Self-Service Girls
Titre original: (Mädchen, die sich selbst bedienen
Genre: Erotique , Comédie
Année: 1974
Pays d'origine: Allemagne
Réalisateur: Erwin C. Dietrich (sous son pseudo Michael Thomas)
Casting:
Rita Waldenberg, Christa Free, Marianne Dupont, Claudia Fielers, Esther Studer, Monika Rohde, Martina Domingo...
 

La sexy-comédie fut durant les années 1970 un genre majeur dans essentiellement deux pays : l'Italie et l'Allemagne. En France, on connaît surtout les productions transalpines, qui furent largement diffusées en vidéo, et qui permirent à pas mal d'entre nous de connaître les fameuses Edwige Fenech, Gloria Guida, Nadia Cassini ou encore Carmen Russo. Le principe de la sexy-comédie était de faire rire le spectateur avait un humour généralement au niveau de la ceinture, mettant en scène de très belles comédiennes et des acteurs particulièrement hideux (Alvaro Vitali étant la référence suprême). Si l'Italie est toujours restée très chaste dans le genre (le latin a beau avoir une grande gueule, il n'en est pas moins puritain), l'Allemagne a toujours eu en matière de sexualité une complète décomplexions, héritée d'une tradition naturiste que l'on retrouve d'ailleurs chez ses voisins scandinaves.

 

 

L'un des principaux instigateurs de la comédie érotique en Allemagne fut Erwin C. Dietrich, connu pour avoir été le producteur de Jess Franco dans la seconde moitié des années 1970. L'homme a réalisé une flopée de films érotiques, dont pas mal sous son pseudonyme : Michael Thomas. En France, peu sont sortis en vidéo, à l'exception de "Gefangene Frauen", plus connu chez nous sous l'appellation "Les Prisonnières de l'île aux rats". Dietrich a notamment mis en scène une vingtaine d'oeuvres dans la série des "Mädchen...", et le moins que l'on puisse dire, c'est que l'homme n'a jamais été avare en matière d'érotisme, réduisant à chaque fois la frontière qui séparait le softcore du hard. "Self-Service Girls" est composé de huit sketchs : Au bowling, l'Infirmière, Au sauna, l'Hôtesse de l'Air, le Film coquin, le Violoniste, Bonjour Voisin et le Vibrateur.

Comme souvent dans un film à sketchs, les segments sont de durée et de qualité inégales. On y retrouve tous les clichés habituels, comme le fantasme masculin qui consiste à voir chez l'infirmière ou l'hôtesse de l'air une nymphomane qui sommeille. Des clichés, et des symboles, comme l'archet du violoniste déclenchant des pulsions sexuelles, au même titre que la boule de bowling entre les mains d'une jeune femme aux courbes généreuses. Tout cela ne vole pas très haut, mais répond complètement à l'attente du spectateur masculin, avec des acteurs au physique "passe-partout" permettant au mâle de s'identifier facilement, et des actrices superbes qui étaient à l'époque habituées à tourner dans les productions de Dietrich.

 

 

Parmi celles-ci, on retiendra particulièrement les prestations de Rita Waldenberg, aux mensurations dignes d'une héroïne de Russ Meyer, Martine Stedil en amante insatiable, et surtout Marianne Dupont, dans le rôle d'une sculptrice obsédée sexuelle irrésistible. Les hommes, quant à eux, n'ont généralement pas le beau rôle. Comme souvent dans la sexy-comédie, ils sont tournés en ridicule. Quand ce n'est pas à cause de leur physique, c'est leur performances sexuelles qui sont montrées du doigt : incapables de faire jouir leur partenaire, ou pire encore éjaculateurs précoces. Le dernier gag du film montre un type accomplissant des mouvements de va-et-vient avec sa main devant la vitrine d'un sex-shop, mais qui en réalité est en train de regonfler le pneu de sa bicyclette. Assurément, au niveau de l'humour, on est bien plus proche de Benny Hill que des Monty Python.
Cela dit, on sait à quoi s'attendre lorsque l'on regarde un film d'Erwin Dietrich. Ses oeuvres sont généralement calquées les unes sur les autres, et ancrées dans une époque fortement marquée par la révolution sexuelle, la liberté des moeurs, le tout dans une ambiance "bon enfant", puisque même si les mecs ne sont pas des surhommes, ils n'en sont pas pour autant complexés et prennent la chose avec philosophie, voire avec le sourire. Le sexe n'est jamais malsain, mais au contraire complètement ludique. Il fait partie du quotidien, ce qui marque une différence fondamentale avec la sexy-comédie italienne, où le sexe est plutôt la résultante du pêché. Mais, vice ou vertu, le sexe est bien plus explicite chez nos amis teutons, et bon nombre de productions flirtent avec la pornographie, que ce soit dans la série des "Mädchen...", ou des "Schwedinnen...". Les érotomanes ne s'en plaindront pas.

 

 

Note : 6/10

 

Flint
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