Terreur sur l'asphalte
Titre original: Midnight Ride
Genre: Thriller , Action , Policier
Année: 1990
Pays d'origine: Etats-Unis
Réalisateur: Bob Bralver
Casting:
Mark Hamill, Savina Gersak, Michael Dudikoff, Robert Mitchum, Lezlie Deane...
 

Rien ne va plus pour Lawson. Bon flic, c'est aussi un mauvais mari. Quand sa femme le quitte précipitamment, il se lance aussitôt sur ses traces. Et quand celle-ci, dans sa fuite, prend en auto-stop un inconnu, le drame conjugal prend quant à lui une tournure inattendue et terrifiante.

 

 

Midnight Ride est un vrai film de producteur, l'un de ces films bâtards qui mélange un peu de tout, histoire de ratisser le plus large possible. Pourtant, les producteurs devraient le savoir, ce genre de calcul donne souvent des films hautement sympathiques mais qui, contrairement à leurs ambitions, touchent un public encore plus réduit (Silent Rage avec Chuck Norris ou "Roadgames" avec Jamie Lee Curtis).
Cette fois, la recette essaye d'associer le film d'action bourrin et le psycho killer. Le héros, c'est l'"American Warrior" Michael Dudikoff, qui voudrait bien récupérer sa femme, un transfuge soviétique, qui vient de quitter le foyer conjugal. La pauvre ayant épousé le brave Dudikoff pour échapper à son pays, nous fait une petite crise d'émancipation. Mais le script pudibond va se charger de la ramener dans le droit chemin en la secouant un petit peu.

Dans le rôle du tueur qui va croiser le chemin de la gueuse, on retrouve le bon vieux Mark Hamill dans une interprétation hallucinée et hallucinante. Ne vous laissez pas influencer par ces quelques lignes peu avenantes, si le scénario paraît bien léger, le réalisateur réussit néanmoins à maintenir un intérêt constant, en mélangeant scènes d'action spectaculaires (la poursuite en bus, Dudikoff attaché sur le capot d'une voiture lancée à pleine vitesse, la station service qui explose...) et les scènes de terreur illustrant les exactions du psychopathe amateur de globes oculaires et de polaroïds. Tourné essentiellement la nuit, le réalisateur s'amuse en utilisant parfois des ombres et des couleurs qui rappellent les heures glorieuses du gothique italien, donnant au film un léger aspect fantomatique et mystérieux.
Sans réel temps mort, cette petite production réussit même à instaurer un climat de perversion, en grande partie grâce au personnage de Mark Hamill, au caractère particulièrement gratiné, qui n'hésite pas à faire frire des policiers ou à passer l'héroïne aux électrochocs.

 

 

Comme dans beaucoup de ses productions, Ovidio G. Assonitis rassemble un casting des plus hétéroclites autour du vétéran Robert Mitchum, qui n'apparaît que pour chercher son chèque. On y retrouve aussi Mark Hamill, qui ne s'est jamais vraiment remis de son rôle de Luke Skywalker dans la trilogie "Star Wars", au point de s'enfoncer peu à peu dans les méandres de la série B. Il tournera même avec Jess Franco, c'est tout dire ! Par contre, Michael Dudikoff est lui un pur produit de la série B, découvert par le studio Cannon grâce à "American Warrior". Il s'est façonné une carrière bien remplie, bâtie sur quelques réussites du genre ("Avenging Force", "Platoon Leader") et pas mal de navets.
On a pu admirer les formes de la belle Saviana Gersak dans "Cudo Nevidjeno", une comédie serbe (tout un programme). Par la suite, elle est apparue dans "La Morsure", "War Bus", "Beyond the Door 3" et "Iron Warrior".
Producteur, scénariste et réalisateur grec né en Egypte, mais ayant fait carrière en Asie (vous suivez toujours !) où il a travaillé notamment sur "Au pays de l'exorcisme", Ovidio G. Assonitis est ce que l'on appelle un indépendant pure souche qui ne rate pas une occasion de profiter d'un bon succès au box office.

 

 

Ainsi, après L'Exorciste, il réalise "Beyond the Door / Le Démon aux tripes" ; "Les dents de la mer" cartonne, Ovidio sort "Tentacules" et "Piranhas 2". Il tente même l'heroic-fantasy avec "Iron Warrior".
Evidemment, par moments l'homme se laisse tenter par une originalité toute relative et sort une incongruité comme "The Visitor" alias "Stridulum". Midnight Ride ne faillit pas à la règle et se lance sur les traces de "The Hitcher". Et même si ce dernier ne sera pas un succès au box-office, il semble avoir acquis une réputation suffisante sur le marché de la vidéo pour qu'Ovidio commande un script et confie les rênes à un réalisateur/cascadeur : Bob Bralver, spécialiste des productions Stephen J. Cannell comme "Riptide", "A-team", "Le Rebelle" et "La malédiction du loup-garou".

 

 

Il faut reconnaître que cela bouge pas mal, et même si Mark Hamill en fait des tonnes en roulant des yeux, le film de Bralver se regarde avec une relative indulgence. Car, si l'originalité fait défaut, le coeur y est et les acteurs font de leur mieux pour rendre l'ensemble agréable. Michael Dudikoff confirme qu'il était bien l'un des dignes successeurs du bon vieux Chuck Norris, et fait de son mieux au point de nous livrer l'une de ses meilleures prestations, en se démarquant des rôles manichéens de héros que lui proposait la Cannon.
En effet, son personnage est bien plus sombre que d'habitude, à tel point qu'il entretient une légère confusion sur ses réelles motivations au début du film ; du moins jusqu'à l'arrivée de Hamill qui devient alors le véritable méchant de l'histoire.
Pied au plancher, le réalisateur ne laisse pas de répit à son héros et au spectateur, délaissant la subtilité au profit d'une efficacité immédiate. Il dissimule ainsi les approximations de son script pour aboutir à une série B des plus efficaces, à défaut d'être subtile, comme le montre l'exécution finale du tueur dans l'ascenseur, digne d'un bon vieux Charles Bronson.

 

 

The Omega Man

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