qu'on s'attendrait presque à ce qu'ils sortent baïonnettes bien que vêtus de peaux de bête. Parmi cette tribu, on trouve également Masumi Sekiya, sorte d'écho de la Nova du "Secret de la planète des singes", auquel le film ressemble également par moments.

 

 

Vous l'aurez compris, bien qu'un peu moins joyeusement crétin que La planète des dinosaures tourné l'année suivante par James K. Shea (rassemblant les mêmes ingrédients jusqu'à les parodier), Le Dernier dinosaure n'est pas en reste niveau détails rigolards. En témoignent une tripotée de scènes distrayantes en diable : le chef de la tribu des escalopithèques (?) se lance dans une danse de guerre avant de se prendre un méchant coup de carreau d'arbalète entre les deux yeux, un T-Rex se fait catapulter une méga-caillasse en pleine poire avant de chanceler comme dans la piste aux étoiles ; on ne sait trop pourquoi cette partie cachée du monde est dotée d'un ciel et d'un système solaire égal au notre alors qu'on était parti semble-t-il pour un nouveau voyage au centre de la Terre ; l'un des héros (mais je n'en dirai pas plus) décide de rester dans ce no man's land et même de se sacrifier dans un sursaut incompréhensible fait de regards rétrospectifs sur sa propre vie et condition, comme si les dinosaures lui avaient révélé les abyssales carences et incohérences philosophiques de son existence. Et puis je ne manquerai pas, pour finir, de citer une séquence totalement inédite à ma connaissance : Un T-rex, venant de se faire planter une flèche en son flanc, voit soudainement un ptérodactyle débouler pour retirer l'objet et ainsi l'aider et le sauver... Pas de doute, The Last Dinosaur est un film sympathique auquel ne manque plus que le passage éclair d'un Ishirô Honda apportant les quelques champignons-humains psychotropes restants de son Matango !

 

 

Mallox

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