Night of the Bloody Apes
Titre original: La horripilante bestia humana
Genre: Science fiction , Horreur , Agressions animales
Année: 1972
Pays d'origine: Mexique
Réalisateur: René Cardona Sr
Casting:
José Elías Moreno, Carlos López Moctezuma, Armando Silvestre, Norma Lazareno, Gerardo Zepeda, Agustín Martínez Solares...
 

Un professeur transplante un cœur de gorille sur son fils malade. Ce dernier se transforme alors en monstre sanguinaire. Parallèlement, une catcheuse renommée blesse une adversaire lors d'un combat et décide d'arrêter sa carrière.

 

 

Malgré ce que son titre pourrait laisser croire, Night of the Bloody Apes n'est pas un épisode de la série "Les Mystères de l'Ouest" mais un film mexicain de 1969 intitulé La horripilante bestia humana, réalisé par René Cardona. Ce dernier a œuvré dans tous les styles (drame, comédie, musical, western, aventure,...), mais son domaine de prédilection c'est évidemment les lutteurs masqués, il sera même à l'origine du concept particulièrement alléchant des femmes lutteuses alias "Las Luchadoras" interprétées par Lorena Velasquez et Elisabeth Campbell, duo qui apparaîtra dans quatre films "Las luchadoras contra el médico asesino" (1962), "Las luchadoras contra la momia" (1964), "Las lobas del ring" (1964) et "Las mujeres panteras" (1966). Le succès rencontré par ces films entraînera d'autres aventures comme "Las luchadoras contra el robot asesino" (1968) et "El horripilante bestia humana" (1969) ou "La mujer murciélago" alias "Bat Woman" (1968) mais dans lesquelles l'héroïne agit en solitaire ("Bat Woman") ou n'intervient que très peu dans l'action ("El horripilante bestia humana").

 

 

L'une des aventures de notre duo féminin s'intitulait "The Wrestling Women vs. the Killer Doctor" aka "Doctor of Doom" (1962) ("Las luchadoras contra el médico asesino"), une histoire de savant fou qui greffe des cerveaux sur de pauvres victimes. Basé sur le même principe, La horripilante bestia humana sera tout simplement son remake : on remplace la greffe de cerveau par une greffe de coeur et les deux héroïnes (Lorena Velasquez et Elisabeth Campbell) par une seule, la belle Norma Lazareno (toujours en activité), on ajoute une bonne dose de nudité et le tour est joué. Par la suite, pour sa sortie américaine, un certain Jerald Intrator ajoutera un peu de gore et surtout intégrera les extraits d'une véritable opération à coeur ouvert, ce qui vaudra au film de figurer sur la fameuse liste des "Video Nasties" au Royaume-Uni, et de sortir sous une kyrielle de titres un peu partout !

 

 

C'est un autre monde qui s'ouvre à nous au travers de ce film au script bicéphale. En effet, deux histoires se développent en parallèle, les personnages de l'une intervenant de temps à autre dans l'autre. D'un côté, un brave savant qui veut sauver son fils malade et qui ne trouve rien de mieux que de lui greffer un cœur de gorille et de l'autre une lutteuse dénommée Lucie qui blesse mortellement une adversaire et remet en question sa carrière. Aucun rapport entre les deux jusqu'ici, pourtant les deux scénaristes se sont trituré les méninges pour y arriver, et voilà le résultat ! Suite à son opération, le fils du savant fou se transforme en homme-bête dominé par ses instincts : dès qu'il voit un homme il le tue de la manière la plus bestiale possible (énucléation, cuir chevelu arraché, décapitation,..), par contre la gent féminine le met dans tous ses états, le transformant en homme-mouche pour accéder à l'appartement d'une de ses victimes, sans parler de la vision d'une mini jupe (nous somme en 69) qui le pousse à des débordements affectifs assez violents ! Cela nous donne une scène de viol pendant laquelle l'actrice se débat tellement qu'elle arrache la fausse pelouse du décor ! Pendant ce temps, l'inspecteur Arturo Martinez, qui est aussi le petit ami de la lutteuse, mène l'enquête, mais semble bien impuissant. De son côté, le savant fou ne se décourage pas et kidnappe la lutteuse que la belle Lucie a plongée dans le coma pour lui extraire le cœur, espérant que cette nouvelle transplantation inversera les effets secondaires de la première... Evidemment, ce ne sera pas le cas et tout cela finira sur le toit de l'hôpital avec une petite fille en détresse !

 

 

Amateurs de l'espèce simiesque ne vous laissez pas abuser par le titre anglais, il n'y pas de singe à proprement parler dans ce film, la transformation ne s'opérant que sur le visage du pauvre malade (économie de maquillage), le reste du corps demeurant humain. Le monstre ressemble à ce qu'il est, c'est-à-dire un lutteur avec un mauvais maquillage. La gironde Norma Lazareno ("Santo contre les femmes vampires") interprète une lutteuse des plus charmantes, qui est toujours dérangée pendant sa douche, ainsi elle va ouvrir une porte avec une serviette bien trop petite ou répond au téléphone nue sur une table de massage : des scènes d'une gratuité réjouissante qui donnent au film un ton inimitable. En effet, La Horripilante bestia humana, la plupart du temps d'une naïveté confondante digne d'un divertissement familial, s'égare par moments en zone interdite et nous gratifie d'un patchwork maladroit mais agréable de nudité et d'horreur, un plaisir coupable totalement assumé qui fait penser aux bandes dessinées Elvifrance. Un film pour les grands attardés que nous sommes, mais qui décevra les amateurs de luttes, les scènes de combat étant réduites au minimum syndical !

 

 

The Omega Man

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